Traducción y Exilio

 

 

Comienza aquí una serie de reseñas bio-bibliográficas de intelectuales-traductores hispanoamericanos que pasaron por el exilio, voluntario o involuntario, y que dejaron para la posteridad una obra que influye no sólo en aquellas tierras en las que tradujeron, sino de regreso también en sus tierras de origen. Comienza la serie con un traductor cubano, reacción a la ficha recientemente publicada en el Diccionario histórico de la traducción en Hispanoamérica, también reseñado en este blog.

Mariano Brull Caballero

Mariano_Brull_en_1913

 

La ficha del diccionario, a cargo de Lourdes Arencibia, nos dice que fue « periodista, poeta y diplomático », bueno, también fue traductor, y ciertamente en una etapa de su vida caracterizada por la madurez, pues ya tenía 48 cuando se publica en París sus Poëmes, con prefacio de Paul Valéry, traducidos por Mathilde Pomès y Edmon Bandercammen. 49 años tenía cuando publicó en todavía hoy célebres revistas cubanas, traducciones de Paul Valéry y 59 años cuando aparecieron en París y en Bruselas, ediciones bilingues de sus poemarios Temps en peine (traducción de Mathilde Pomès); Rien que…(traducción de E. Emilie Noulet).

Brull pudo eligir temprano un « exilio dorado », el del servicio diplomático, pues su preferencia por la poesía simbolista y las experimentaciones sonoras (jitanjáforas) que creaba en sus poemas, le alejaban de una poesía más vinculada a lo social y al rescate de los motivos aborígenes (finales del siglo XIX, José Fornaris, por ejemplo) y africanos en la Cuba de principios del siglo XX. Este último movimiento tuvo en figuras como Nicolás Guillén un representantes destacado.

La obra de Brull se concretizó en ese exilio voluntario y sus traducciones fueron el producto de esas experiencias y preferencias. Ello queda especialmente claro a través de los artículos que en inglés, en español y en catalán le aparecen consagrados en Wikipedia. De hecho las versiones catalana y española parecen ser traducciones de la primera. Hay uno también ruso, pero es muy breve.

Como es de esperar un poeta y traductor de materias tan « etéreas » no sería de la predilección del régimen post1959 de La Habana, tan exclusivamente promotor de las « terrenas » y censor de todas las demás. Es por ello que la bibliografía que existe sobre este autor-traductor, si es cubana, data en lo fundamental de antes de 1959 y de origen extranjero es más bien profusa. Hay hasta una tesis de maestría de Alfonso García Morales, de la Universidad de Sevilla, que es citada en estos tres artículos de Wikipedia.

Brull fue un cubano-español (con orígenes catalán y cubano)  que es interesante hoy por el carácter de pionero de una condición que hoy caracteriza no a escogidos representantes de la élite criolla, como lo fue él, en su tiempo, sino a miles y quizás cientos de miles de cubanos de hoy, de todos los orígenes sociales y que viven desperdigados por el mundo entero. Esa condición es la de una identidad múltiple, de opciones a contracorriente del actual e impuesto « mainstream » isleño y de integra zambullida en los fenómenos culturales de Occidente. Brull fue un cubano globalizado, que sigue importándonos.

 

El DRAE y el Aurelio: deux dictionnaires en langues néo-latines. 1e, 2e, 3e, 4e parties et 5e finale.

Comparaison des descriptions lexicales dans les dictionnaires : Diccionario de la Lengua Española de la Real Academia Española – DRAE (Espagnol) et le Dicionario Aurelio o Dicionario da língua portuguesa (Portugais) dans leurs versions en ligne.

Problématique et question générale: Il s’agit de deux dictionnaires avec des objectifs similaires, dans des langues et cultures très proches l’une de l’autre : l’espagnol et le portugais, le deux ont une reconnaissance importante autant en Europe qu’en Amérique.Alors comment deux dictionnaires prestigieux de deux pays ibéro-américains : l’un européen-espagnol et l’autre sud-américain-brésilien abordent le domaine de la Traductologie dans leurs entrées respectives et montrent ainsi leur valeur méthodologique vis-à-vis de la production contemporaine de dictionnaires dans les mondes hispanophone et lusophone, serait la problématique de ce travail.

Dictionnaires analysés, questions particulières : Le Dictionnaire de la Langue Espagnole de l’Académie Royale Espagnole, connue comme DRAE, en est un à tradition espagnole-métropolitaine et très utilisé en Amérique hispanique et ailleurs dans le monde hispanophone.  Mais est-il le seul autorisé et capable de transmettre la richesse de la sixième langue la plus parlée au monde et donc de 350 millions de personnes sur la planète, dont 46 millions en Espagne?

Le Dictionnaire de la langue portugaise « Aurelio » du Brésil est l’œuvre à l’origine d’un érudit et aujourd’hui le plus populaire et reconnu d’un pays (191 millions d’habitants) qui émerge dans la palestre internationale comme une puissance économique mais aussi culturelle et donc linguistique, (le portugais est parlé par 235 millions de personnes sur la planète). Un dictionnaire qui ne provient pas de l’académie pourtant devient une sorte de norme spontanée pour le portugais au Brésil et ailleurs.

Évidement il y a une difficulté de base quand on compare deux dictionnaires dans des langues différentes, néanmoins, la proximité linguistique et historique entre les peuples espagnol et portugais et de l’Amérique latine hispanique et le Brésil est telle, que je prends le risque de le faire, tout en sachant que cet aspect pourra être source de critique méthodologique. J’espère pouvoir convaincre mes lecteurs. Alors, entre un dictionnaire académique métropolitain de longue histoire et prestige et un dictionnaire d’une grande et nouvelle nation qui s’affirme et qui inclue la majorité de locuteurs de cette langue, quelles différences, notamment ici dans le domaine lexicologique? Quels défis? Quelles perspectives?

Le dictionnaire brésilien Aurelio a avancé notablement dans l’incorporation dans ses entrées, des avancés scientifiques de la lexicologie contemporaine. Le dictionnaire de la RAE fait des efforts aussi dans cette direction, mais au même temps, est porteur d’une tradition qui peut-être freine une avancée plus vigoureuse et surtout qui l’éloigne des besoins actuels des pays hispanophones d’Amérique latine. Je vais essayer de démontrer à travers la comparaison des entrées choisies avec le « gold standard » et entre les deux dictionnaires en question, que l’Aurelio est un référant méthodologique d’excellence pour des efforts de création de dictionnaires généraux dans le monde latino-américain.

I.a. Analyse des préfaces et des critiques du Dictionnaire de la DRAE

Dans sa version en ligne, le Dictionnaire de la DRAE nous dit que :

… “el Diccionario académico (es) al que se otorga un valor normativo en todo el mundo de habla española. La Real Academia Española y las veintiuna Academias que con ella integran la Asociación de Academias de la Lengua Española trabajan mancomunadamente al servicio de la unidad del idioma tratando de mejorar y actualizar un diccionario de carácter panhispánico. Cuanto aparece en el DRAE es fruto de ese estudio y de la aprobación colegiada”. [1]

Traduction: … “le Dictionnaire académique (est celui) auquel on octroie une valeur normative partout dans le monde hispanophone. L’Académie de la langue espagnole et les vingt-et-une Académies qui composent avec elle Une Association d’Académies de la Langue Espagnole, travaillent ensemble au service de l’unité de la langue en essayant d’améliorer et d’actualiser un dictionnaire de caractère panhispánique. Tout ce qui apparaît dans le DRAE est le fruit de cette étude et de son approbation arbitrée ”.

Également il stipule que:

“Al tratarse de un diccionario general de lengua, no puede registrar todo el léxico del español, sino que, por fuerza, debe contentarse con acoger una selección de nuestro código verbal. Esta selección, en algunos casos, será lo más completa que los medios a nuestro alcance permitan -especialmente en lo que se refiere al léxico de la lengua culta y común de nuestros días-, mientras que en otros aspectos -dialectalismos españoles, americanos y filipinos, tecnicismos, vulgarismos y coloquialismos, arcaísmos, etc.- se limitará a incorporar una representación de los usos más extendidos o característicos”.[2]

Traduction : Tenant en compte le fait qu’un dictionnaire général de langue ne peut pas enregistrer tout le lexique de l’espagnol, il doit obligatoirement se contenter d’accueillir une sélection de notre code verbal. Cette sélection dans certains cas, sera la plus complète que les moyens à notre portée le permettront -spécialement en ce qui concerne le lexique de la langue cultivée et commune de nos jours-, tandis que dans d’autres aspects –dialectismes espagnols, américains et philippins, des technicismes, des vulgarismes et des termes familiers, des archaïsmes, etc- il se limitera à intégrer une représentation des usages les plus répandus ou caractéristiques.

Ces citations mettent en évidence le caractère fixé et peu flexible du dictionnaire le plus consulté de la langue espagnole. Énumérons ces éléments :

  1. Caractère normatif et panhispanique.
  2. Prétention d’unité de la langue espagnole dans le monde.
  3. Hiérarchie (prima inter pares) de l’Académie d’Espagne vis-à-vis des autres.
  4. Priorité donné à la langue culte et commune contemporaine et restreinte concernant les dialectismes espagnols, américains et philippins, les technicismes, les vulgarismes et les termes familiers, les archaïsmes, etc.

Déjà au début du XVIIème siècle quand fût fondé à Madrid (1713) l’Académie, des critiques sur ce travail lexicographique ont été faites, autant pour louer les innovations (l’insertion de néologismes) comme pour condamner le conservatisme (attachement à la tradition et à un passé duquel il est difficile de se détacher)[3]. L’introduction des gallicismes par exemple, depuis la fin du XVIIème siècle fut souvent problématique. Avant d’en introduire, les académiciens cherchent des « solutions » dans la grammaire espagnole et aussi dans le corpus de la littérature classique des « siècles d’or » de la littérature espagnole : le XVIème et le XVIIème. Évidement des critères de ce type ne peuvent que favoriser un développement au ralenti du suivi de la langue vive.

En fait, c’est bien pour cette raison qu’en Espagne, au sein même de l’Académie et comme réponse à la concurrence[4], sont apparus d’autres dictionnaires, comme c’est le cas du Diccionario del estudiante (Dictionnaire de l’étudiant), qui tout en gardant les entrées du dictionnaire de la DRAE, les actualise.  Mais, et le « mais » est important dans ce cas, jusqu’à un certain point, un dictionnaire destiné aux étudiants de secondaire dans le monde hispanique et par extension hispanophone, souffre de l’absence des mots du registre colloquial, des anglicismes sont acceptés à moitié (lord oui, mais pas lady), donc traitement irrégulier des entrées, et d’autres conflits lexicaux.[5]

Une des critiques le plus virulentes du dictionnaire de la DRAE et de mon point de vue assez fondée, est celle de Katryn Cramer[6], qui montre un bon nombre de mots courants qui n’apparaissent pas dans ce dictionnaire, ou comment le dictionnaire de l’académie garde jusqu’à nos jours des définitions pas seulement vieilles, mais obsolètes, par exemple (et je la cite), le terme : Mendrugo : “Pedazo de pan duro o desechado, y especialmente el sobrante que se suele dar a los mendigos.” Traduction : Quignon (de pain): « Morceau de pain dur ou rejeté, et spécialement le reste que l’on a l’habitude de donner aux mendiants. ». On se croirait dans l’Espagne du Lazarillo de Tormes!

Cramer constate également que les dictionnaires commerciaux qui prolifèrent dans le marché espagnol font une rude concurrence à celui de l’académie, mais que celui-ci a des appuis politiques importants, source des dizaines de millions d’euros reçus en subventions à chaque année et cela sans processus compétitif avec d’autres dictionnaires.

Dans l’histoire et le moment présent du dictionnaire de la DRAE nous pouvons constater un héritage autoritaire, une continuité de non transparence et un esprit conservateur, à un degré tel que la crédibilité scientifique et le prestige de ce dictionnaire y sont fragilisés. Malheureusement, dans le monde hispanique les tendances autoritaires s’observent non seulement dans la construction de dictionnaires car le mal en est un social, les dictionnaires sont alors le reflet de cette réalité.

I.b. Analyse des préfaces et des critiques du Dictionnaire de la langue portugaise « Aurelio » du Brésil

Dans sa version en ligne l’« Aurelio » nous dit que :

“O Aurelio é conhecido em todo o Brasil como o principal dicionário de língua portuguesa, o seu conteúdo é completo e auxilia no entendimento do idioma. Não são somente os gramáticos que admiram o Aurélio, os lingüistas (verdadeiros cientistas da língua) também aprovam a variedade de vocábulose definições presentes no dicionário.

Ajudando no estudo da língua e servindo de ferramenta para a interpretação de textos, o Aurélio recebeu diversas atualizações, mesmo depois do falecimento do seu criador em 1989. A editora responsável pelo dicionário agora procura se adaptar as novas regras ortográficas, reformulando assim o conteúdo do Aurélio.

A tecnologia tem influenciado no formato desse dicionário, hoje ele já conta com uma versão disponível em CD-ROM. Também é possível realizar a busca especifica de uma palavra através do site oficial (http://www.dicionariodoaurelio.com), com isso o internauta economiza tempo e conhece a amplitude semântica de um determinado termo”.[7]

Traduction: L’Aurelio est connu partout au Brésil comme le principal dictionnaire de la langue portugaise, son contenu est complet et aide à la compréhension de la langue. Pas uniquement les grammairiens admirent ce dictionnaire, mais aussi les linguistes (vrais scientifiques de la langue) approuvent aussi la variété de vocables et des définitions présentes dans le dictionnaire.

L’Aurelio, a aidé considérablement l’étude de la langue et en même temps il est un outil d’interprétation des textes. Ce dictionnaire a été actualisé à plusieurs reprises, également après le décès de son créateur en 1989. La maison d’édition responsable du dictionnaire essaie maintenant d’y adapter les nouvelles règles orthographiques, reformulant ainsi le contenu de l’Aurelio.

La technologie a influencé le format de ce dictionnaire, aujourd’hui il compte avec une version disponible en CD-ROM et la recherche spécifique d’un mot est faisable grâce au site officiel (www.dicionariodoaurelio.com), avec cet outil l’internaute économise du temps et connaît l’amplitude sémantique d’un terme concret.

On peut constater tout d’abord la différentiation faite entre « grammairiens » et « scientifiques de la langue ». Il n’y a pas d’intention normative visible. On remarque d’ailleurs une simplicité dans les propos, mais ceux-ci sont fondamentaux pour un dictionnaire : aider à la compréhension de la langue, être un outil d’interprétation des textes.

Un moment important est le travail que fait le collectif de rédaction de ce dictionnaire pour l’adapter à l’introduction des nouvelles règles d’orthographe du portugais.  L’accord, signé depuis 1990, entre en vigueur en 2009 au Brésil et sera obligatoire à partir de 2012. Il unifie l’orthographe des pays lusophones, longuement divisé depuis que le Portugal adopta en 1911 des nouvelles règles, mais sans le consentement du Brésil. Cet accord s’inspire de la régulation de la part de l’Association des académies de la langue espagnole dans le monde hispanophone, et de la pratique (sans accord ou régulation) de la langue anglaise, où il y a beaucoup moins de variations d’orthographe, même si elles existent[8].

Énumérons alors les éléments constitutifs de l’Aurelio:

  1. Caractère non normatif et destiné en priorité au public brésilien, mais avec inclusion des particularités du portugais d’outremer (outremer dans le sens où le Brésil est le point de référence et le Portugal ou d’autres pays lusophones : les autres).
  2. Priorité donné à la langue commune contemporaine.
  3. Actualisation régulière sous derniers critères scientifiques.
  4. Une emphase visible sur les nouvelles technologies.

La meilleure critique de l’Aurelio que j’ai pu trouver provient du Portugal, en voici un fragment :

“Que os brasileiros ignorem os nossos dicionários, não me admira, dada a sua falta de qualidade; mas que os portugueses ignorem um dicionário brasileiro como o Aurélio é impressionante.”[9]

Traduction: Que les brésiliens ignorent nos dictionnaires [les dictionnaires portugais], n’est pas exceptionnel, compte tenu de leurs faible qualité, mais que les portugais ignorent un dictionnaire brésilien comme c’est le cas de l’Aurelio est pour le moins impressionnant ».

Il existe également une critique qui voit ses manques, notamment en provenance du même Brésil, par exemple, Ricardo Cavalière de la (UFF/ABRAFIL) écrit :

“Novo dicionário Aurélio da língua portuguesa, cuja maior inovação repousa na renovada proposta de estruturação dos verbetes, em que se oferecem ao consulente informações úteis na área da flexão verbal e nominal, da fraseologia, da etimologia, da prosódia etc. Os resultados do Novo Aurélio em sua primeira edição, entretanto, ainda provocam controvérsia quanto à fundamentação teorética de que se serve o Autor na concepção de sua vultosa obra”.[10]

Traduction: L’innovation plus importante du nouveau dictionnaire Aurelio de la langue portugaise, réside dans la proposition renouvelée de structuration des entrées, dans lesquelles on offre au consultant des informations utiles dans le domaine de la flexion verbale et nominale, de la phraséologie, de l’étymologie, de la prosodie, etc. Les résultats du Nouveau Aurelio dans sa première édition, entretemps, provoquent encore de la controverse en relation aux fondements théoriques de laquelle se sert l’auteur dans la conception de son œuvre volumineuse.

Dans un autre texte scientifique l’académicien brésilien Carlos Alberto Gonçalves Lopes, intitulé : Análise crítica da gramática da língua portuguesa implícita no novo dicionário Aurélio (Analyse critique de la grammaire de la langue portugaise dans le nouveau dictionnaire Aurelio) il signale que:

« Cabe observar que o propósito aqui é o de fazer um confronto entre o pensamento linguístico predominante na época com as modernas teorias linguísticas que vieram a ser absorvidas no meio acadêmico, principalmente no final do século XX, sem diminuir o mérito e a importância desta grande obra que é o Novo Dicionário Aurélio”.[11]

Traduction: Il est pertinent ici de confronter la pensée linguistique dominante de l’époque avec les modernes théories linguistiques qui sont assimilées par les milieux académiques surtout vers la fin du XXème siècle, sans diminuer le mérite et l’importance de cette grande œuvre qu’est le Nouveau Dictionnaire Aurelio.

On constate alors que même si les linguistes brésiliens veulent continuer à faire avancer leur meilleur outil lexical par le chemin de l’actualisation linguistique, mais surtout théorique de l’Aurelio, eux et aussi les scientifiques portugais reconnaissent le grand pas d’avance qu’il a signifié au moment de sa création, en particulier au niveau de la microstructure du dictionnaire. L’Aurelio sortait et déjà on lui demandait plus, (raison d’ailleurs des actualisations fréquentes), parce que cet esprit de perfectionnement et de surpassement constant est caractéristique au milieu lexicologique brésilien et un élément à tenir en compte à l’heure de diagnostiquer la santé de la terminologie et la lexicologie brésilienne en comparaison avec l’hispanophone.

II.a. Analyse comparative des deux définitions du DRAE et du Dictionnaire de la langue portugaise « Aurelio » du Brésil. Comparaison avec le « Gold standard »

J’analyse ici une série d’éléments techniques qui doivent me permettre de valider l’hypothèse initiale et les observations faites jusqu’à date.

Traits sémantiques: (sert à désigner tout élément de sens, connoté et dénoté)

1.   La définition du terme Traduction dans le dictionnaire de la RAE est caractéristique d’un dictionnaire général[12], c’est-à-dire, elle inclue quatre acceptions énumérées, dont certaines appartiennent à une terminologie spécialisée, c’est le cas de la quatrième acception qui relève de la rhétorique. Mais les définitions qu’offre ce dictionnaire de cette entrée sont schématiques, elles n’expliquent pas les processus, plutôt les résultats. Il n’y a pas un effort théorique considérable derrière cette entrée. En plus, et en comparaison avec le « gold standard », une des types de traductions apporté par le dictionnaire de la RAE : la « littérale » est pour le « gold standard » : la traduction-calque – le cas extrême de traduction littérale. Cela constitue du « bruit » méthodologique dans l’utilisation de ce dictionnaire par les spécialistes.

La définition du terme Traduction dans le dictionnaire Aurelio est caractéristique aussi d’un dictionnaire général, elle inclue quatre traits sémantiques divisés par barre. La différence fondamentale ici avec le dictionnaire de la RAE est la définition, elle est explicative, il y a présence des verbes comme « transpor » (transposer) qui révèlent la trace d’une conceptualisation scientifique. Une autre différence avec le dictionnaire de la RAE (définition absente dans le cas du dictionnaire espagnol) et qui est au même temps une ressemblance avec celui du « gold standard » est la mention de la traduction automatique et la définition qu’on en donne.

2.   La définition du terme Traducteur dans le dictionnaire de la RAE est, pour un dictionnaire général qui se prétend normatif, un peu basique, surtout compte tenu que « œuvre » dans ce même dictionnaire dans son acception la plus proche à ce que traduit le traducteur est :  « n’importe quel produit intellectuel en sciences, lettres ou les arts, surtout celui qui est d’une certaine importance »[13], le produit intellectuel étant du point de vue sémiotique très divers, donc quel langage sémiotique traduit le traducteur? Et d’autre part « l’importance » est toujours en dépendance du point de vue et du contexte socioculturel donné, donc cette définition est plutôt vague.

La définition du terme Traducteur dans le dictionnaire Aurelio est courte aussi, mais elle spécifie que la traduction est faite d’une langue vers une autre. Cette définition ressemble beaucoup la définition du « gold standard », mais il y a deux différences : pour l’Aurelio il s’agit d’une « personne », pas d’un agent de communication comme dans le dictionnaire de Delisle, et le verbe utilisé par l’Aurelio c’est à nouveau « traduire » : «  personne qui traduit… », pendant que le « gold standard » lui il propose « agent de la communication qui transpose… » Néanmoins la proximité dans la formulation entre les deux dictionnaires est notoire. Je pense qu’il y a un souci visible de la part de l’Aurelio pour la théorie lexicologique.

3. La définition du terme Énoncé dans le dictionnaire de la RAE est éminemment grammaticale, c’est-à-dire on parle exclusivement des mots et des phrases, il n’y aucune présence des circonstances de l’énonciation. On constate le niveau de conceptualisation qui a derrière une telle vision. Le mot Énonciation auquel renvoi l’entrée d’Énoncé à son tour montre l’étymologie, mais se limite à faire référence à la signification d’action et d’effet de ce mot. Les deux définitions sont loin du « gold standard »

La définition du terme Énoncé dans le dictionnaire Aurelio est pour sa part, plus explicite. En plus de l’action d’énonciation, cette définition apporte des exemples, des synonymes à utiliser selon le contexte (de façon implicite), ou même l’utilisation du mot dans le domaine des sciences exactes, notamment dans les mathématiques. D’ailleurs en espagnol cette dernière utilisation est également courante, donc il s’agit d’une importante acception que le dictionnaire de la RAE n’apporte pas. Concernant la proximité au « gold standard » je constate que l’amplitude de la définition brésilienne, même si elle ne coïncide pas dans sa totalité, a un important élément de parenté avec l’actualisation scientifique : la référence implicite au contexte. Le terme énonciation dans l’Aurelio est également large de significations, il nous apporte les qualités d’action et de manière ou façon, les synonymes selon le contexte à travers des exemples.

Traits communs (entre les deux dictionnaires et avec le « gold standard »)

La définition espagnole de Traduction partage avec la brésilienne trois des quatre traits sémantiques : action de traduire[14], œuvre du traducteur et interprétation, avec des nuances dans certains cas, par exemple la version espagnole parle d’interprétation d’un texte et la brésilienne d’interprétation d’une pensée concrète. La définition espagnole de Traducteur ressemble la brésilienne seulement dans son caractère sommaire. La définition espagnole d’Énoncé ne partage pas des traits communs avec la brésilienne et le terme Énonciation espagnol partage avec celui de l’Aurelio la signification d’action.

Traits distincts

La première définition espagnole dans son quatrième trait sémantique fait une référence à la rhétorique, la brésilienne nous parle de la traduction automatisée, donc il est évident d’après ce trait sémantique l’orientation vis-à-vis de la réalité des deux dictionnaires, et leurs priorités. La deuxième définition établie dans le cas du dictionnaire brésilien une différentiation implicite entre la langue source et langue d’arrivée, donc se rapproche d’une définition scientifiquement correcte. Les deux mots de la troisième définition sont plus explicites dans la version brésilienne, par scientificité et par amplitude.

Comparaison avec le « gold standard »

Malgré le fait que je compare ici deux dictionnaires généraux avec un autre spécialisé, ce qui introduit pas mal de variation, je peux conclure que dans les deux cas la définition de Traduction est faible. Ils nous parlent ces deux dictionnaires de traduction comme «interprétation » pendant que cet aspect est clairement différentié dans le Dictionnaire de Terminologie de la traduction que ce soit en français, espagnol ou anglais. Néanmoins l’orientation à inclure la conceptualisation contemporaine est plus visible dans l’Aurelio. Des deux dictionnaires le plus éloigné de la conceptualisation théorique dans cette entrée est l’espagnol, surtout parce que une des types de traductions apporté par le dictionnaire de la RAE : la « littérale » est pour le « gold standard » : la traduction-calque – le cas extrême de traduction littérale. Cela constitue du « bruit » méthodologique dans l’utilisation de ce dictionnaire par les spécialistes.

Dans le cas de la deuxième définition la version espagnole est floue, vague, la brésilienne par contre s’approche de la définition du « gold standard », dans le sens qu’elle reconnaît que la traduction est faite d’une langue vers une autre.

Dans le cas de la troisième définition les deux définitions du dictionnaire espagnol sont loin du « gold standard », il n’y aucune présence des circonstances de l’énonciation. La définition du terme Énoncé dans le dictionnaire Aurelio est pour sa part, plus explicite. L’amplitude de la définition brésilienne, même si elle ne coïncide pas dans sa totalité avec le « gold standard », a un important élément de parenté avec l’actualisation scientifique : la référence implicite au contexte.

Actualité et lien avec le contexte

Il semble évident que l’Aurelio a une meilleure tendance d’actualisation y compris dans le sens théorique. Les trois termes choisis incluent des éléments théoriques du « gold standard ». Il y a aussi l’élément que plusieurs des critiques des milieux académiques brésiliens sont faites pour contribuer à l’actualisation théorique de ce dictionnaire. Les utilisateurs à leur tour ce sont des secteurs de la population assez répandus de la société brésilienne, qui émerge comme puissance économique et scientifique dans les Amériques.

Le dictionnaire de la DRAE pour sa part risque de rester très en retard. La critique qu’il suscite, malgré son prestige, est pour soumettre à l’opinion publique son caractère conservateur et le choix arbitraire des entrées ou même des définitions obsolètes des entrées, parmi d’autres problèmes flagrants. Cette attitude ne contribue pas au rayonnement de la langue et de la culture hispanique, ni fait justice non plus au niveau de développement des sciences et de la culture des pays hispanophones autour du monde.

Conclusions :

J’ai pu constater que les deux dictionnaires les plus utilisés et prestigieux dans les langues espagnole et portugaise ont des vertus comme des défauts. Il semble néanmoins évident que des deux c’est l’Aurelio de la langue portugaise qui est en avance en relation à la préoccupation de ses éditeurs et de la critique spécialisée pour son amélioration et son actualisation théorique. C’est un constat qui est validé par la place émergeante que le pays émetteur de ce dictionnaire occupe dans le continent américain et dans le monde. Les dictionnaires et leur valorisation de la théorie lexicologique sont sans doute des facteurs qui pointent vers la bonne santé d’une culture et d’une langue. Le dictionnaire brésilien Aurelio est sûrement un référant méthodologique d’excellence pour des efforts de création de dictionnaires généraux dans le monde hispanophone latino-américain. La proximité non seulement géographique mais aussi sociale, historique et culturelle, rajoutant à cela le processus d’intégration en marche entre les pays du MERCOSUR, sont des éléments à tenir en compte.

Le « gold standard » que utilisé et qui est un ressource multilingue reconnu dans le monde lexicologique d’aujourd’hui, il a une diffusion et utilisation encore prioritaire dans le domaine d’utilisation lexicologique du monde anglo-saxon, francophone et germanique, et de façon naissante dans le lusophone mais pas encore suffisamment dans le monde hispanique.  Du moins d’après l’introduction presque inexistante des acquis scientifiques contemporains dans le dictionnaire qui s’auto-considère « normatif » pour plus de 350 millions de personnes sur la planète. L’Aurelio pour sa part semble avoir commencé à le faire et être poussé à le faire davantage dans l’avenir. Il contient déjà des éléments qui permettent de le voir cheminer dans cette direction.

Une solution pratique pour aider à ce processus serait d’établir des contacts entre des universités, entre des associations internationales de lexicologues et entre maisons d’éditions, pour que les acquis scientifiques qui sont monnaie courante dans les pays où le « gold standard » est déjà fonctionnel, soient mieux connus et peut-être implantés dans les pays où il y a encore une connaissance insuffisante de ces nouveaux acquis théoriques. Dans les Amériques, des organismes internationaux tels que l’Organisation des États Américains pourrait et devrait contribuer à ces propos.

[1] Voir : http://buscon.rae.es/draeI/SrvltConsulta?TIPO_BUS=3&LEMA=cultura

[2] Idem.

[3] Voir : THESAURUS. Tomo LIV. Núm. 3 (1999). Enrique JIMÉNEZ RÍOS. Algunas críticas tempranas al Diccionario de la Academia. Sur: http://cvc.cervantes.es/lengua/thesaurus/pdf/54/TH_54_003_393_0.pdf L’auteur fait référence au passé impérial d’Espagne.

[4] Je ne peux pas renseigner en détail les autres dictionnaires. Voici au moins une énumération: Diccionario del uso del español de Maria Moliner; Diccionario de uso del español actual; Diccionario Clave; Lema. Diccionario de la lengua española; Diccionario de uso del español de América y España, Diccionario de Manuel Seco et al., etc.

[5] Voir : Martinez de Sousa, José. Diccionario del Estudiante, 2005. sur http://martinezdesousa.net/dic.estudiante.pdf

[6] Voir : Cramer, Katryn. Reseña del Diccionario de la Real Academia Española: a propósito de la lexicografía en la era posmoderna sur: http://elies.rediris.es/elies23/cramer_resenya.htm

[7] Voir: http://www.sempretops.com/diversos/aurelio-dicionario-portugues/

[8] Voir : http://es.wikipedia.org/wiki/Acuerdo_ortográfico_de_la_lengua_portuguesa_de_1990 (traduction partielle  de l’articleAcordo Ortográfico de 1990du Wikipedia en portugais,  concrètement decette version, sous licence de Creative Commons Compartir Igual 3.0.yGFDL.

[9] Voir : Desidério Murcho, Novo Aurélio Século XXI,Aurélio Buarque de Holanda Ferreira et. al.  http://criticanarede.com/html/lds_aurelio.html

[10] Voir : Ricardo Cavaliere, O novo dicionário Aurélio no panorama lexicográfico brasileiro , sur: www.filologia.org.br/…/o_novo_dicionario_aurelio_no_panorama_Ricardo_Cavaliere.pdf

[11] Carlos Alberto Gonçalves Lopes (UNEB ABRAFIL), www.filologia.org.br/…/analise_critica_da_gramatica_da_lingua_carlos_alberto.pdf

[12] Voir : M. Teresa Cabré, Terminologie et dictionnaires, Meta : journal des traducteurs / Meta: Translators’ Journal, vol. 39, n° 4, 1994, p. 589-597. http://www.erudit.org/revue/META/1994/v39/n4/002182ar.pdf

[13] Deuxième acception d’œuvre (Obra)  2.f. Cualquier producto intelectual en ciencias, letras o artes, y con particularidad el que es de alguna importancia. Sur: http://buscon.rae.es/draeI/SrvltConsulta

[14] Ici avec une différence de verbes qu’il faut tenir en compte, parce que reflète le niveau de conceptualisation, plus avancé dans le cas de l’Aurelio.

: Cabré, M. Teresa Terminologie et dictionnaires, Meta : journal des traducteurs / Meta:
                   Translators' Journal, vol. 39, n° 4, 1994, p. 589-597. 
                    http://www.erudit.org/revue/META/1994/v39/n4/002182ar.pdf

16.            : www.filologia.org.br/…/analise_critica_da_gramatica_da_lingua_carlos_alberto.pdf

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Petite encyclopédie cubaine pour québécois VI

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« La foto de Stalin »

A finales de la Segunda guerra mundial y la víspera de un momento decisivo de esa conflagración mundial, José Stalin le mandó una foto suya a Churchill en un sobre sin otra cosa que no fuera su imagen. Pretendía Stalin, y al parecer lo logró, que Churchill supiera que él sabía su “jugada”, y bueno, pasó a la historia esta boutade del “Padre de los pueblos”, como una originalidad suya, como un momento donde el viejo León británico se viera sorprendido por el Oso ruso, que no era ni ruso, ni oso, sino más bien un animal carroñero, pero Clío es una musa caprichosa y a veces ignora lo evidente.

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Es curioso como los métodos se mantienen de generación en generación. Antes como hoy el misterio, la doblez y la insinuación siguen siendo herramientas preferidas de quienes fueron educados en el partisano sectarismo ideológico que se reclama comunista, en la orden secreta y universal de “luchadores contra el capitalismo”.

Ignoran o quieren ignorar que sirven, como antes sirvieron otros, pero concientemente, de mercenarios a espurios intereses, los de castas establecidas en el poder en países donde la palabra democracia es a veces, demasiadas veces: una mala palabra.

Cuesta abajo en su rodada…, me recuerdan estos personajes ese tango clásico y siempre vigente. ¿¡Cómo pueden ignorar las ansias naturales por humanas, de cada individuo de aspirar a la libertad, esa libertad que puede y debe alcanzar en su espacio-tiempo vital en este planeta!?

Todo se hace por pasos, se nace, se crece, se aprende a chocar con una piedra y a evitarla la próxima vez, a creernos el cuento de un estafador y evitarlo la próxima vez, a confiar en un modelo impuesto y terminar por desecharlo. La vida es cambio, ¡ya lo decía la Violeta Parra y lo sigue cantando tan bien la Mercedes Sosa! Pero para algunos el cambio no se dio aún, es el sueño que les vendieron unos pocos caudillos y de estos “creyentes” vivieron y siguen viviendo los que quedan, pero el mundo cambio, terca y persistentemente, CAMBIÓ.

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Hoy cuando aún con sus cuotas de poder por aquí y por allá, los “believers” siguen haciendo daño, yo creo y pienso que a ellos les espera lo que dice el mismo tango:

Sueño, con el pasado que añoro,
el tiempo viejo que lloro
y que nunca volverá…

Je rêve, avec le passé qui me manque
Le vieux temps que je pleure
Et qui ne reviendra jamais…

I dream, of the past that I long for,
the old time that I cry about
and that never will return..

Petite encyclopedia cubaine pour québécois V

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les symboles religieux

 

 

« Les religions »

Cuba et Québec ont en commun le catholicisme, là-bas les Espagnols, ici les Français, dans les deux cas ils nous ont « bien fournis » dans ce nouveau monde des Pères, des Fils, et du Saint-Esprit, per secula seculorum, amen… Au Québec comme à Cuba l’église catholique se trouve en franc retrait, trop liée par le passé à des drames à caractère obscur et ce dans les deux sociétés. L’Église de Rome encore cloîtrée dans ses traditions archaïques, malgré un coût en perte de paroissiens important, s’entête dans la même direction. Si les dirigeants de l’Église laissaient enfin se marier les prêtres, comme le font les protestants depuis le XVIème siècle, il y aurait une belle quantité de prêtres hétérosexuels mariés, le célibat pourrait et devrait être une option individuelle. Les prêtres homosexuels, (nous sommes devenus déjà un peu plus civilisés), eux sont de plus en plus acceptés. La pédophilie ne le sera jamais. L’ouverture de l’Église aux réalités contemporaines peut l’aider à retrouver sa place dans les sociétés chrétiennes.

À Cuba comme au Québec nous avons des religions afro-antillaises ou afro-américaines, ce qui serait le plus correct de dire. Parce que bien qu’au Québec la plupart des afro-descendants soient d’origine haïtienne, c’est-à-dire des afro-antillais, il y a beaucoup d’autres afro-américains ou tout simplement des africains récemment arrivés. Tous, ou presque tous, sont des gens qui pratiquent leurs cultes. Des protestants, des musulmans, des bahaïs et d’autres religions coexistent dans les deux pays. Les terres de l’Amérique sont encore refuge des proscrits des « vieux continents ». Est-ce que le XXIème siècle sera un siècle de paix et de rencontre des civilisations? Comme beaucoup le souhaitent d’ailleurs, ¡ojalá! inchajlá! espérons-le!

Pequeña enciclopedia cubana para québécois

“Las religiones”

Cuba y Québec tienen en común el catolicismo, allá los españoles, acá los franceses, en ambos casos “nos trajeron” a este nuevo mundo bien cargaditos de padres, hijos y espiritus santos, per secula seculorum, amen…En Québec como en Cuba la iglesia católica está en franca retirada, demasiado vinculada en el pasado a oscuros dramas de ambas sociedades. Anda la iglesia de Roma a nivel mundial además, enclaustrada aún en sus arcaicas tradiciones, a pesar de lo caro que le cuestan. Si los dirigentes de la iglesia dejaran por ejemplo, casarse a los sacerdotes, como desde el siglo XVI hacen los protestantes, habría una buena cantidad de curas heterosexuales, bien casados, el celibato podría y debería ser una opción indivudual. Los sacerdotes homosexuales, (ya vamos siendo algo más civilizados), van siendo cada vez más aceptados. La pedofilia nunca lo va a ser. La apertura de la iglesia a las realidades contemporáneas puede ayudarla a rencontrar su lugar en las sociedades cristianas.

En Cuba como en Québec tenemos religiones afroantillanas o afroamericanas, que sería lo mas correcto decir, pues aunque en Québec la mayor parte de los afrodescendientes son de origen haitiano, o sea afroantillanos, también hay muchos otros afroamericanos y simplemente africanos recien llegados, que practican sus cultos. Protestantes, musulmanes, bahais y otras religiones coexisten en ambos países. Las tierras de América siguen siendo refugio de los proscritos de los “viejos continentes”, ¿será el siglo XXI un siglo de paz y encuentro de civilizaciones, como muchos desean?, ¡ojalá!, inchajlá!, espérons-le!

Petite encyclopédie cubaine pour québécois IV

« Les stéréotypes »

Salma Hayek

Salma Hayek est une actrice d’origine mexicaine qui a fait pas mal de films à Hollywood. À Cuba nous avons une image d’elle en accord avec celle que l’industrie du cinéma américain projette, ce qui veut dire : femme sexy, latine, brune, audacieuse, jolie, légèrement exubérante, pas tellement intelligente et point à la ligne. Par bonheur, il existe une émission à la TV américaine qui s’appelle “Inside the Actors Studio”.

Dans un épisode de 2004, on a interviewé Salma Hayek et là , surprise ! Il semble qu’elle est une femme très intelligente, persévérante, à caractère et oui un peu osée, mais d’une façon très prudente, comme le prouve son triomphe dans les eaux turbulentes que sont Hollywood et le « star system » américain, malgré son « background », un sujet d’ailleurs duquel elle parle dans cette entrevue.

Pensez-vous que cette vision de Salma Hayek est partagée par les cubains ? Non, et c’est regrettable. Mais si vous faites une recherche dans les engins de recherche du Granma, Juventud Rebelde, ou Trabajadores (les trois journaux cubains les plus diffusées et qui pourraient avoir traité la question) la réponse est « zéro ». Pire encore, tu peux tomber sur un article qui commence avec cette phrase : « Elles sont presque parfaites. Pur glamour. Des petites poupées certainement belles, mais artificielles…”, et c’est dommage, parce que les valeurs de cette femme singulière devraient être mieux connus dans un pays comme notre « petite grande île » des Caraïbes…

Le cinéma québécois, c’est un terme que le cubain de la rue méconnaît en général. Quelques films canadiens ont été projetés dans de fugaces échantillons que fait la Cinémathèque Charles Chaplin à La Havane ou lors du Festival International du Nouveau Cinéma latino-américain. Mais ce festival ne considère même pas « latino-américain » le cinéma québécois… Deux stéréotypes cubains à connaître et si possible… à faire disparaître de mort naturelle.

Pequeña enciclopedia cubana para québécois IV

“Los estereotipos

Salma Hayek es una actriz de origen mexicano que ha hecho no pocos filmes en Hollywood. En Cuba tenemos una imagen de ella acorde a la que la industria del cine norteamericana proyecta, o lo que es lo mismo: mujer sexy, latina, morena, osada, bonita, ligeremante exuberante, no tan inteligente y punto. Por suerte existe un programa en la TV norteamericana que se llama “Inside the Actors Studio”.

En una emision del 2004 se la entevistó y ¡rayos!, resulto que es una mujer sumamente inteligente, perseverante, voluntariosa y si osada, pero muy prudentemente osada, como evidencia su triunfo en el mar de aguas turbulentas, que es Hollywood y el “star system” norteamericano, para alguien con su “background”, algo por cierto de lo que ella misma habla en esa entrevista.

¿Piensan ustedes que esa vision la tienen ahora los cubanos?. No, lamentablemente, si usted hace una busqueda en los buscadores del Granma, Juventud Rebelde, o Trabajadores (los tres mas difundidos periodicos cubanos y que pudieran haber tratado la cuestion) la respuesta es “cero”, o peor aun te puedes encontrar un articulillo que empieza con esta frase: “Casi son perfectas. Puro glamour. Muñequitas ciertamente hermosas, pero artificiales…”, y es una lastima, pues los valores de esta singular mujer deberían ser mejor conocidos en un pais como esa “pequeña gran isla” del Caribe

El cine québécois, es un termino que el cubano común desconoce, algunas películas canadienses se han visto en muestras fugaces que hace la Cinemateca Charles Chaplin de La Habana o durante el Festival Internacional del Nuevo Cine latinoamericano, pero ese festival ni siquiera considera “latinoamericano” al cine québécois… Dos estereotipos cubanos a conocer y de ser posible…hacer fallecer de muerte natural.

Petite encyclopédie cubaine pour québécois III

« L’humeur des cubains »

Humour à la cubaine

Peuple extraverti, qui a du baratin, plein d’esprit, toutes ces épithètes pourraient être écoutées, lues, ou suggérées, quand on parle des cubains en général. D’habitude ce sont des jugements porteurs de raison. D’une manière globale, disons, il y a de tout dans la vigne du bon Seigneur, dit-on, et mieux vaut savoir qu’il y a des humeurs bonnes et mauvaises parmi les insulaires… Pour être bref et un peu schématique, disons que les bonnes humeurs dans l’île seront toujours associées aux festivités, au carnaval, à la « pachanga », qui est ce désir inné « de se détendre » pour ceux qui sont nés et qui vivent dans un climat qui exige un bon niveau de patience pour survivre.

Fruit de multiples métissages, le cubain assimile (ou assimilait d’habitude) pas mal les influences externes qui arrivaient avec les immigrants. Dans le même temps le cubain transmettait sans complexe son « savoir vivre » aux récemments arrivés. C’est pourquoi peut importe où l’on va, on trouve à Cuba un descendant de libanais, ou de roumain, ou de chinois, ou d’anglais… et tous sont des cubains!

La mauvaise humeur nous vient culturellement, croit-on, de l’Espagne, mais pas uniquement. Dans les dessins animés les plus célèbres de l’île, ceux du patriote mambí Elpidio Valdés, les espagnols, en particulier les habitants de la Mancha et les galiciens, font toujours l’objet de moqueries. Mais ce caractère rustique, est très intégré à notre être social. Il suffit « de se heurter » à un administrateur, à un directeur, à un politicien ou à un père rétrograde, et tu auras besoin d’une bonne dose de patience pour t’en sortir!

La crise est une mauvaise compagne pour l’humeur, nous en savons quelque chose!

“El humor del cubano”

Pueblo extrovertido, jaranero, dicharachero, todos esos epitetos podrían ser escuchados, leídos, o sugeridos, cuando se habla del cubano en general, y llevan razón, de una manera global digamos, más de todo hay en la viña del señor, y bueno es saber que hay buenos y malos humores entre los isleños…para ser breves y algo esquematicos, digamos que los buenos humores siempre van a estar asociados a la fiesta, el carnaval, la “pachanga”, ese deseo innato de “relajarse” por parte de quienes nacieron y viven en un clima que les exige una buena cota de paciencia para sobrevivir. Fruto de multiples mestizajes, el cubano asimila (o asimilaba) bien las influencias externas que le llegaban, a la vez que trasmitía sin complejo su “savoir vivre” a los recien llegados, por eso es que por donde quiera uno encuentra en Cuba un descendiente de libanés, o de rumano, o de chino, o de inglés…¡y todos son cubanos!

El mal humor nos viene de España, pero no solamente, en los dibujos animados mas célebres de la isla, los de Elpidio Valdés, el patriota mambí, los españoles, en particular los manchegos y gallegos, son siempre objeto de burla, pero ese carácter hosco y cavernícola, esta muy bien integrado a nuestro ser social, basta “toparse” con un administrador, un gerente, un politico o un padre chapado a la antigua, ¡necesitarás de una buena cuota de hilaridad, para salir airoso!.

La crisis es una mala companera del humor y ¡los cubanos sabemos bastante de ello!.

Petite encyclopédie cubaine pour québécois II

« L’excès de sucre »

Café dans un bar à café de Montréal

Quand un cubain voyage pour la première fois hors de l’île il est surpris par « une drôle d’habitude » des habitants des autres latitudes : les desserts, les jus de fruits, le café !!!!, presque tout ce qui pour lui, est quelque chose auquel on rajoute du sucre en abondance, là, on en rajoute pas, ou presque pas, parce qu’on n’imagine même pas que le sucre puisse être rajouté à ces aliments. Mais le cubain, imperturbable, où il trouve les « sachets », il les prend et rajoute du sucre à ses plats et infusions, en laissant bouche-bée les spectateurs de son acte.

Quand un québécois arrive à Cuba, lui à son tour, est surpris, voir étonné, « d’une bizarre habitude » qu’ont ces insulaires de rajouter des quantités « industrielles » de sucre à presque tout. Quelque chose que pour le québécois, et pour une bonne partie de l’humanité, est depuis longtemps et clairement reconnu comme nuisible pour la santé. Il remarque, le « latino-américain du nord », avec impuissance, que la modération dans la consommation de sucre, n’est pas une priorité de ces heureux et musicaux gens des Caraïbes, et « il souffre » à chaque fois qu’il se sent obligé d’être courtois, bien que pas “pantoute” courageux, quand on lui offre ce café fort super-chargé de sucre, ou crime pire encore, un thé avec du sucre !!!

Pequeña enciclopedia cubana para québécois II

“El exceso de azúcar”

Cuando un cubano viaja por primera vez fuera de la isla se sorprende de una “extraña costumbre” de los habitantes de otras latitudes: los postres, los jugos de frutas, ¡¡¡¡el café!!!!, casi todo lo que para él, es algo que lleva azúcar en abundancia, en esos lugares no la lleva, es mas, casi no lleva ninguna o simplemente ni se imaginan que pueda añadirsele. Pero él imperturbable, donde quiera que encuentra los “saquitos”, los toma y los agrega a sus platos o infusiones, dejando boquiabiertos a los presentes.

Cuando un québécois llega a Cuba se sorprende, no sin asombro, de la “extraña costumbre” de los isleños de agregar cantidades “industriales” de azúcar a casi todo, algo que para él, y para una buena parte de la humanidad, ya hace tiempo quedó muy claro que es dañino para la salud. Nota el “latinoamericano del norte” con desamparo, que la moderación en el consumo de sacarosa, no es una prioridad de estos alegres y musicales caribeños, y “sufre” sin consuelo cada vez que se ve en la necesidad de ser cortés, aunque no valiente, cuando le ofrecen ese café fuerte cargadisimo de azúcar, o un crimen aun mayor, ¡¡¡té con azúcar!!!

Petite encyclopédie cubaine pour québécois I

« Les faux amis »

Vrai cigare cubain

Dans l’Espagnol que l’on parle à Cuba le mot cigare ne signifie pas ce qu’en français on entend par cigare. La traduction correcte de ce mot serait plutôt cigarette. Il s’agit du faux ami le plus commun auquel doit faire face le touriste typique québécois quand il arrive dans l’île, mais ce n’est pas le seul.

Un autre faux ami beaucoup plus dangereux, l’attend et l’assiège dans chaque recoin des quartiers touristiques, en lui offrant ¿puros amigo?, une phrase banale, mille fois répétée, accompagnée d’un regard lascif à la conjointe ou à l’amie qui se trouve aux côtés du touriste étonné. Si celui-ci commet « l’erreur » de lui prêter attention, alors il devra supporter l’écoute les offres de “langouste” dans le restaurant-paladar du coin, ou, des services sexuels tarifés, s’il est seul.

Observez qu’ils ne disent pas ¿tabacos?, comme on parle en bon cubain, non, ils disent « puros » comme les « gallegos »(1), pour être sympathiques, pour « essayer » d’être efficaces dans leur vente la plupart du temps frauduleuse. Il s’agit-là du danger le plus sérieux de cette offre payée bon marché, mais qui au final revient chère.

Les cigares de ce marché noir fleurissant sont d’habitude faits avec des feuilles de la même qualité que ceux que l’on fabrique pour les Cubains et que l’on trouve dans n’importe quel bar de quartier de La Havane ou ailleurs dans l’île. Ceux-là ne coûtent qu’un peso en monnaie nationale cubaine (1 peso convertible = 24 pesos monnaie nationale).

Il est peut-être inutile de dire que ces cigares-là puent dès qu’on les allumes, et que ceux qui se risquent à les fumer, « traversent » une expérience à ne jamais répéter…
___________________________________________
(1) Dans le langage populaire cubain « gallego » est synonyme d’espagnol, c’est à dire habitant ou citoyen de la « Mère patrie ».

Pequeña enciclopedia cubana para québécois I

« Los falsos amigos »

En el español que se habla en Cuba la palabra cigarro no es lo que en francés se entiende como cigare, la traducción correcta seria cigarrette. Este es el falso amigo más común al que se enfrenta un turista típico québécois cuando llega a la isla, pero no es el único, otro falso amigo mucho más peligroso, es el tipo que le asedia en cada esquina de los barrios turisticos, ofreciendole ¿puros amigo?, una frase cansona y banal, acompañada de una mirada lasciva a la esposa o amiga que acompaña al asombrado turista, y si aquel comete el “error” de prestarle atención, entonces debera soportar escuchar ofrecimientos de “langosta” en el restaurant-paladar de la esquina, o hasta servicios sexuales tarifados. Observen que ni siquiera dicen ¿tabacos?, como se dice en buen cubano, no, dicen “puros” como los gallegos (1), para “caer bien”, para “intentar” ser eficaces en su venta la mayor parte de las veces fraudulenta, pues ese es el peligro mayor de este “ofrecimiento”, se paga barato y cuesta caro, los “puros” de este mercado negro floreciente son por lo general confeccionados con hojas de la misma calidad con los que se fabrican los que cualquier cubano común y corriente encuentra en los bares de mala muerte de La Habana u otras ciudades, y que no cuestan sino 1 peso en moneda nacional. De más esta decir que esos tabacos apestan desde que se encienden y que quienes se atreven a consumirlos quedan “puestos y convidados” con la experiencia.

(1) En el lenguaje popular cubano, “gallego” es sinonimo de español, o sea habitante o ciudadano de la “Madre patria”.

Responses

  1. Enfin, la version québécoise de Lettres de Cuba! :)

    J’ai bien hâte de lire cette version toute montréalaise…avec un parfum de Cuba!

    Longue vie!

    Natasha

  2. wow, un cubano un Montreal!!!!!

    Fantástico. adoro todo lo de Quebec. Cuéntame de ti.

    Visítame en
    http://www.belkiscuzamale.blogspot.com

    http://www.lacasaazul.org

    http://www.lacasaazulcubana.blogspot.com

    http://www.belkiscubanparadiseart.blogspot.com

    Muchas bendiciones desde Texas,
    Belkis

  3. Très bien fait, surtout j’aime les personnalités
    Francine


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