Publié par : lettresdemontreal | 4 avril 2008

Historique de la vie culturelle cubaine des 50 dernières années

Conférence-débat GRIPAL

Le mouvement culturel dans l’actualité politique cubaine

Par Raúl Ernesto Colón Rodríguez, pour la conférence-débat de GRIPAL sur Cuba, à l’UQAM, le 3 avril 2008.

Introduction

La vie culturelle d’un pays ne se raconte pas en 10 minutes, surtout celle d’un pays comme Cuba qui a été caractérisée par un essor formidable, lors du processus social que fût la révolution cubaine de 1959. Néanmoins, je vais essayer aujourd’hui de vous donner un très bref aperçu de cette histoire. Une histoire sans doute remplie de succès, malgré un parcours historique presque toujours difficile à l’intérieur comme à l’extérieur de l’île.

Étapes et générations du mouvement littéraire à Cuba

On arrive à 1959 en ayant comme héritage trois grandes étapes et quatre générations du mouvement littéraire.

deux premières générations s’étalant de 1902 à 1940,

une troisième s’étendant de 1940 à 1959

puis les « générations de la révolution » qui grandissent depuis 1959. Elles peuvent être divisés à leur tour entre les générations des années 60-70, et les générations des années 80-90. À ces dernières, peuvent s’associer différentes générations d’écrivains qui se sont développées en dehors du territoire cubain.

Les grands écrivains cubains du XXème siècle

Des personnalités tels que Alejo Carpentier (1904-1980), José Lezama Lima (1910-1976), Virgilio Piñeira (1912-1979), Dulce María Loynaz (1903-1997), Nicolas Guillén (1902-1989), Guillermo Cabrera Infante (1929-2005), Severo Sarduy (1937-1993), et Reinaldo Arenas (1943-1990), pour ne mentionner que ceux qui sont les mieux connus au niveau international, sont devenus des piliers de la littérature cubaine contemporaine.

Les générations de la Révolution

On arrive aux « générations de la Révolution », celles qui écrivent leurs œuvres depuis 1959. La Révolution apporte une nouvelle inspiration thématique sociale avec elle, qui permet d’ailleurs, de déceler une rénovation stylistique. Une nouvelle promotion de jeunes poètes fait connaître ses œuvres dans différentes publications : Lunes de Revolución, supplément littéraire hebdomadaire du quotidien Revolución, La Gaceta de Cuba, les revues Casa de las Américas et Unión.

La vie culturelle et intellectuelle des années 60

C’est dans les médias culturels et universitaires que se déroule le débat de la vie culturelle et scientifique-sociale de la « Cuba épique des années 60 ». Ce sont les intellectuels qui proposent les décisions de la vie culturelle basées sur des critères culturels, et les sociologues sont ceux qui débattent des problèmes théoriques de la nouvelle société basés sur les critères des sciences sociales. A partir de 1971-1972 ce sont les fonctionnaires dans les couloirs du Comité Central du parti communiste, qui prennent la « relève », ils proposeront aux politiciens du Bureau politique, les décisions à prendre privilégiant l’approche politique par rapport aux autres.

Les acquis dans la formation et la diffusion de la culture à Cuba après 1959.

Depuis 1959, la culture cubaine s’est vu grandement enrichie par de vastes programmes, d’abord d’alphabétisation générale de la population et après dans le secteur de la culture, a travers la formation des étudiants dans des écoles d’art, des conservatoires de musique, des écoles de danse, de ballet, etc. ainsi que grâce à un large programme de formation des instructeurs d’art pour le réseau des maisons de la culture. Un important travail d’émission culturelle et la création de bibliothèques dans chaque municipalité a garantit durant toutes ces années la croissance de la lecture. L’édition d’œuvres littéraires, généralement d’édition de masse en était le support de cette politique. La création des musées dans chaque municipalité a encouragé le développement d’une conscience patrimoniale accrue. Cuba compte plus de 360 musées répartis dans toute l’île.

Situation et problèmes actuels auxquels fait face la gestion culturelle à Cuba.

Ces acquis font que le peuple cubain profite aujourd’hui d’une culture de masse orientée préférablement vers la consommation des créations de grande qualité, même si une grande partie des artistes restent encore attachés, surtout au niveau de la culture populaire, à des schémas d’un reconnaissable caractère commercial.

Aujourd’hui suite à une importante « sortie du système » de plusieurs institutions culturelles, dû à l’absence de maintenance et au manque de ressources, fait que ce réseau soit dans une crise profonde, et cela s’étend à d’autres domaines de la culture. L’aptitude à soutenir les opérations culturelles en continu paraît être de plus en plus en jeu à Cuba, surtout dans les secteurs qui exigent des investissements permanents.

Le « Quinquennat gris »

Entre 1967 et 1972, se déclenche le début d’un processus de répression-résistance entre le pouvoir politique révolutionnaire-étatique et les intellectuels révolutionnaires-libertaires. Des intellectuels et des créateurs libertaires n’étant pas nécessairement liés directement aux partis politiques initiaux de la Révolution, développaient dans les médias culturels une action étroitement liée aux avant-gardes latino-américaines et européennes. Le résultat d’une de ces actions fût la murale Cuba colectiva de 1967 que l’on peut admirer aujourd’hui au Musée des Beaux Arts de Montréal.

Ce réseau était formé des publications culturelles et sociologiques telles que l’éditorial Arte y Literatura sous Ambrosio Fornet, écrivain et intellectuel cubain de longue carrière comme essayiste et aussi sous Edmundo Desnoes, la revue Casa de las Américas sous Roberto Fernández Retamar, les éditions de l’ICAIC sous Alfredo Guevara, la revue R y C, sous Lisando Otero, et surtout Pensamiento Crítico, sous Fernando Martínez Heredia, professeur de la faculté de philosophie de l’Université de La Havane.

Le contexte politique de la fin des années 60

Rappelons-nous que la création du Parti Communiste de Cuba date de 1965, suite à l’unification quelques années auparavant des trois partis formant le premier gouvernement révolutionnaire. Le mouvement politique gagnant, c’est-à-dire : le mouvement du 26 juillet était l’organe politique des guerrilleros de Castro en provenance de la Sierra Maestra. Les partis ou mouvements alliés des révolutionnaires étaient le parti socialiste populaire (communiste orthodoxe à forte empreinte stalinienne), et le Directoire des étudiants universitaires. Ces derniers furent des participants actifs de la lutte clandestine dans les grandes villes cubaines et avaient perdu leur leader José Antonio Echevarría, dans l’attaque du Palais présidentiel au mois de mars 1957.

Cuba et le bloc de l’Est

Une fois que la nation cubaine et son jeune et inexpérimenté gouvernement révolutionnaire se retrouvèrent du jour au lendemain en dehors de la communauté panaméricaine, en grande partie à cause de la politique nord-américaine de blocage et à l’expulsion de Cuba du sein de l’OEA, il s’avérait « logique » que l’île tomberait sous l’influence du bloque de l’Est. Avec la fondation du Parti Communiste de Cuba et une croissante influence de l’ex-Union Soviétique dans la vie sociale, économique, politique et militaire de Cuba, les tendances de centralisation de la vie dans tous ses aspects, se renforcèrent…

Le rôle de la revue Pensamiento Crítico

 

La revue Pensamiento Crítico, fut dirigé, par Fernando Martínez Heredia (né en 1939), philosophe cubain qui est depuis lors, le plus reconnu dans ce domaine dans l’île. Son ancien directeur l’a décrit récemment, dans un entretien publié au Chili, comme une revue « qui informait et analysait la réalité d’après une perspective latino-américaine, d’après Cuba, et d’après le Tiers Monde, et cela était inhabituel dans la pensée et les sciences sociales de l’époque où prédominaient encore les idées et les discours euro-centristes et premier-mondistes ». Elle constitue jusqu’à nos jours une expérience jamais renouvelée…

La revue Criterios, continuatrice de Pensamiento Critico

Presque tout de suite après la suppression de Pensamiento Critico apparaît une autre revue : Criterios, (un clin d’œil à Pensamiento Crítico), dirigé jusqu’à nos jours par Desiderio Navarro, linguiste et traducteur polyglotte. Desiderio dans un article récent nous raconte l’origine de la revue : « Criterios est né il y a 35 ans, en février 1972, avec un numéro spécial (le 100ème) de La Gaceta de Cuba, organe de l’Union des Auteurs et des Artistes de Cuba. L’origine de Criterios est étroitement liée au « Quinquennat Gris »: non par une simple coïncidence chronologique, mais parce que Criterios fut précisément une tentative de résister à l’obscurantisme intellectuel qui s’est abattu sur le pays avec cette politique du « Quinquennat Gris»… Mais Criterios, fût une sorte de résistance cryptée, les responsables politiques de la censure n’étaient pas du tout au fait des études savantes du bloc de l’Est. En 1974, avec l’arrivée des conseillers soviétiques à Cuba, Criterios souffre d’une première étape de fermeture.

La création littéraire contemporaine à Cuba

La littérature cubaine de 1980 à nos jours compte avec des noms reconnus internationalement comme : Abilio Estévez, Reinaldo Arenas, Senel Paz, Leonardo Padura Fuentes, Eliseo Alberto Diego, Rogelio Riveron, Rafael Rojas et beaucoup d’autres. Ils sont repartis un peu partout dans le monde et à Cuba sont publiés que ceux qui y habitent.

Le débat des intellectuels et des artistes de 2007

En janvier 2007, suite à l’apparition télévisée des figures liés directement à l’exécution des politiques néfastes de répression des acteurs culturels pendant le « Quinquennat gris », un grand nombre d’intellectuels commencent à protester par la voie du courrier électronique. Desiderio Navarro nous montre que la protestation nous fait faire face à deux évidences : « l’inactivité ou la non opérativité des espaces d’expression ou de débat (tant intra-institutionaux que publics) déjà existants, et la possibilité inconnue jusqu’à date de la constitution ad hoc et immédiate d’une sphère publique supplétive, supplétive, puisqu’on ne peut pas l’appeler ni alternative, ni complémentaire, vu l’absence d’une autre sphère publique réellement fonctionnelle ».

Kaos en la Red, son rôle dans le débat cubain actuel.

Depuis quelque temps, le site espagnol Kaos en la red (d’origine anarchiste et basé à Barcelone), dans une section appelé Kaos Cuba : http://www.kaosenlared.net/cuba, est devenu l’espace d’un débat très original parmi des cubains de l’île et en exil, tous secteurs sociaux confondus. Y parait des articles et des nouvelles publiés librement, par des journalistes, des écrivains, des chercheurs, des ex-diplomates, des ex-politiciens et plusieurs autres catégories d’auteurs, qui signent sous leur nom authentique ou sous pseudonyme. Ils sont tous ou presque des cubains et ils traitent dans ses textes des problèmes criants de la société cubaine : les réformes qui ne progressent pas au rythme nécessaire, l’immobilisme qui empêche et nourri le scepticisme des réformateurs, les excès récents ou anciens des autorités cubaines dans les différents secteurs de la vie sociale, etc.

Conclusion

Je suis attentivement ce débat, j’y participe même, et je constate que plusieurs approches de mes compatriotes vis-à-vis de la réalité cubaine y sont reflétées. Plusieurs intervenants sont porteurs de différents critères d’opinions, essaient de lancer des ponts pour une possible entente, pour un débat commun et publique au moins. Tout cela me semble un bon symptôme des temps nouveaux que nous vivons, et une petite garantie que plus tôt que tard, la souveraineté populaire continuera à ouvrir les chemins, malgré l’opposition du parti-étatique bureaucratique. La liberté d’expression et de presse finira par retourner sur la scène publique cubaine. C’est néanmoins en ce moment précis, plus un souhait qu’une réalité, mais l’avenir dira si encore une fois cela vaut la peine de garder l’espoir aujourd’hui.

À Cuba ces jours-ci a lieu le très attendu (10 ans) VII congrès de l’UNEAC, L’Union des Artistes et Écrivains de Cuba. Un écrivain reconnu, comme c’est le cas d’Eduardo Heras León, membre de la commission organisatrice, a qualifié le forum de décisif pour le développement du projet social cubain pour les prochaines années, après avoir souligné le rôle de la culture comme un des piliers de la Révolution. La musicologue et productrice Cary Diez a défini le congrès comme un espace ouvert et flexible qui renforcera l’unité entre l’avant-garde artistique et politique. On peut « lire » derrière ces déclarations, l’urgence des intellectuels et artistes cubains pour se faire entendre de la part des gouvernants, et la décision de participer activement aux destins de leur pays.

La culture cubaine pour sa part, et surtout les nouvelles générations des artistes et intellectuels cubains instruits et avides d’être en permanent contact avec le reste du monde, ne saurons faire tarder les changements indispensables, pour que Cuba et sa culture soit et continue à être l’une des plus rayonnantes des Amériques.

Conférence-débat GRIPAL 2

Antecedentes de la vida cultural cubana de los 50 últimos años.
El movimiento cultural en la actualidad política cubana

Por Raúl Ernesto Colón Rodríguez, para la conferencia – debate de GRIPAL sobre Cuba, en la UQAM, el 3 de abril de 2008.

Introducción

La vida cultural de un país no se cuenta en 10 minutos, sobre todo la de un país como Cuba que ha estado caracterizada por un formidable desarrollo, a partir del proceso social que significó la revolución cubana de 1959. Sin embargo, voy a intentar darles una muy breve reseña de esta historia. Una historia seguramente llena de logros, a pesar de un decursar histórico casi siempre difícil dentro como fuera de la isla.

Etapas y generaciones del movimiento literario a Cuba

Se llega a 1959 teniendo como herencia tres grandes etapas y cuatro generaciones del movimiento literario.

dos primeras generaciones que se extienden de 1902 a 1940,

una tercera que se extiende de 1940 a 1959

Y luego las  » generaciones de la revolución  » que crecen desde 1959. Ellas pueden ser divididas a su vez entre las generaciones de los años 60-70, y las generaciones de los años 80-90. A estas últimas, pueden asociarse distintas generaciones de escritores que se desarrollaron fuera del territorio cubano.

Los grandes escritores cubanos del siglo XX

Personalidades como Alejo Carpentier (1904-1980), José Lezama Lima (1910-1976), Virgilio Piñeira (1912-1979), Dulce María Loynaz (1903-1997), Nicolas Guillén (1902-1989), Guillermo Cabrera Infante (1929-2005), Severo Sarduy (1937-1993), y Reinaldo Arenas (1943-1990), por mencionar sólo los que mejor se conocen a nivel internacional, y que constituyen los pilares de la literatura cubana contemporánea.

Las generaciones de la Revolución

Se llega entonces a las « generaciones de la Revolución », que son aquellas que escriben sus obras desde 1959. La Revolución aporta consigo una nueva inspiración temática social, que permite por otra parte, detectar una renovación estilística. Una nueva promoción de jóvenes poetas dan a conocer sus obras en distintas publicaciones: Lunes de Revolución, suplemento literario semanal del diario Revolución, la Gaceta de Cuba, Casa de las Américas y Unión.

La vida cultural e intelectual de los años 60

Es en los medios de comunicación culturales y universitarios que se desarrolla el debate de la vida cultural y científico-social de la « Cuba épica de los años 60″. Son los intelectuales quienes proponen las decisiones a tomar en relación con la vida cultural, basados en criterios culturales, y los sociólogos son los que discuten los problemas teóricos de la nueva sociedad, basados en criterios de las ciencias sociales. A partir de 1971-1972 son los funcionarios en los pasillos del Comité Central del partido comunista, que toman el “batón de relevo”, ellos propondrán desde entonces a los políticos del Buró Politico, las decisiones que deben tomarse priorizando el enfoque político por sobre los demás.

Los logros en la formación y la difusión de la cultura en Cuba después de 1959.

Desde 1959, la cultura cubana se vió en gran parte enriquecida por extensos programas, en primer lugar de alfabetización general de la población y más tarde en el sector de la cultura, a través de la formación de los estudiantes en escuelas de arte, conservatorios de música, escuelas de danza, de ballet, etc. así como también gracias a un amplio programa de formación de los instructores de arte para la red de las casas de la cultura. Un importante trabajo de difusión cultural y la creación de bibliotecas en cada municipio garantizan durante todos estos años el crecimiento de la lectura. La edición de obras literarias, generalmente en edicienes masivas fue el soporte de tal política. La creación de museos en cada municipio fomentó el desarrollo de una mayor conciencia patrimonial. Cuba cuenta más de 360 museos distribuidos en toda la isla.

Situación y problemas actuales que enfrenta la gestión cultural en Cuba.

Estos logros hacen que el pueblo cubano disfruta hoy de una cultura de masas orientada preferiblemente hacia el consumo de creaciones de gran calidad, aunque una gran parte de los artistas permanecen aún aferrados, sobre todo en el ambito de la cultura popular, a esquemas de un reconocible carácter comercial.

Hoy en dia y a raíz de una importante « salida del sistema » de numerosas instituciones culturales, debido a la ausencia de mantenimiento y a la falta de recursos, hace que esta red esté en una crisis profunda, y eso se extiende a otros ámbitos de la cultura. La capacidad de sostener las operaciones culturales sin interrupción parece estar cada vez más en juego a Cuba, sobre todo en los sectores que exigen inversiones permanentes.

El « Quinquenio gris »

Entre 1967 y 1972, se desencadena el principio de un proceso de represión-resistencia entre el poder político revolucionario oficial y los intelectuales revolucionarios-libertarios. Intelectuales y creadores libertarios que no necesariamente estaban vinculados directamente a los partidos políticos iniciales de la Revolución, desarrollaban en los medios de comunicación culturales una acción estrechamente vinculada a las vanguardias latinoamericanas y europeas. El resultado de una de estas acciones es el mural Cuba colectiva de 1967 que se puede admirar hoy en el Museo Bellas Artes de Montreal.

Esta red estaba formaba por las publicaciones culturales y sociológicas como la editorial Arte y Literatura bajo la dirección de Ambrosio Fornet, escritor e intelectual cubano de larga carrera como ensayista y también bajo Edmundo Desnoes; el revista Casa de las Américas bajo Roberto Fernández Retamar, las ediciones del ICAIC bajo Alfredo Guevara, la revista R y C, bajo el recientemente fallecido Lisando Otero, y sobre todo Pensamiento Crítico, bajo Fernando Martínez Heredia, profesor de la facultad de filosofía de la Universidad de La Habana.

El contexto político de finales de los años 60

Recordemos que la creación del Partido Comunista de Cuba data de 1965, a raíz de la unificación algunos años antes de los tres partidos que forman al primer Gobierno revolucionario. El movimiento político ganador, es decir: el movimiento del 26 de julio era el órgano político de los guerrilleros de Castro procedentes de la Sierra Maestra. Los partidos o movimientos aliados a los revolucionarios eran el partido socialista popular (comunista ortodoxo de fuerte herencia estalinista), y el Directorio Estudiantil Universitario. Estos últimos fueron participantes activos de la lucha clandestina en las grandes ciudades cubanas y habían perdido a su líder José Antonio Echevarría, en el ataque del Palacio presidencial en el mes de marzo de 1957.

Cuba y el bloque del Este

Una vez que la nación cubana y su joven e inexperto Gobierno revolucionario se encontraron de la noche a la mañana fuera de la comunidad panamericana, en gran parte debido a la política norteamericana de bloqueo y a la expulsión de Cuba del seno de la OEA, resultaba « lógico » que la isla cayera bajo la influencia de bloque del Este. Con la fundación del Partido Comunista de Cuba y una creciente influencia del ex-Unión Soviética en la vida social, económica, política y militar de Cuba, las tendencias de centralización de la vida en todos sus aspectos, se reforzaron…

El papel de la revista Pensamiento Crítico

Fernando Martínez Heredia (nacido en 1939), dirigió la revista Pensamiento Crítico. Filósofo cubano, desde entonces es el más reconocido en este ámbito en la isla. El describió recientemente aquel esfuerzo editorial en una entrevista publicada en Chile por la revista Punto Final, de la siguiente manera: “Pensamiento Crítico informaba y analizaba desde una perspectiva latinoamericana, desde Cuba, desde el Tercer Mundo, y eso era inusual en el pensamiento y las ciencias sociales. Todavía predominaban las ideas y discursos eurocentristas y primermundistas. » Aquella constituye hasta nuestros días una experiencia nunca renovada…

La revista Criterios, continuadora de Pensamiento Crítico

Casi inmediatamente después de la supresión de Pensamiento Critico aparece otra revista: Criterios, (un guiño a Pensamiento Crítico), dirigida hasta nuestros días por Desiderio Navarro, lingüista y traductor políglota. Desiderio en un reciente artículo nos dice el origen de la revista: “Criterios nació hace 35 años, en febrero de 1972, con un número especial (el 100) de La Gaceta de Cuba, órgano de la Unión de Escritores y Artistas de Cuba. El origen de Criterios está estrechamente ligado al Quinquenio Gris: no por una simple coincidencia cronológica, sino porque Criterios fue precisamente un intento de contrarrestar el oscurantismo intelectual que cayó sobre el país con esa política, una tentativa de mantener e incluso ampliar, directa o indirectamente, los vínculos con lo mejor del pensamiento cultural mundial…” Pero Criterios, fue una resistencia críptica, los responsables políticos de la censura no estaban en absoluto enterados de los textos del bloque del Este. En 1974 sin embargo, con la llegada de los consejeros soviéticos a Cuba, Criterios sufre de una primera etapa de cierre.

La creación literaria contemporánea a Cuba

La literatura cubana de 1980 a nuestros días cuenta con nombres reconocidos internacionalmente como: Abilio Estévez, Reinaldo Arenas, Senel Paz, Leonardo Padura Fuentes, Eliseo Alberto Diego, Rogelio Riveron, Rafael Rojas y mucho de otros. Se encuentran estos autores distribuidos un poco por todas partes en el mundo. En Cuba se publican sólo los que viven alli.

El debate de los intelectuales y artistas de 2007

En enero del 2007, a raíz de la aparición televisada de las figuras vinculadas directamente a la ejecución de las funestas políticas de represión de los intelectuales y artistas durante el « Quinquenio gris », un gran número de intelectuales comienzan a protestar por medio del correo electrónico. Desiderio Navarro nos explica que la protesta nos hace enfrentar dos evidencias:  » la inactividad o inoperancia de los espacios de expresión o debate (tanto intrainstitucionales como públicos) ya existentes, y la inédita posibilidad de la constitución ad hoc e inmediata de una esfera pública supletoria, suplente, ya que no puede llamarse siquiera ni alternativa, ni complementaria, dada la falta de otra realmente funcionante« .

Kaos en el Red, su papel en el debate cubano actual.

Desde hace algún tiempo, el sitio español Kaos en la red (de origen anarquista y basado en Barcelona), en una sección llamado Kaos Cuba: http://www.kaosenlared.net/cuba, pasó a ser el espacio de un debate muy original entre cubanos de la isla y el exilio, sin distinción de sectores sociales. Allí aparecen artículos y noticias publicados libremente, por periodistas, escritores, investigadores, exdiplomáticos, expolíticos y varias otras categorías de autores, que firman bajo su nombre auténtico o bajo seudónimo. Son casi todos cubanos y tratan en sus textos los problemas agudos de la sociedad cubana: las reformas que no progresan al ritmo necesario, el inmovilismo que impide y alimenta el escepticismo de los reformadores, los recientes o antiguos excesos de las autoridades cubanas en los distintos sectores de la vida social, etc.

Conclusión

Sigo atentamente este debate, participo incluso, y constato que varios enfoques de mis compatriotas relacionados con la realidad cubana se ven alli reflejados. Varios participantes son portadores de distintos criterios y opiniones, e intentan lanzar puentes para un posible acuerdo, para un debate común y público al menos. Todo eso me parece un buen síntoma de los nuevos tiempos que vivimos, y creo constituye una pequeña garantía para que más temprano que tarde, la soberanía popular siga abriendo caminos, a pesar de la oposición del partido-estado burocrático. La libertad de expresión y prensa terminarán por regresar a la escena pública cubana. Es sin embargo actualmente, más un deseo que una realidad, pero el futuro dirá si una vez más vale la pena tener hoy esperanza.

En Cuba por estos días tiene lugar el muy esperado (10 años) VII congresos del UNEAC: la Unión de Artistas y Escritores de Cuba. Un conocido escritor, como es el caso de Eduardo Heras León, miembro de la comisión organizadora, calificó el foro de decisivo para el desarrollo del proyecto social cubano para los próximos años, después de haber destacado el papel de la cultura como uno de los pilares de la Revolución. La musicóloga y productora Cary Díez definió el congreso como un espacio abierto y flexible que reforzará la unidad entre la vanguardia artística y política. Se puede « leer » detrás de estas declaraciones, la urgencia de los intelectuales y artistas cubanos de hacerse entender por parte de los gobernantes, y la decisión de participar activamente en los destinos de su país.

La cultura cubana por su parte, y sobre todo las nuevas generaciones de artistas e intelectuales cubanos informados y avidos de estar en permanente contacto con el resto del mundo, no dejarán hacer tardar los cambios indispensables, para que Cuba y en particular su cultura sea y siga siendo una de las más brillantes de las Américas.


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