Publié par : lettresdemontreal | 7 avril 2008

Interview de M. Juan Antonio Blanco par Lettres de Montréal

Docteur en Histoire des Relations Internationales, Professeur universitaire en Philosophie, diplomate et essayiste, comment êtes-vous arrivé à cumuler tous ces titres? Comment avez vous développé votre trajectoire scientifique et politique à Cuba et ailleurs?

À Cuba j’ai obtenu le titre de « Candidat Doctorant » (pris du jargon académique soviétique) en Histoire des Relations Internationales et un décret officiel nous a accordé ensuite le doctorat à tous les si appelés « candidats ». À l’époque, je faisais aussi quelques cours à l’Institut Supérieur de Relations Internationales où j’étais « Professeur titulaire adjoint » et, en parallèle, je collaborais avec diverses publications et centres académiques cubains et étrangers.

Quelques années auparavant, en 1968, j’étudiais l’Histoire quand j’ai intégré, répondant un « appel de la Révolution », le Département de Philosophie de l’Université de La Havane. Là, j’ai passé deux années additionnelles pour finir gradué professeur dans la catégorie enseignante. Peu après, à la suite d’un discours public de Raúl Castro, le gouvernement a accusé les professeurs du Département de Philosophie – parce qu’on publiait la Revue Pensamiento Critico (Pensée Critique) – d’être « des agents conscients ou inconscients de l’ennemi ». Un processus de discussion fût alors entamé entre la direction du Département et le Président de Cuba, Osvaldo Dorticós, qui s’est conclu avec l’intervention gouvernementale dans cette institution. Ils ont brûlé les livres que nous avions publiés, nos dossiers académiques et ils sont même allés jusqu’à démolir le bâtiment! Ils ont aussi aboli nos titres de professeurs gradués et nous avons dû entreprendre à nouveau des études universitaires. Personne n’a miraculeusement eu l’idée de nous nier aussi cette possibilité.

Je suis alors devenu chômeur, tout comme plusieurs collègues du Département de Philosophie. Nous avons tous dû chercher de nouveaux horizons d’une manière ou d’une autre. Ce n’était pas facile surtout après avoir eu accroché sur nos épaules l’étiquette « d’agent de la CIA ». Une année plus tard j’étais toujours sans emploi. Un jour j’ai rencontré dans la rue le ministre Raúl Roa, qui me connaissait depuis mon enfance. En apprenant que cela faisait déjà une année que je me trouvais sans emploi, il m’a offert « de commencer à zéro » dans le Ministère des Affaires Étrangères (MINREX). Le premier poste que j’ai occupé en entrant au MINREX a été de séparer les nouvelles des câbles des agences internationales qui entraient par des télétypes bruyants et de les placer dans les cases des directions régionales respectives, un travail totalement mécanique. Un après-midi, je me suis mis à rajouter quelques commentaires aux câbles de nouvelles et avec le temps j’ai été progressivement promu à diverses responsabilités pour en arriver à être analyste. J’ai ensuite exercé comme diplomate à l’ONU et en Bolivie. Du Ministère des Relations Extérieures je suis passé au Comité Central du Parti Communiste de Cuba comme analyste de la politique extérieure des USA.

Et comment avez-vous passé d’analyste du Comité Central à fondateur d’une ONG ?

En 1992 j’ai décidé de demander ma démission du Comité Central pour promouvoir, avec quelques amis, la création d’un centre d’études indépendant et l’enregistrer comme organisation non gouvernementale. Nous voulions explorer les limites du précaire et le climat naissant d’assouplissement qui paraissait se développer à ce moment-là. Légaliser l’organisation –qui était née depuis 1990 comme un simple groupe informel– a pris, toutefois, trois ans. L’idée était de profiter de la disparition de l’URSS pour nourrir l’État de propositions de réforme qui décentraliseraient l’économie, restitueraient l’autonomie à la société civile, on abolirait les lois et mesures violant les droits humains tout en démocratisant la société.

L’idée stratégique était de promouvoir un projet de transformations progressives vers un socialisme pluraliste et démocratique capable de favoriser le développement humain. Dans mon cas, je croyais – de façon erronée – que la russification des institutions du pays obéissait à la nécessité géopolitique de l’alliance avec l’URSS. Une fois disparu le « Vatican du totalitarisme », je raisonnais, le cours original du processus révolutionnaire de 1959 pourrait être repris. La vie m’a démontré que je me trouvais dans l’erreur et que la volonté de Fidel Castro était de régir de cette manière. Le chef historique ne pouvait pas faire partie de la solution, comme je pensais alors, parce qu’il était une partie substantielle du problème.

Certaines des initiatives que nous avions commencées à développer n’étaient pas bien vues par quelques dirigeants avec beaucoup de pouvoir, ceux qui avaient déjà pris auparavant des actions contre moi. En constatant le blocus systématique de toute ouverture réelle, je suis arrivé à la conclusion que le totalitarisme n’est pas réformable et, avant de donner une occasion à mes prédateurs, j’ai décidé de m’en aller de Cuba. En 1997 je me suis établi au Canada.

Pouvez-vous mentionner quelques-unes des initiatives dont vous parlez?

Depuis l’année 95 par une initiative indépendante de diplomatie citoyenne ou “quiet diplomacy”, comme on l’appelle aussi, j’avais commencé à explorer les possibilités d’améliorer l’état des relations entre La Havane et Washington. Je suis arrivé jusqu’à des hautes sphères de l’establishment aux États-Unis, et les premières réactions furent très encourageantes. Ce fût une des initiatives qu’on m’a ordonné d’abandonner. Ensuite les autorités cubaines ont détruit les petits avions de Hermanos al rescate, et par conséquent s’est déclenché la signature de la loi Helms-Burton qui a gelé par voie législative le conflit entre les USA et Cuba.

D’autres initiatives furent la recherche de donations pour les prisonniers et la transparence dans les prisons. C’est-à-dire, l’autorisation des inspections indépendantes, la dérogation des autorisations d’entrée et de sortie, et la révision de la législation en vigueur. Nous avons aussi proposé de réformer la Loi d’Associations pour la libérer de la tutelle de l’État. Dans d’autres cas, nous avons protesté contre certaines situations comme nous l’avons fait dans le cas de l’attaque à laquelle ont été soumis les académiciens du Centre d’Études de l’Amérique à La Havane.

Établi au Canada et non aux USA, une chose plutôt « rare » dans le cas d’un cubain. Qu’est-ce qui a fait que vous avez choisi le Canada? Quelles valeurs considérez-vous particulières à ce pays dans le cadre des nations américaines?

Ça a été, entre autres considérations possibles, une question pratique : j’avais une offre d’emploi. J’ai eu d’autres possibilités : une à Barcelone et une autre en Belgique. Mais j’ai décidé pour le Canada parce que c’était une continuité avec ce que je considère qui a été ma grande transformation de perspectives : la défense des droits humains.

Depuis mon arrivée au Canada j’ai travaillé avec des réseaux de la société civile en Amérique latine et avec quelques organisations régionales dans la lutte pour l’éradication du racisme, la discrimination et l’intolérance ainsi qu’en fonction de promouvoir des projets régionaux de prévention précoce de conflits et pour favoriser la diplomatie citoyenne. J’ai réussi à occuper le poste de Directeur exécutif d’une organisation internationale des droits humains établie à Ottawa et je suis membre des assemblées directrices d’autres institutions canadiennes et régionales. Je continue actuellement à travailler dans le domaine de l’étude des conflits tant du point de vue académique que praticien.

Aucun pays n’est parfait. Tous ont des passages obscurs dans leur Histoire et des lacunes à remplir sur le chemin toujours inachevé de la promotion de la démocratie et de l’équité. Mais, après avoir connu la réalité de beaucoup d’autres pays développés et en voie de développement, je crois que le Canada se remarque par la crédibilité de ses institutions, l’équité d’occasions, la qualité de vie (qui n’équivaut pas à la consommation), la sécurité citoyenne et sociale, outre le gentil et civilisé traitement que dispensent ses habitants.

Depuis un peu plus d’une année, à Cuba et à l’étranger on débat de manière non-officielle et chaque fois de plus en plus, du destin de la nation. Il paraîtrait que les cubains se sont réveillés d’une hibernation qui a duré longtemps. Quel avis vous inspire ce changement ?

Nous sommes à la fin d’une époque en termes planétaires et de l’Histoire nationale aussi. Dans notre cas, cette époque coïncide avec la fin d’une direction de type caudilliste et charismatique avec la retraite imminente d’une génération de chefs historiques et la crise systémique de la société fermée qu’ils ont implantée.

Je suis d’avis que le moment exige de dépasser les visions fanatiques et de donner libre cours à l’imagination et à la créativité. Il n’y a pas un seul taux de change ou de transition possibles. Il y a de multiples manières d’entrelacer à l’État, le Marché et la Société Civile. Le gouvernement et la prospérité dans l’avenir dépendra de la sagesse qu’on démontre posséder aujourd’hui pour choisir les meilleures options et pour relier ces trois secteurs et ainsi entrer, finalement, dans le XXIème siècle.

Quelle opinion vous inspire, le débat, par exemple sur Kaos en la red ?

Je suis lecteur assidu des sites sur Internet tels que Kaos et Rebelion, mais je crois qu’ils sont encore dans une certaine mesure limités à un secteur de l’opinion publique. À mon avis le problème n’est pas de continuer le débat qui porte déjà sur deux siècles entre ceux qui favorisent le socialisme ou le capitalisme. Ce qui est plus important c’est l’ouverture à des idées qui permettent d’intégrer des modèles de développement qui sont soutenables dans la perspective écologique, démocratiques du point de vue de la politique, et inclus dans l’économique et le social. Ni le capitalisme actuel ni le socialisme réel ne le sont. Néanmoins, Kaos et Rebelion représentent un espace d’échange appréciable pour un pays tellement autoritaire dans le terrain de l’information et de la production d’idées comme l’est Cuba.

Comme Rosa Luxemburg, je crois que la démocratie est pour tous ou pour personne. Chaque fois que dans un certain lieu les socialistes se sont laissé porter par le critère que ceux qui ne partageaient pas leurs perceptions étaient des ennemis, ils ont terminé en étant eux-mêmes des victimes de la répression qu’ils croyaient seulement pour « les autres ». S’il y quelque chose que j’ai bien appris à Cuba c’est qu’il y aura la démocratie pour tous ou jamais pour personne.

Le sujet de l’émigration et la nation comme l’appellent les autorités cubaines, ou l’exil et la nation comme vous l’appelez, est à l’ordre du jour. Suite à la réunion récente qui a eu lieu à La Havane, comment voyez-vous le futur des relations des 11+2 millions de cubains de l’intérieur et en exil ?


L’avenir je le vois très bien, c’est le présent qui continue sans être redressé. Cette réunion n’a pas été avec le gouvernement mais du gouvernement. Ce ne fût pas un dialogue respectueux entre des parties qui décident d’analyser leurs relations et de chercher des consensus pour dépasser leurs problèmes. La réunion a été totalement contrôlée par le gouvernement cubain qui a établi la liste des hôtes, l’emplacement de l’événement, et a modéré la liste d’orateurs, a sûrement décidé l’agenda et les objectifs du concile et a à l’avance rédigée la déclaration finale, qui de manière unanime et enthousiaste d’ailleurs a été approuvé par les présents. Cela est une fraude. Et les fraudes ne vont pas loin ni résolvent les problèmes réels. La vie est têtue et quand on n’admet pas la réalité elle finie par nous exploser dans la face en tout cas à ceux qui prétendent l’ignorer.

Quel avis vous inspire la coexistence des cultures anglo et franco-canadiennes dans ce pays? Pourrait-il être un modèle d’intérêt pour d’autres pays de la région?

Je ne le vois pas du tout mauvais pour les canadiens, mais je ne crois pas aux modèles exportables à une autre réalité. D’autre part je dois admettre que je suis tellement partisan des sociétés multiculturelles comme allergique aux nationalismes. Il y a ici des forces qui font la promotion de la première variante et d’autres qui favorisent la seconde. Dans ce bras de fer, je crois que les « multi-culturalistes » règnent, bien que non sans difficulté. À mon avis cela est un autre mérite qu’il faut accorder à cette société. Si cette assertion n’est pas considérée « politiquement correcte » par certains, cela m’importe peu. L’avantage de vivre ici est que je pense et je dis ce que je crois, pas ce qu’on espère que je pense et que je crois.

Entrevista al Sr. Juan Antonio Blanco por Lettres de Montréal

Doctor en Historia de las Relaciones Internacionales, profesor universitario de Filosofía, diplomático y ensayista, son los títulos que usted posee, ¿cómo llego a ellos?, ¿cómo se desarrolló su trayectoria científica y política en Cuba y fuera de ella?

En Cuba obtuve el título de “Candidato a Doctor” (tomado de la jerga académica soviética) en Historia de las Relaciones Internacionales y luego un decreto oficial nos otorgó el doctorado a todos los llamados “candidatos”. También por aquel tiempo impartí algunos cursos en el Instituto Superior de Relaciones Internacionales donde era “Profesor Titular” adjunto y, de modo paralelo, colaboraba con diversas publicaciones y centros académicos cubanos y extranjeros.

Muchos años antes, en 1968, estaba estudiando Historia cuando ingresé, ante un “llamado de la Revolución”, al Departamento de Filosofía de la Universidad de La Habana. Allí pasé dos años adicionales para terminar graduado con una categoría docente de profesor. Luego a través de un discurso público de Raúl Castro el gobierno acusó a los profesores de aquel Dpto. de Filosofía –que además publicábamos la Revista Pensamiento Crítico– de ser “agentes concientes o inconcientes del enemigo”, y se inició un proceso de discusiones entre la dirección del Departamento y el entonces presidente de Cuba, Osvaldo Dorticós, que concluyó con la intervención de aquella institución. ¡Quemaron los libros que habíamos publicado, nuestros expedientes académicos y hasta demolieron el edificio! Adicionalmente derogaron nuestros títulos de profesores graduados y tuvimos que emprender de nuevo estudios universitarios. Milagrosamente nadie tuvo la idea de negarnos también esa posibilidad.

En aquel entonces quedé desempleado, al igual que varios colegas del Departamento de Filosofía. Todos tuvimos que buscar nuevos horizontes de una manera u otra. No era fácil después de tener colgado sobre tus hombros el sambenito de “agente de la CIA”. Transcurrió un año y todavía estaba sin empleo. Un día tropecé en la calle con el entonces ministro Raúl Roa quien me conocía desde niño. Al enterarse de que ya llevaba un año sin trabajar me ofreció “comenzar desde abajo” en el Ministerio de Relaciones Exteriores (MINREX). Lo primero que hice al entrar al MINREX fue separar los cables noticiosos de las agencias internacionales que entraban por unos ruidosos teletipos y ubicarlos en las casillas de las respectivas direcciones regionales, algo totalmente mecánico. Una tarde se me ocurrió agregar algunos comentarios a los cables de noticia y con el tiempo fui promovido gradualmente a diversas responsabilidades para terminar como analista. Luego ejercí como diplomático en la ONU y Bolivia. Del Ministerio de Relaciones Exteriores pasé al Comité Central del Partido Comunista de Cuba como analista de la política exterior de EEUU.

¿Y cómo terminó de analista del Comité Central en fundador de una ONG?

En 1992 decidí pedir mi baja del Comité Central para impulsar, con algunos amigos, la creación de un centro de estudios independientes y registrarlo como organización no gubernamental. Queríamos explorar los límites del clima de precaria e incipiente flexibilización que parecía abrirse en aquel momento. Legalizar la organización –que había nacido desde 1990 como un simple grupo informal- tomó, sin embargo, tres años. La idea era aprovechar la desaparición de la URSS para nutrir al Estado de propuestas de reforma que descentralizaran la economía, devolviesen la autonomía a la sociedad civil, se derogasen leyes y medidas violatorias de derechos humanos y se democratizara la sociedad.

La idea estratégica era promover un proyecto de transformaciones graduales hacia un socialismo pluralista y democrático capaz de gestar un desarrollo humano. En mi caso creía -equivocadamente- que la rusificación de las instituciones del país obedecía a la necesidad geopolítica de la alianza con la URSS. Una vez desaparecido el “Vaticano del totalitarismo”, razonaba yo, podría retomarse el curso original del proceso revolucionario de 1959. La vida me demostró que estaba en un error y era voluntad de Fidel Castro gobernar de esa manera. El líder histórico no podía ser parte de la solución, como entonces pensaba yo, porque formaba parte sustantiva del problema.

Algunas de las iniciativas que habíamos empezado a desarrollar no eran bien vistas por algunos dirigentes de mucho poder, quienes ya habían tomado antes acciones contra mi. Al constatar el bloqueo sistemático de toda apertura real, llegué a la conclusión de que el totalitarismo no es reformable y –antes de dar una oportunidad a quienes me estaban acechando- decidí irme de Cuba. En 1997 me radiqué en Canadá

¿Qué iniciativas? ¿Puedes mencionar alguna?

Desde el año 95 mediante una iniciativa independiente de diplomacia ciudadana o “quiet diplomacy”, como también se le llama, había empezado a explorar las posibilidades de mejorar el estado de las relaciones entre La Habana y Washington. Llegué a altas esferas del establishment en Estados Unidos, y las primeras reacciones fueron muy alentadoras. Esa fue una de las iniciativas que me ordenaron abandonar. Poco después derribaron las avionetas con lo cual vino la firma de la ley Helms Burton y con ella la codificación que congeló por vía legislativa el conflicto entre EEUU y Cuba.

Otras fueron la búsqueda de donaciones para los presos y la transparencia en las prisiones, es decir, que se permitieran inspecciones independientes, la derogación de los permisos de entrada y salida y la revisión de la legislación vigente. También propusimos reformar la Ley de Asociaciones para liberarla de la tutela del Estado. En otros casos protestamos ciertas situaciones como hicimos en el caso del ataque al que fueron sometidos los académicos del Centro de Estudios de America.

¿Radicado en Canadá y no en EE.UU.? algo « raro » en el caso de un cubano, ¿Qué hizo que escogiera Canada? ¿Qué valores considera tiene este país en el marco de las naciones americanas?

Fue, entre otras consideraciones posibles, una cuestión práctica: tenía una oferta de empleo. Tuve otras posibilidades: una en Barcelona y la otra en Bélgica. Pero decidí Canadá porque era una continuidad con lo que considero que fue mi gran transformación de perspectivas: la defensa de los derechos humanos.

Desde mi llegada a Canadá he trabajado con redes de la sociedad civil en América Latina y algunas organizaciones regionales en la lucha por la erradicación del racismo, la discriminación y la intolerancia así como en impulsar proyectos regionales de prevención temprana de conflictos y diplomacia ciudadana. Llegue a ocupar el cargo de director ejecutivo de una organización internacional de derechos humanos radicada en Ottawa y soy miembro de las juntas directivas de otras instituciones canadienses y regionales. Actualmente sigo laborando en el campo de la conflictología tanto desde el punto académico como práctico.

Ningún país es perfecto. Todos tienen pasajes oscuros en su historia y lagunas por llenar en el siempre inconcluso camino de la promoción de la democracia y la equidad. Pero, después de conocer la realidad de muchos otros países desarrollados y en vías de desarrollo, creo que Canadá destaca por la credibilidad de sus instituciones, la equidad de oportunidades, la calidad de vida (que no equivale a consumismo), la seguridad ciudadana y social, además del trato amable y civilizado que se dispensan sus habitantes.

Desde hace algo más de un año, en Cuba y fuera de ella se debate de manera no oficial y cada vez más, los destinos de la nación, pareciera que los cubanos se van despertando de un letargo que demoró demasiado tiempo, ¿que opinión le merece este cambio?

Estamos al final de una época en términos planetarios y de la historia nacional. En nuestro caso coincide el fin de un liderazgo de corte caudillista y carismático con el inminente retiro de una generación de líderes históricos y la crisis sistémica de la sociedad cerrada que ellos implantaron.

Soy del criterio de que el momento demanda trascender las visiones fanáticas y dar rienda suelta a la imaginación y creatividad. No hay un solo tipo de cambio o transición posibles. Hay múltiples maneras de entrelazar al Estado, el Mercado y la Sociedad Civil. La gobernabilidad y prosperidad futuras dependerá de la sabiduría que se demuestre tener hoy en escoger las mejores opciones para enlazar esos tres sectores y así entrar, finalmente, en el siglo XXI.

¿Qué cree de lo que se debate por ejemplo en Kaos en la red?

Soy lector asiduo de los sitios en Internet de Kaos y Rebelión, pero creo que todavía están en alguna medida limitados a un sector de la opinión pública. A mi entender el problema no es continuar el debate que ya lleva dos siglos entre quienes favorecen el socialismo o el capitalismo. Lo que se requiere es la apertura a ideas que permitan integrar modelos de desarrollo que sean sustentables desde la perspectiva ecológica, democráticos desde el punto de vista de la política, e inclusivos en lo económico y social. Ni el capitalismo actual ni el socialismo realmente existente lo son. Así y todo, Kaos y Rebelión representan un espacio de intercambio inapreciable para un país tan autoritario en el terreno de la información y la producción de ideas como Cuba.

Como Rosa Luxemburgo creo que la democracia es para todos o no es. Cada vez que en algún lugar los socialistas se dejaron llevar por el criterio de que quienes no compartían sus percepciones eran enemigos terminaron siendo ellos mismos víctimas de la represión que creían sería sólo para los “otros”. Si algo aprendí muy bien en Cuba es que habrá democracia para todos o nunca la habrá para nadie.

El tema de la emigración y la nación, cómo lo denominan las autoridades cubanas, o el destierro y la nación, como usted le llama, está en el orden del día. De la reciente reunión que se celebró en La Habana, ¿cómo ve usted el futuro de las relaciones de los 11+2 millones de cubanos de dentro y fuera de la isla?

El futuro lo veo muy bien, es el presente el que sigue sin enderezarse. Esa reunión no fue con el gobierno sino del gobierno. No fue un diálogo respetuoso entre partes que deciden analizar sus relaciones y buscar consensos para superar problemas. La reunión estuvo totalmente controlada por el gobierno cubano que decidió la lista de invitados, el sitio del evento, moderó la lista de oradores, decidió la agenda y objetivos del cónclave y seguramente tuvo de antemano redactada la declaración final, que de manera unánime y entusiasta fue aprobada por los allí presentes. Eso es un fraude. Y los fraudes no van lejos ni resuelven los problemas reales. La vida es terca y cuando no se admite la realidad ella termina por estallar en el rostro de quienes pretenden ignorarla.

¿Qué opinión le merece la coexistencia de las culturas anglo y francocanadienses en este país?, ¿podría ser un modelo de interés para otros países del área?

No lo veo mal para los canadienses, pero no creo en modelos exportables a otra realidad. Por otro lado debo confesar que soy tan partidario de las sociedades multiculturales como alérgico a los nacionalismos. Aquí hay fuerzas que promueven lo primero y otras que fomentan lo segundo. En ese pulseo creo que los “multiculturalistas” van prevaleciendo, aunque no sin dificultades. A mi juicio ese es otro mérito que hay que concederle a esta sociedad. Si esta aseveración no es considerada “políticamente correcta” por algunos, me tiene sin cuidado. La ventaja de vivir aquí es que pienso y digo lo que creo, no lo que se espera que piense y crea.


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