Publié par : lettresdemontreal | 19 juin 2008

Jacques Deshaies, l’art comme passion.

Connaître Jacques Deshaies pour moi fût énormément simple, il est le père de ma blonde! Mais pour l’immense majorité des mortels il est bien difficile de le connaître. Jacques est un homme passionné de son métier et depuis des années il vit claustré dans son appartement tout en créant des œuvres d’art, l’une après l’autre.

Ses rares sorties dans le monde extérieur, sont pour assister aux expositions occasionnelles de ses amis peintres. Récemment par exemple, il est allé à celle de Rino Dubé à la Casa Obscura. Là nous avons pu profiter une fois de plus de son caractère jovial, en plus de leurs nombreuses « jokes », mais normalement Jacques vit pour son Art. Celui avec des majuscules, qui toujours a passionné ceux qui croient en ce qu’ils font et pour lequel ils sont capables de sacrifier beaucoup plus qu’il est coutume d’admettre quand on a une vocation de feu.

Le nom de famille Deshaies est inscrit dans l’histoire du peuple québécois depuis longtemps. Imaginez-vous que l’un des premiers et plus importants cartographes de la Nouvelle France, a été un Deshaies. Jean Deshayes ou Deshaies, comme il signait lui-même, fut l’hydrographe du roi en Nouvelle France. Il est mort à Québec le 18 décembre 1706. Nous ne savons pas encore si ce Deshaies d’antan fait partie de la famille du contemporain, mais de même dans les terres néo-françaises il s’agit d’un nom de famille de vieux débit (rappelons-nous que l’Amérique du Nord a été appelée pendant longtemps la Nouvelle France).

Le Deshaies contemporain, Jacques, a une longue histoire personnelle et professionnelle. Depuis 1975 il a fait 49 expositions personnelles et ses villes préférées ont été Montréal, ce qui semble logique, mais aussi New York, Paris, Toronto, Ottawa, Vancouver, Stockholm, Upsala, Gotland et d’autres au Canada et en Europe.

Une de ses séries les plus reconnues, et dans laquelle il travaille depuis environ dix années, est celle en rapport avec le génome humain. Jacques l’appelle « nouvelle plate-forme esthétique » pour les artistes et l’utilise comme moyen de communication de sa préférence. Dans son site Web la première chose qui nous saute à la vue est sa déclaration de principes dans la philosophie de l’Art conceptuel et minimaliste : “Do what you decide to do. Ask nothing. Expect nothing”, ce qui serait : « Fais ce que tu décides de faire. Ne demande rien, n’attends rien ». Il qualifie son Art comme: “unpostmodernism, nihilism, existensialist”… « neutre au postmodernisme, nihiliste, existentialiste ».

Le lien entre l’art et la science et le rôle de la science comme force culturelle se trouvent également dans l’essence de sa réflexion artistique. En 1997 Margaret Somervile, admiratrice et collectionneur, mais aussi Directeur du Centre de Médecine, Éthique et de Droit de l’Université McGill de Montréal, dans un texte appelé « de l’évolution à la révolution » elle écrivait à propos de l’œuvre de notre ami que : « J. Deshaies peint un hybride imaginaire composé d’une paire de chromosomes humains et de double hélice d’ADN, pour symboliser notre nécessité d’un pont entre l’ADN évolutionniste de notre passé et de son futur révolutionnaire ».

Plus récemment, Jacques s’est lancé dans une série d’images déconstruites de plusieurs de ceux qui l’aident dans son œuvre. J’ai eu la chance d’être parmi eux et ce texte est illustré avec le portrait qu’il m’a donné il y a quelques jours. Sur ces images dit Jacques dans son site Web :

“An unpostmodern balance of composition and character studies of myself, friends, people I love, like, or respect. Each /portrait/ is a creation-invention painted in an asymmetrical, structured, shift effect of soft “Sfumato” technique designed to create perception of depth, volume and form as in Leonardo’s Mona Lisa, 1503. It is combining with the aim of analytical cubism to produce a conceptual image as oppose to a “normal” perceptual one as in Picasso’s 1910 /portrait/ of art dealer Daniel-Henry Kahnweiler”.

C’est à dire : « Un bilan neutre vers le postmoderne de la composition et les études à caractère propres, de mes amis, des gens que j’aime ou respecte. Chaque /portrait/ est une création – invention peinte grâce à un effet de changement asymétrique, structuré, de « Sfumato » doux, technique conçue pour créer la perception de profondeur, volumétrie et forme, comme dans la Joconde de Leonardo da Vinci (1503). Il s’agit d’une combinaison du but du cubisme analytique de produire une image conceptuelle, comme opposition de la perception « normale », comme dans /l’image/ de Picasso de 1910 du négociant d’art Daniel-Henry Kahnweiler « .

L’œuvre de Jacques Deshaies se trouve dans les collections de certaines des institutions les plus prestigieuses qui apparaissent ci-dessous (la liste de collectionneurs privés, serait trop longue) :

Dans les Amériques :

Canadian Museum of Nature, Ottawa, Canada

Genome Canada, Ottawa, Canada

Life Sciences, Values & Society Program Michigan University, Ann Arbor, Michigan, U.S.A.

Faculty of Medecine, McGill University, Montreal, Canada

Genvis Biogroup, New Orleans, Louisiana, U.S.A.

DNA Press, Eagleville, Pennsylvania, U.S.A.

En Europe:

Research Program Ethics in Biomedicine, Department of Public Health and Caring Sciences, Uppsala University , Uppsala, Sweden

Uppsala University Art Collection, Uppsala, Sweden

Rudbeck Laboratory, Uppsala University, Uppsala, Sweden (Donation Mr Anders Wall)

Waters AB , Sollentuna, Sweden

Ministère des Finances, Paris, France

Association Artistes à la Bastille, Paris, France

Galerie Gaëlle Calvet, Paris, France

Jacques Deshaies continue son travail infatigablement. Récemment, en visitant ensemble de l’exposition d’Art cubain, au Musée de Beaux Arts de Montréal, il me disait : “I went from painting on DNA to painting on painting. And writing on painting” « Je suis allée de la peinture sur l’ADN, à la peinture sur la peinture et à l’écriture sur la peinture ». Cela nous a rappelé la vie de Rothko et, Natasha et moi, on a décidé de lui faire cadeau des deux livres[1] qu’a écrit ce grand maître de l’expressionisme abstrait américain. Une phrase de ce peintre-auteur nous rappelle vivement l’œuvre et la pensée de Jacques Deshaies: « nous affirmons que le sujet est essentiel et que le seul sujet qui vaut la peine est celui qui est tragique et éternel ».

La phrase de Jacques qui m’a le plus impressionné est toutefois la suivante : “a happy warrior is a safe allie”, « un guerrier heureux est un allié sûr ». Parions pour cela Jacques!


  • [1] Mark Rothko, Écrits sud l’art. Textes réunis et prephases par Miguel Lopez-Remiro (ed. Flammarion, 2005)

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Jacques Deshaies, el arte como pasión.

Conocer a Jacques Deshaies para mí fue tremendamente sencillo, ¡es el padre de mi mujer!, más para la inmensa mayoría de los mortales es bien difícil. Jacques es un hombre apasionado con lo que hace y desde hace años, él vive enclaustrado en su apartamento creando obras de arte, una tras otra.

Sus raras salidas al mundo exterior, son para asistir a las ocasionales exposiciones de sus amigos pintores, recientemente por ejemplo fue a la de Rino Dubé en la Casa Obscura. Allí pudimos disfrutar una vez más de su jovial carácter, amén de sus numerosas bromas, pero normalmente Jacques vive para su Arte, ese con mayúsculas, que siempre ha apasionado a los que creen en lo que hacen y por el cual son capaces de sacrificar mucho, más que lo que es costumbre confesar cuando se tiene una vocación de fuego.

El apellido Deshaies está hace tiempo inscrito en la historia del pueblo de Québec, imaginen que uno de los primeros y más importantes cartógrafos de la Nueva Francia, fue un Deshaies, Jean Deshayes ó Deshaies, como él mismo firmaba, fue hidrógrafo de rey en Nueva Francia, y murió en Quebec el 18 de diciembre de 1706. No sabemos aún si aquel Deshaies es familia de éste, pero igual es un apellido de vieja data en esta tierras neofrancesas (recuerdese que la América del Norte se llamó mucho tiempo Nueva Francia).

Este Deshaies contemporáneo – Jacques, tiene una larga historia personal y profesional. Desde 1975 ha realizado 49 exposiciones personales y sus ciudades preferidas han sido Montréal, como es lógico, pero también Nueva York, Paris, Toronto, Ottawa, Vancouver, Estocolmo, Uppsala, Gotland y otras en Canada o Europa.

Una de sus series más reconocidas, en la que lleva trabajando alrededor de tres años, ha sido la relacionada con el genóma humano, al que Jacques llama “nueva plataforma estética” para los artistas y la cual utiliza como medio de comunicación de su preferencia. En su sitio Web lo primero que nos salta a la vista es su declaración de principios en la filosofía del Arte conceptual y minimalista: “Do what you decide to do. Ask nothing. Expect nothing”, lo que sería: “Haz lo que decidas hacer. No pidas nada, no esperes nada”. El autocalifica su Arte como: “unpostmodernism, nihilism, existensialist”… “neutro a lo postmoderno, nihilista, existencialista”.

El vinculo entre arte y ciencia y el rol de la ciencia como fuerza cultural se encuentran igualmente en el meollo de su reflexión artística. En 1997 Margaret Somervile, admiradora y coleccionista, pero también Directora del Centro de Medicina, Etica y Leyes de la Universidad McGill de Montréal, en un texto llamado “De la evolución a la revolución” escribía a propósito de su obra que “J. Deshaies pinta un híbrido imaginario compuesto de un par de cromosomas humanos y la doble hélice del ADN, para simbolizar nuestra necesidad de un puente entre el ADN evolucionista de nuestro pasado y su futuro revolucionario”.

Más recientemente Jacques se ha lanzado a hacer una serie de retratos deconstruídos de casi todos aquellos que le ayudan en su labor pictórica. He tenido la suerte de estar entre ellos e ilustra este texto el que me entregara hace unos días. Sobre estos retratos dice el mismo Jacques en su sitio Web:

“An unpostmodern balance of composition and character studies of myself, friends, people I love, like, or respect. Each /portrait/ is a creation-invention painted in an asymmetrical, structured, shift effect of soft “Sfumato” technique designed to create perception of depth, volume and form as in Leonardo’s Mona Lisa, 1503. It is combining with the aim of analytical cubism to produce a conceptual image as oppose to a “normal” perceptual one as in Picasso’s 1910 /portrait/ of art dealer Daniel-Henry Kahnweiler”.

O sea: “Un balance neutro hacia lo postmoderno de la composición y los estudios de carácter propios, de mis amigos, de la gente que quiero o respeto. Cada /retrato/ es una creación-invención pintada gracias a un efecto de cambio asimétrico, estructurado, de suave “Sfumato”, técnica diseñada para crear la percepción de profundidad, volumetría y forma, como en la Mona Lisa de Leonardo (1503). Es una combinación del propósito del cubismo analítico de producir una imagen conceptual, como oposición de la percepción “normal”, como en el /retrato/ de Picasso de 1910 del negociante de arte Daniel-Henry Kahnweiler

La obra de Jacques Deshaies se encuentra en las colecciones de algunas de las más prestigiosas instituciones que aparecen aquí debajo, (la lista de coleccionistas privados, sería demasiado extensa):

En las Americas:

Canadian Museum of Nature, Ottawa, Canada

Genome Canada, Ottawa, Canada

Life Sciences, Values & Society Program Michigan University, Ann Arbor, Michigan, U.S.A.

Faculty of Medecine, McGill University, Montreal, Canada

Genvis Biogroup, New Orleans, Louisiana, U.S.A.

DNA Press, Eagleville, Pennsylvania, U.S.A.

En Europa:

Research Program Ethics in Biomedicine, Department of Public Health and Caring Sciences, Uppsala University , Uppsala, Sweden

Uppsala University Art Collection, Uppsala, Sweden

Rudbeck Laboratory, Uppsala University, Uppsala, Sweden (Donation Mr Anders Wall)

Waters AB , Sollentuna, Sweden

Ministère des Finances, Paris, France

Association Artistes à la Bastille, Paris, France

Galerie Gaëlle Calvet, Paris, France

Jacques Deshaies continua su trabajo incansablemente, recientemente visitando juntos la ya finalizada exposición de Arte cubano, en el Museo de Bellas Artes de Montréal, me decía: “I went from painting on DNA to painting on painting. And writing on painting” “Yo he ido de la pintura sobre el DNA, a la pintura sobre la pintura y a la escritura sobre la pintura”, eso nos recordó la vida de Rothko y Natasha y yo decidimos regalarle los dos libros[1] que escribiera ese gran maestro del expresionismo abstracto norteamericano. Una frase de este pintor-escritor nos recuerda vivamente la obra y el pensamiento de Jacques Deshaies: « afirmamos que el tema es esencial y que el único tema que vale la pena es el trágico y el eterno”.

La frase de Jacques que más me ha impactado sin embargo, es la siguiente: “a happy warrior is a safe allie”, “un guerrero feliz es un aliado seguro”. ¡Apostemos por ello Jacques!


  • [1] Mark Rothko, Écrits sur l’art. Textes réunis et préfacés par Miguel Lopez-Remiro (ed. Flammarion, 2005)

Responses

  1. No lo conocía.
    Interesante como los artistas se concentran en lo suyo.
    Saludos,
    Al Godar

  2. le travail de Jacques Deshaies à première vue nous fait penser au cubisme, mais il ne faut pas se méprendre, il s’agit d’une manifestation pictural qui exprime une malaise des êtres qui me fait penser à Francis Bacon. Il y a déjà quelques années j’ai vu une exposition remarquable de Bacon dans le musée Maillol de Paris. Vision de la societé moderne à la recherche d’identité.
    Vincent Echavé


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