Publié par : lettresdemontreal | 24 juillet 2008

Deuxième Festival itinérant du Cinéma des Caraïbes

Depuis 2005, lorsque à Kingston en Jamaïque a eu lieu un festival de cinéma cubain, on a commencé à parler et à développer l’idée d’un Festival Itinérant du Cinéma des Caraïbes. Depuis l’année dernière les efforts en ce sens de l’UNESCO, de l’Association d’États des Caraïbes et des institutions gouvernementales caribéennes qui parrainent et sponsorisent cette initiative se concrétisent.

La Caraïbe, nous le savons tous, est un grand conglomérat de cultures, des mélanges de tout type : des saveurs, des couleurs, des contradictions, des richesses biologiques et des misères humaines, des sociétés de différentes tailles et destins, des systèmes politiques de style numantin[1] ou hyperglobalisés, tout ce qui caractérise le monde d’aujourd’hui, se trouve là-bas, mais en doses jamais modérées.

Cette diversité est aussi quelque part un phénomène homogène, comme le sont les origines ethniques des peuples de la Caraïbe : des ibériques et des euro-continentaux, sans oublier les anglos. Des africains de l’Ouest, de la forêt congolaise ou des lacs et des savanes de l’Est. Des chinois et des indiens (de l’Inde), des taïnos, des caraïbes et des yucateques, sont dispersés dans de plus grandes ou plus petites concentrations tout le long de ce grand ensemble de petites, moyennes et grandes îles. Même des russes et des mongols sont arrivés pour rester dans la Caraïbe, en particulier, dans la plus grande des îles, la plus riche et la plus pauvre, la plus joviale et ennuyante, la plus avancée et en même temps la plus retardée, tout selon le prisme ou le domaine de l’analyse concernée.

Là-bas entre-temps, parmi tant de métissage, le cinéma a été et reste encore un espace privilégié de la vie sociale pour de grands secteurs de la population. Les productions du secteur n’ont pas joui, toutefois, de la splendeur et de l’appui que d’autres régions ont éprouvé, dans l’Amérique latine même.

Les organisateurs de ces festivals prétendent beaucoup de choses, avec peu de ressources, comme on peut l’espérer des grands rêveurs des Tropiques, mais du simple fait qu’ils aient lieu et qu’ils ouvrent un espace précaire entre l’avalanche de cinéma commercial, est bel et bien déjà une réalisation pas du tout négligeable.

Des réalisateurs et producteurs d’Haïti, de Cuba, de la Jamaïque, de la Trinité et Tobago, des fonctionnaires du Bureau régional de l’UNESCO, tous réunis constituent le noyau du projet. Dans les différents pays où il a lieu la Muestra, l’organisation est décentralisée et ce sont des producteurs ou des gestionnaires locaux qui s’occupent de mener à bon terme l’initiative. Ceci est un élément démocratisateur pas du tout négligeable pour ce type d’événements. En outre, et comme résultat tangible des festivals, une Vidéothèque des Caraïbes, localisée à La Havane et à Kingston, sera créée. Des conférences, des rencontres avec les réalisateurs et beaucoup d’autres activités s’incorporeront à l’itinérance cinématographique des Caraïbes.

Finalement, il vaut la peine de souligner que « les Caraïbes » de nos jours, est un concept qui déborde les limites géographiques des Caraïbes proprement dit en tant que tels. Les diasporas des Caraïbes dans le reste des Amériques se lient déjà aux festivals, en fait l’un des fondateurs : le réalisateur et auteur haïtien-canadien Frantz Voltaire, est la voix de cette vision délocalisée, mais point déracinée.

Le petit navire, ou peut-être mieux, dans la « terminologie navale des Caraïbes » : le fragile radeau a été lancé à l’eau. Le toast peut-être n’a pas été avec champagne, ni même avec les meilleurs rhums de ses fondateurs : l’Appleton State jamaïquain et le Havane Club cubain, (généralement tous les deux pour l’exportation), mais même s’il a été accompagné avec une simple eau-de-vie de canne à sucre, cette initiative mérite de l’appui et du suivi, parce que tous les efforts pour matérialiser des échanges entre les gens des Caraïbes, (des peuples d’ailleurs très proches, mais à chaque fois moins liés), sera positif, nécessaire, vital, pour la survie d’une culture commune ou peut-être d’une civilisation méditerranéenne (notre Méditerranée américaine), qui est, nul s’en doute, en crise.


[1] On fait référence à Numancia, selon Wikipedia en français : Numentia ou Numance était une ville au nord de l’Hispanie qui a longtemps résisté à la conquête par les Romains de -143 à -133. La cité fut finalement prise et détruite en -133 par Scipion Émilien après un siège long et brutal. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Numance)

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Segunda muestra itinerante de Cine del Caribe

Desde 2005 cuando se celebró en Kingston, Jamaica, un festival de cine cubano, se ha venido hablando y gestando la idea de una Muestra Itinerante de Cine del Caribe. Desde el año pasado se vienen concretizando los esfuerzos por parte de la UNESCO, la Asociacion de Estados del Caribe y las instituciones gubernamentales caribeñas, que patrocinan y auspician esta iniciativa.

El Caribe, todos lo sabemos, es una gran conglomerado de culturas, mezclas de todo tipo: sabores, colores, contradicciones, riquezas biológicas y miserias humanas, sociedades de diferentes tamaños y destinos, sistemas políticos numantinos o hiperglobalizados, todo lo que caracteriza al mundo de hoy, se encuentra allí, pero en dosis nunca moderadas.

Esa diversidad es también algo homogenea, como lo son los orígenes étnicos de estos pueblos: Íberos y eurocontinentales, sin olvidar los anglos. Africanos del Oeste, de la selva congolesa o de los lagos y las sabanas del Este. Chinos e Indios (de la India), Taínos, Caribes y Yucatecas, se distribuyen en mayores o menores concentraciones a lo largo de ese gran conjunto de islas pequeñas, medianas y grandes. Hasta rusos y mongoles han llegado para quedarse en el Caribe, en particular, en la más grande de sus islas, la más rica y la más pobre, jovial y huraña, avanzada y atrasada, todo según el prisma o el campo del análisis de que se trate.

Allí, entre tanto mestizaje, el cine fue y sigue siendo un espacio privilegiado de vida social para grandes sectores de la población. Las producciones del área, sin embargo, no han gozado del esplendor y apoyo que otras regiones, incluso de la misma América latina, han experimentado.

Los organizadores de estas muestras pretenden muchas cosas, con pocos recursos, como es de esperar de los grandes soñadores de los Trópicos, pero el mero hecho de que tengan lugar y de que abran un precario espacio entre la avalancha de cine comercial es ya un logro nada despreciable.

Realizadores de Haití, Cuba, Jamaica, Trinidad y Tobago, funcionarios de la Oficina regional de la UNESCO, constituyen el núcleo del proyecto. En los diferentes países donde se celebra la Muestra, la organización es descentralizada y son realizadores o gestores locales quienes se ocupan de llevar a buen término la iniciativa. Este es un elemento democratizador nada despreciable en este tipo de eventos. Además, como resultado tangible de las muestras, una Videoteca del Caribe, localizada en La Habana y en Kingston, será creada. Conferencias, encuentros con los realizadores y otras muchas actividades se irán incorporando a la itinerancia cinematográfica caribeña.

Finalmente, vale la pena destacar que “caribeño” hoy en día, es un concepto que desborda los límites geográficos del Caribe propiamente tal. Las diásporas caribeñas en el resto de las Américas ya están vinculandose a la Muestra, de hecho uno de sus fundadores: el realizador y escritor haitiano-canadiense Frantz Voltaire, es la voz de esa visión desplazada, pero no desenraizada.

El pequeño bote, ó quizás mejor, en “terminología naval caribeña”: la frágil balsa ha sido lanzada al agua. El brindis no fue con champaña, quizás ni siquiera con los mejores rones de sus fundadores: El Appleton State jamaicano y el Havana Club cubano, (generalmente ambos para la exportación), pero aún si fue acompañado con un simple aguardiente de caña, esta iniciativa merece apoyo y seguimiento, pues todos los esfuerzos por intercambiar entre caribeños, (pueblos cercanos, pero cada vez menos vinculados), será positivo, necesario, vital, para la sobrevivencia de una cultura común o quizás de una civilización mediterranea (nuestro Mediterraneo americano), en crisis.


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