Publié par : lettresdemontreal | 11 novembre 2008

Merci Jacques !

artjacquesdeshaies

Il y a quelques semaines j’ai écris une note sur l’œuvre de Jacques Deshaies, le père de ma « douce moitié », lui d’ailleurs peintre montréalais, d’une œuvre reconnue qui a traité de différents sujets, en particulier celui du génome humain. Dans ce texte je faisais référence à ce que m’avait dit Jacques, en visitant cette année la grande exposition d’art cubain au Musée des Beaux Arts de Montréal: « Je suis allée de la peinture sur l’ADN, à la peinture sur la peinture et à l’écriture sur la peinture ». Un chemin d’introspection et de recherche qui l’a fait repasser toutes les écoles, tous les styles et se décider finalement pour la déconstruction et le minimalisme, en absence de couleur, comme méthode de reflet d’un monde d’idées ou de sentiments qui résident dans les visages qu’il a choisit de peindre.

Samedi dernier nous l’avons reçu à la maison et dans son ballot il nous a apporté une véritable surprise. Entre certaines autres images de la série qu’il a appelée « soul portraits », il y avait celles de mes deux fils : José Raúl et Raúl Miguel, en plus de celle de Natasha et la mienne.

Ma première réaction a naturellement été celle du remerciement. C’est un grand honneur dans ce monde que d’avoir un privilège pareil, et en plus qu’il t’arrive par la voie familiale. Pour moi qui ai étudié l’histoire et un peu d’histoire de l’art, c’est comme me sentir près de ceux qui ont connu et qui ont été reflétés dans l’œuvre d’hommes comme Magritte, Picasso, Munch ou Dix, pour mettre des exemples de ma prédilection. J’ai ensuite continué à réfléchir et mon admiration continue à augmenter, mon respect pour l’œuvre de cet homme, qui s’entête à « démonter » nos composants spirituels les plus secrets, grandit et se justifie, croît comme des branches d’un arbre sain et se retrouve de mieux en mieux fondé.

Voir mon fils ainé déconstruit, m’a permis de constater comment son « soul mother’s background » est décelable, visible, même palpable. Il y a en José Raúl une surprise légèrement ingénue devant la vie, qui constitue son plus grand et meilleur héritage maternel. Jacques, par ces voies mystérieuses de l’art a su « la disséquer », pas pour « la mettre en formol » la classer et la montrer, mais pour qu’en la regardant « elle nous brûle », pour que l’on s’imprègne de cette image dans la rétine, comme si l’on regardait l’astre roi.

A mon fils cadet une tendresse dans son regard, que Jacques a aussi su me montrer dans une sorte de « slow motion » émotionnel. Être père de deux garçons m’a toujours obligé à ne pas faire de différences entre les deux. Cubains que nous sommes, pour un fils nous voulons toujours qu’ils s’élèvent dans la vie comme des pins vigoureux et hauts, rugueux d’écorce, au parfum fort et défini, et avec de nombreuses et profondes racines. Jacques m’a fait voir dans ses portraits les détails des âmes en construction, les jeunes vies non exemptes de souffrance et de doute.

Jacques a fait aussi un portrait de sa fille, (c’est n’est pas le premier) qui m’a rappelé une chanteuse de soul afro-américaine. Le regard hautain et doux, l’auréole de vigueur et une certaine fragilité, sa générosité et la férocité d’une ourse du Nord, capable de tuer pour défendre ses oursons, tout cela cette image le transmet et me produit un impact fort qu’un père soit capable d’une telle profondeur à l’heure de peindre sa fille.

Le troisième portrait que Jacques a fait de moi, il l’a fait d’un Raúl qui n’existe plus. Un Raúl que quand la photo avec laquelle ce peintre québécois a travaillé, fût prise, je me retrouvais face à des dilemmes existentiels du type « poids super lourds ». Le regard que dissimulait cette image Jacques l’a dévoilé dans ce portrait. Le sentiment d’exaspération et de tensions portées à la limite, est exposé avec une nudité qui ne me hante plus aujourd’hui, parce que les graves décisions ont été déjà prises et parce que le destin a voulu que la chance m’ait été souriante. À mes 43 ans, certainement ça a été une longue attente, mais elle a valu la peine.

Merci Jacques ! C‘est la seule chose que je peux te dire aujourd’hui. Demain sera peut-être mieux, inch’allah à la hauteur de ton œuvre.

Mais ce qui me semble clair déjà est que tu m’as fait mieux comprendre l’âme de ce peuple qui se donne le nom de Québec.

¡Gracias Jacques!

Hace unas semanas escribí una nota sobre la obra de Jacques Deshaies, el padre de mi “media naranja”, pintor montrealense para más señas, de une reconocida obra que ha versado sobre diferentes temas, en particular el del genóma humano. Allí hacía referencia a lo que me había dicho Jacques, visitando la exposición de arte cubano en el Museo de Bellas Artes de Montréal este año: “Yo he ido de la pintura sobre el DNA, a la pintura sobre la pintura y a la escritura sobre la pintura”. Un camino de introspección e investigación que le ha hecho repasar todas las escuelas, todos los estilos y decidirse por la deconstrucción y el minimalismo, junto a la ausencia de color, como método de reflejo de un mundo de ideas o sentimientos que residen en los rostros de quienes escoge retratar.

El sábado pasado lo recibimos en casa y en su fardo nos trajo una verdadera sorpresa. Entre muchos otros retratos de esa serie que él ha llamado “soul portraits”, estaban los de mis dos hijos: José Raúl y Raúl Miguel, amén del de Natasha y mío.

Mi primera reacción naturalmente fue de agradecimiento, es un honor demasiado grande en este mundo tener un privilegio que te llega además por la vía familiar. Para mí que he estudiado historia y algo de historia del arte, es como sentirme cerca de quienes conocieron y se vieron reflejados en la obra de hombres como Magritte, Picasso, Munch o Dix, por poner ejemplos de mi predilección. Luego he seguido reflexionando y mi admiración sigue en aumento, mi respeto por la obra de este hombre, que se empecina en “desmontar” nuestros más reconditos componentes espirituales, crece y se justifica, se ramifica y se fundamenta.

Ver a mi hijo mayor deconstruído, me ha permitido constatar cómo su “mother’s soul background” es detectable, visible, hasta palpable. Hay en José Raúl una sorpresa algo ingenua ante la vida, que constituye su mayor y mejor herencia materna. Jacques, por esas misteriosas vías del arte ha sabido “disecarla”, no para “meterla en formol”, clasificarla y mostrarla, sino para que al mirarla “queme”, para que se impregne esa imagen en la retina, como si mirasemos al astro rey.

Tiene mi hijo menor una ternura en su mirada, que también Jacques ha sabido mostrarme en una suerte de “slow motion” emocional. Ser padre de dos hijos varones me siempre obligado a no hacer diferencias entre ambos, cubanos somos y para un hijo queremos siempre que se erijan en la vida como vigorosos y altos pinos, asperos de corteza, de fragancia fuerte y definida, de raíces numerosas y afincadas. Jacques me hace ver en sus retratos los detalles, las almas en construcción, las vidas jóvenes no exentas de sufrimientos y dudas.

Jacques ha hecho un retrato de su hija, (no es el primero) que me ha recordado a una cantante de soul afroamericano. La mirada altanera y suave, la aureola de vigor y una cierta fragilidad, su desprendimiento y la fiereza de la osa del Norte que es capaz de matar por sus cachorros, todo eso lo trasmite ese retrato y por ello me impacta que un padre sea tan profundo a la hora de retratar a una hija.

Mi tercer retrato que hace Jacques lo ha hecho de un Raúl que ya no existe, uno que cuando se tomó la foto en que se inspiró este pintor quebequense, se encontraba sometido a dilemas existenciales del tipo “pesos superpesados”. La mirada que escondía esa imagen Jacques la ha develado en su retrato. El sentimiento de exasperación y tensión llevadas al límite, está ahí, expuesto con una desnudez que ya hoy no me averguenza, porque las decisiones graves han sido tomadas y porque el destino quizo que la suerte me sonriera, a mis 43 años, algo larga fue la espera, pero valió la pena.

¡Gracias Jacques!, es lo único que puedo decirte hoy. Mañana será quizás algo mejor, ojalá a la altura de tu obra.

Lo que me queda claro desde hoy es que me has hecho comprender mejor el alma de este pueblo que se da el nombre de Québec.


Responses

  1. Merci Ruly!😉


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