Publié par : lettresdemontreal | 20 novembre 2008

Les peuples des Antilles contre la « géopolitique du divorce » I

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Historique des liens culturels hispanophones et francophones dans les Antilles, une façon spontanée de contrer le divorce régional postindépendance.

Par Raúl Ernesto Colón Rodríguez, conférence à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, salle Gérard-Martin, mardi 18 novembre 2008 à 19 h.

Aperçu

Comme le suggère le titre, cette conférence portera sur l’histoire toujours ardue des peuples des Antilles dans la construction de leurs identités culturelles et nationales. Plus particulièrement sur les liens culturels et historiques entre les peuples hispanophones et francophones des Antilles, notamment de Cuba (la plus grande île antillaise et en même temps la nation hispanophone la plus nombreuse parmi des îles caribéennes), avec ses frères francophones d’Haïti, de la Guadeloupe et de la Martinique. Ma thèse est que les liens culturels entre ces peuples ont permis de contrer la « géopolitique du divorce » qui a prévalu du côté des grandes puissances qui ont exercé et qui exercent toujours leur hégémonie dans la région, depuis les indépendances du XIXème et XXème siècles. Cette « politique du divorce » a aussi été renforcée par les gouvernements des îles de différentes tendances politiques et pour des raisons diverses. Les chemins pour continuer à contrer ce « divorce », les caribéens les ont toujours trouvés. Aujourd’hui le rôle des intellectuels caribéens des diasporas doit être plus actif que jamais, devant le chaos généralisé dans nos pays d’origines, dont découle une émigration croissante vers les pays du Nord.

Introduction

L’Amérique fut « découverte » dans les Antilles pour l’Europe et pour le reste du monde, par des hommes en provenance de la Méditerranée. Le nom des Antilles serait dérivé d’Antillia une île fantôme située à l’ouest de l’Espagne.

Le 28 octobre, Colomb arrive donc à Cuba. Les Tainos[1] l’appelaient Cuba ou Cubanacán, signifiant « place centrale ou agreste ». Colomb aurait aussi appelé l’île de Cuba « Juana » en l’honneur de la fille des rois catholiques d’Espagne. Quelques années après la mort de l’Amiral, le 28 février 1525 le Roi Fernando d’Espagne change le nom de Juana, par celui de Fernandina. En vain, car Cuba est bel et bien le nom gardé jusqu’à nos jours.

Les Antilles à la fin du XVème début du XVIIIème siècle. Les « siècles » de la piraterie.

Les Antilles furent d’abord toutes espagnoles, mais très tôt les autres puissances européennes vont « s’intéresser » à ces nouvelles terres découvertes, notamment à partir de la grande défaite de l’Armada espagnole[2] devant les côtes de l’Angleterre. Les marins anglais, français, hollandais sont maintenant partout où avant n’allaient que les espagnols et les portugais. La grande époque de la piraterie dans les Caraïbes commence aux alentours de 1560 et s’étend jusqu’au début du XVIIIème siècle, mais c’est entre 1640 et 1680 que la piraterie dans les Caraïbes atteint son point culminant. La célèbre île de la Tortue devient la « capitale » des flibustiers.

Ce sont des corsaires français qui au XVIème siècle ont précédé et ouvert la voie aux pirates. La France est le premier pays à envoyer des corsaires pour contrer l’Espagne. Fleury et Leclerc étaient redoutés des Espagnols: en 1522, Fleury arraisonne le convoi rempli d’or que Cortez envoyait en Espagne. Ces français, étaient munis de lettres de course du roi et soutenus par des armateurs, comme le Dieppois Jean Ango.

François Le Clerc, dit Pepleg ou encore Jambe de bois, prend Santiago de Cuba, et la ruine si complètement que les Espagnols transfèrent la direction de Cuba à La Havane.

C’est aussi un corsaire français protestant de Normandie : Jacques de Sores, qui va mettre en péril pour la première fois, la domination espagnole sur Cuba, mais laissons Nicolas Guillén, le poète national cubain du XXème siècle nous raconter l’histoire :

« …la meilleure opération obtenue dans ce domaine a été celle de Jacques de Sores, un marin très familiarisé avec la Mer des Antilles, dont ses voyages le portèrent au Brésil, en Floride et au Canada, pour visiter d’importantes colonies de huguenots établies dans de tels sites. En 1554, de Sores prit Santiago de Cuba, où il demeura un mois. L’année suivante, avec les chaleurs de juillet, il se présenta devant La Havane, qui était déjà la capitale de l’Île, mais presque sans défense. Jacques de Sores débarqua dans un lieu proche de la Ville – dans un hameau – et, à la tête de deux cent hommes, il s’appropria de La Havane ».

Durant un mois Jacques de Sores a pillé la ville, à la recherche d’or tout en tuant des Espagnols et des esclaves noirs. Finalement, comme « pot d’adieu » il a incendié le port.

Drake, ancien trafiquant d’esclaves, devient un capitaine de bateaux à 22 ans, se succéderont alors des excursions de pillage dans les Antilles, en Floride, en Californie et sur la côte pacifique de l’Amérique du Sud. Ailleurs aussi, tout particulièrement dans les Îles Canaries et au Cap Vert.

La guerre de Trente Ans (1618-1648), fait que la présence espagnole dans les Caraïbes se fait de moins en moins forte. La traite négrière se renforce avec pour conséquence la dépendance des colonies espagnoles du travail des esclaves africains. En plus l’Espagne se voit obligée d’affaiblir sa présence militaire dans la région pour remplir ses besoins en Europe. C’est le moment ou d’autres pays commencèrent à établir des colonies sur les territoires laissés pour compte par l’Espagne.


[1] Les Taïnos, ou Tainos, est une ethnie amérindienne d’appartenance linguistique de la famille des peuples Arawaks. Les Taïnos qui occupaient les grandes Antilles lors de l’arrivée des Européens au XVe siècle avaient aussi dans leur symbolique et mythologie des éléments des cultures Mayas du Yucatan. Malgré leur quasi-disparition au XVIe siècle, dans les Antilles, la toponymie amérindienne est encore très présente. N. de l’Auteur.

[2] Le 8 août 1588. N. de l’Auteur.

À suivre…

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1643

Los pueblos de las Antillas contra la « geopolítica del divorcio« 

Cronología de los vínculos culturales de los pueblos hispanoparlantes y francófonos en las Antillas: una manera espontánea de resistir al divorcio regional postindependencias.

Por Raúl Ernesto Colón Rodríguez, conferencia en la Biblioteca GabrielleRoy, sala Gérard Martin, el martes 18 de noviembre de 2008 a las 19:00.

Reseña

Como lo sugiere el título, esta conferencia se refiere a la historia siempre difícil de los pueblos de las Antillas en la construcción de sus identidades culturales y nacionales. Más concretamente se trata de los vínculos culturales e históricos entre pueblos hispanoparlantes y francófonos de las Antillas, en particular, de Cuba (la más grande isla antillana y al mismo tiempo la nación hispanoparlante más numerosa entre las islas caribeñas), con sus hermanos francófonos de Haití. Mi tesis es que los vínculos culturales entre estos pueblos permitieron ofrecer resistencia a la “geopolítica del divorcioque ha prevalecido desde las independencias de los siglos XIX y XX, de parte de las grandes potencias que han ejercido y ejercen hasta hoy su hegemonía en la región. Los Gobiernos de las islas, de tendencias políticas diversas y por distintas razones han reforzado también esta “política del divorcio. Los caminos para seguir contradiciendo el mismo, los caribeños siempre los han sabido encontrar. Hoy el papel de los intelectuales caribeños de las diásporas debe ser más activo que nunca, ante el caos generalizado en nuestros países de orígen, de los cuales se genera una emigración creciente hacia los países del Norte.

Introducción

América fue “descubierta” en las Antillas para Europa y para el resto del mundo por hombres procedentes del Mediterráneo. El nombre de las Antillas se derivaría de Antillia una isla legendaria situada al oeste de España.

El 28 de octubre, Colón llega pues a Cuba. Los Tainos [1] la llamaban Cuba o Cubanacán, lo cual significaba “lugar central o agreste”. Colón también llamaría Juana” a la isla de Cuba, en honor de la infanta de los reyes católicos de España. Algunos años después de la muerte del Almirante, el 28 de febrero de 1525 el Rey Fernando de España cambia el nombre de Juana, por el de Fernandina. En vano, ya que Cuba ha sido y será el nombre conservado hasta nuestros días.

Las Antillas a finales del siglo XV y principios del XVIII. “Siglos de la piratería.

Las Antillas fueron primero sólo españolas, pero muy pronto las demás potencias europeas van a interesarse por estas nuevas tierras descubiertas, en particular, a partir de la gran derrota del Armada española [2] ante las costas de Inglaterra. Los marinos ingleses, franceses y holandeses estarían a partir de entonces por todas partes donde antes de sólo prevalecían españoles y portugueses. El gran tiempo de la piratería en el Caribe comienza en los alrededores de 1560 y se extiende hasta principios del siglo XVIII, pero es entre 1640 y 1680 que la piratería en el Caribe alcanza su apogeo. La famosa isla de la Tortuga se convierte en la “capital de los flibusteros.

Fueron corsarios franceses quienes en el siglo XVI precedieron y abrieron la vía a los piratas. Francia es el primer país que envia corsarios para combatir a España. Fleury y Leclerc fueron de los más osados y temidos por los Españoles: en 1522, Fleury arrasa con el convoy cargado de oro que Cortes enviaba a España. Estos franceses, eran autorizados por cartas de corso del rey y respaldados por armadores como Jean Ango, de Dieppe.

François Le Clerc, más conocido como Pepleg o también como “Pata da palo”, toma Santiago de Cuba, y lo arruina completamente, provocando que los españoles trasladen la capital de Cuba a La Habana.

Es también un corsario francés protestante de Normandía: Jacques de Sores, quien va a poner en peligro por primera vez, la soberanía española sobre Cuba, pero dejemos a Nicolas Guillén, el poeta nacional cubano del siglo XX contarnos la historia:

…la mejor operación lograda en este dominio fue la de Jacques de Sores, un marino bien familiarizado con el Mar de las Antillas y cuyos viajes le llevaron a Brasil, a la Florida y al Canada, para visitar importantes colonias de hugonotes establecidas en tales sitios. En 1554, de Sores toma Santiago de Cuba, donde se queda por un mes. Al año siguiente, con los calores del mes de julio, se presenta ante la Habana, que era ya la capital de la isla, pero casi desprovista de defensas. Jacques de Sores desembarca en un lugar cercano de la villa – en un caserío – y a la cabeza de doscientos hombres se apropia de La Habana”

Durante un mes Jacques de Sores pilló la ciudad, en busca de oro, matando al mismo tiempo españoles y esclavos negros. Por último, y como “despedida” incendia el puerto.

Drake, antiguo traficante de esclavos, se convierte en capitán de barcos a los 22 años, se sucederán entonces numerosas excursiones de saqueo a las Antillas, a la Florida, a la California y a la costa del Pacífico de Sudamérica. Navegó también a otros lares en busca de botín, especialmente a las Islas Canarias y a Cabo Verde.

La guerra de los Treinta Años (1618-1648), provoca que la presencia española en el Caribe se haga cada vez menos fuerte. La trata negrera se refuerza, trayendo como consecuencia la dependencia de las colonias españolas del trabajo de los esclavos africanos. Además España se ve obligada debilitar su presencia militar en la región para cumplir sus obligaciones militares en Europa. Es el momento donde otros países comienzan a establecer colonias en los territorios dejados por cuenta propia por España.

Continuará


[1] Los Tainos, fueron una etnia amerindia de pertenencia lingüística a la familia de los pueblos Arawaks. Los Tainos que ocupaban Antillas Mayores a la llegada de los Europeos en el siglo XV, tenían también en su simbología y mitología, elementos de las culturas Maya del Yucatan. A pesar de su casi desaparición en el siglo XVI, en las Antillas, la toponimia amerindia continua hoy muy presente. N. del Autor.

[2]El 8 de agosto 1588. N. del Autor.


Responses

  1. Hola Raul,
    Los pueblos del Caribe, en particular los francofonos e hispanofonos, somos pueblos hermanos. La identidad que hemos conformado es comun y se ha ido construyendo con mucho dolor de mucha gente. Es una buena idea el tema que tratas.


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