Publié par : lettresdemontreal | 26 novembre 2008

Les peuples des Antilles contre la « géopolitique du divorce » II

merdescaraibesblaeu1643pirates

Les 13 paradis des frères de la côte, étaient 13 implantations des boucaniers, aux XVIe et XVIIe siècles. L’existence de chacune d’entre elles est attestée par des documents, le plus souvent officiels, en provenance de l’administration espagnole. Il s’agissait d’une communauté où se retrouvent Français, Anglais (souvent d’origine écossaise) et Hollandais.

Sept d’entre elles s’échelonnent du nord au sud, tout le long de la Terre ferme:

1. La baie de Campeche (à l’ouest du Yucatan espagnol);

2. L’île de Roatan (proche de la côte du Honduras);

3. La côte de Belize, qui fait face à Roatan;

4. Les toutes petites Îles de la Providence;

5. La côte des Mosquitos sur la côte de l’actuel Nicaragua;

6. Les îles San Blas, apartenant aujourd’hui à Panama;

7. L’île de Curaçao, entrepôt des trafics hollandais;

Les six autres s’échelonnent le long des grandes îles, en allant du nord-ouest au nord-est:

8. L’Île de la vache, sur la côte sud de Saint-Domingue;

9. L’Île de la Nouvelle-Providence, capitale des corsaires anglophones des Bahamas au début du XVIIIème siècle;

10. Port-Royal de la Jamaïque;

11. L’île de la Tortue, proche de la Côte nord-ouest de Saint-Domingue;

12. Saint-Thomas, petite île à l’extrême est de Porto-Rico;

13. L’île d’Aguilla, située un peu plus loin, au nord-est des petites Îles sous le vent.

L’Angleterre, les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, la France ont concurrencé fortement dans leur expansion coloniale l’Espagne et le Portugal On peut citer deux éléments-clés dans cette expansion dans les Antilles:

1. L’augmentation et la modernisation des forces navales;

2. Le développement financier, avec la création de grandes banques, comme celle d’Amsterdam (1609) et celle de Londres (1694).

Période entre les XVIIème et XVIIIème siècles.

La décadence espagnole et la lutte pour l’hégémonie en Europe caractérisent le XVIIème siècle en Europe. En France, on suit le modèle politique de l’absolutisme et sur le continent l’axe de l’économie se déplace de la Méditerranée à l’Atlantique, tout particulièrement vers les nouvelles puissances coloniales : l’Angleterre et les Pays-Bas.

L’Espagne et le Portugal, malgré tout : principales puissances coloniales du XVIIème siècle sur le continent américain, consolident leurs positions dans les grandes Antilles et en Amérique du Sud face à la pénétration des Anglais, des Français et des Néerlandais, surtout en Amérique du Nord et aux Antilles.

Le coût énorme des flottes coloniales et des guerres européennes pour les économies métropolitaines ibériques ainsi que le frein idéologique et légal de l’église catholique et des monarchies absolues vis-à-vis des tendances capitalistes dans ces pays, ne fera que contribuer à leur progressive perte d’influence et de pouvoir réel dans les affaires européennes et mondiales.

Les échanges démographiques et culturels entre Saint-Domingue/Haïti/Cuba et entre Louisiane/Cuba aux XVIIIème, XIXème et XXème siècles.

Le 17 août 1791, une révolte des esclaves éclate à Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti et République Dominicaine), il s’agit bien de la Révolution haïtienne. Cuba fût alors une destination privilégiée des propriétaires fonciers français et de leurs esclaves domestiques qui fuyaient cette Révolution. Leur établissement dans les zones des montagnes de l’Est de Cuba, mais aussi dans le Centre el l’Ouest de l’île, va entrainer une nouvelle vague de développement économique dans la majeure des Antilles. Le café et le cacao deviennent des produits d’exportation aussi importants que l’étaient déjà depuis des siècles le tabac et le sucre.

En 1804, la France cède la Louisiane aux États-Unis. Aujourd’hui si l’on fait une recherche sur Google, ce qui uni le plus Cuba et la Louisiane sont les ouragans. Habituellement une fois partis de Cuba, ceux-ci prennent la direction de la Nouvelle-Orléans. « Katrina » en est le souvenir le plus horrifiant. Mais aux XVIIIème et XIXème siècles, et même jusqu’à la première moitié du XXème s’étaient les échanges commerciaux et de la population qui apparaissaient dans les grands titres de la presse de l’époque.

Le taux de progression démographique de Cuba en 1804 est de 0,57%[1]. Entre 1787 et 1841, un processus ininterrompu de croissance de la population de Cuba s’initie. Pendant ce laps de temps, l’île augmente de presque six fois sa population, le chiffre de 176 167 habitants en 1787 passe à 1 007 624 habitants en 1841. Seulement entre 1790 et 1808 : 30 000 individus immigrent à Cuba.

Bien évidement en plus des immigrants en provenance de Saint-Domingue et de la Louisiane, nombreux furent ceux en provenance des colonies espagnoles de l’Amérique du Sud, expatriés après les indépendances sud-américaines (1808-1829). Mais le secteur de la population qui augmente le plus vite est celui des esclaves en provenance d’Afrique. Ce furent des années d’une grande prospérité économique pour l’île et la traite négrière était alors à son apogée.

Nous devons également rappeler le fait que lors du « Grand Dérangement » un bon nombre d’acadiens émigreront à Saint-Domingue et en Louisiane à partir de 1763. On peut donc supposer, qu’un bon nombre des colons français qui sont arrivés à Cuba à partir de 1791, année de la grande révolte de Saint-Domingue, et à partir de 1804 en provenance de la Louisiane, étaient des acadiens. Des hommes et des femmes qui étaient en quelque sorte des « experts » des exils forcés.

Le XIXème siècle antillais

Au XIXème siècle, les Antilles vécurent l’émancipation des esclaves inaugurée à Saint-Domingue en 1793. Les conditions de vie des esclaves d’origine africaine et des populations immigrantes d’origine européenne, amérindienne (des territoires continentaux) ou asiatiques face aux contraintes d’une exploitation de monoculture sucrière, cafetière ou du tabac, intensifié par les besoins en hausse du marché européen et mondial, vont se mélanger aux paradoxes d’un nouveau processus colonial. La promulgation des décrets d’abolition de l’esclavage ne met pas un terme à un système socio-économique trop vite considéré comme déchu. Les Caraïbes sont aujourd’hui la partie du monde d’où l’on émigre le plus. C’est bien sûr au XIXème siècle, dans le contexte de la destruction du système esclavagiste qu’il convient de chercher les racines de cette exceptionnelle faillite sociale.


[1] Cuba, entre la pobreza y la opulencia. Ismael Sarmiento

_______________________________________________________________________

300px-san_domingo

Los pueblos de las Antillas contra la « geopolítica del divorcio«  II

Los 13 paraísos de los hermanos de la costa, eran 13 refugios de boucaneros, durante los siglos XVI y XVII. La existencia de cada uno de ellos ha sido certificada por documentos, generalmente oficiales, procedentes de la administración española. Se trataba de una comunidad donde se convivian franceses, ingleses (a menudo de origen escocés) y holandeses.

Siete de ellos se escalonan de norte a sur, a lo largo de la Tierra firme:

1. La bahía de Campeche (al oeste del Yucatan español);

2. La isla de Roatan (cerca de la costa de Honduras);

3. La costa de Belice, que queda frente Roatan;

4. Las pequeñas Islas de la Providencia;

5. La costa de la Mosquitia en la costa de la actual Nicaragua;

6. Las islas de San Blas, que pertenecen hoy a Panamá;

7. La isla de Curaçao, almacén del contrabando holandés

Los seis otros se escalonan a lo largo de las grandes islas, yendo del noroeste al noreste:

8. La Isla de la Vaca, en la costa meridional de Haiti;

9. La Isla de Nueva-Providencia, capital de las corsarios anglófonos de Bahamas a principios del siglo XVIII;

10. Puerto-Real de Jamaica;

11. La isla de la Tortuga, cerca de la Costa noroeste de Haiti;

12. Santo-Thomas, pequeña isla al extremo este de Puerto Rico;

13. La isla de Aguila, situada un poco más lejos, al noreste de las pequeñas Islas de Barlovento.

Inglaterra, los Países Bajos y, en una menor medida, Francia compitieron enconadamente en su extensión colonial a España y Portugal. Se pueden citar dos elementos clave de esta extensión en las Antillas:

1. El aumento y la modernización de las fuerzas navales;

2. El desarrollo financiero, con la creación de grandes bancos, como el de Amsterdam (1609) y el de Londres (1694).

Período entre el XVII ème y XVIII siglos.

La decadencia española y la lucha por la hegemonía en Europa caracterizan al siglo XVII en Europa. En Francia, se sigue el modelo político del absolutismo y en el continente el eje de la economía se desplaza del Mediterráneo al Atlántico, muy especialmente hacia las nuevas potencias coloniales: Inglaterra y los Países Bajos.

España y Portugal, a pesar de todo: principales potencias coloniales del siglo XVII en el continente americano, consolidan sus posiciones en las Antillas mayores y en Sudamérica ante la penetración de los ingleses, de los franceses y neerlandeses, sobre todo en Norteamérica y las Antillas menores.

El enorme costo de las flotas coloniales y las guerras europeas para las economías metropolitanas ibéricas así como el freno ideológico y legal de la Iglesia Católica y las monarquías absolutas frente a las tendencias capitalistas en estos países, no hará sino contribuir a su progresiva pérdida de influencia y poder real en los asuntos europeos y mundiales.

Los intercambios demográficos y culturales entre Santo Domingo-Haití/ Cuba y entre Luisiana/Cuba en los siglos XVIII, XIX y XX.

El 17 de agosto de 1791, una rebelión de los esclavos estalla en Santo Domingo (hoy Haití y República Dominicana), se trata efectivamente de la Revolución haitiana. Cuba se convierte entonces en destino privilegiado de los propietarios franceses de plantaciones y de sus esclavos domésticos que huían de esta Revolución. Su establecimiento en las zonas de las montañas del Este de Cuba, y también en el Centro y el Oeste de la isla, va a conllevar una nueva ola de desarrollo económico en la principal de las Antillas. El café y el cacao se convierten en productos de exportación tan importantes como ya lo eran desde siglos previos el tabaco y el azúcar.

En 1804, Francia cede la Luisiana a los Estados Unidos. Hoy si se hace una investigación en el buscador Google, lo que más une a Cuba y a la Luisiana son los huracanes. Generalmente una vez que salen de Cuba, toman la dirección de Nueva Orleans.
« Katrina » es el recuerdo más horripilante de uno de ellos. Pero en los siglos XVIII y XIX, e incluso hasta la primera mitad del siglo XX, los intercambios comerciales y de población eran los que aparecían en los grandes titulares de la prensa de esas épocas.

El porcentaje de progresión demográfica de Cuba en 1804 es del 0,57%[1]. Entre 1787 y 1841, se inicia un proceso ininterrumpido de crecimiento de la población de Cuba. Durante este lapso de tiempo, la isla aumenta en casi seis veces su población, la cifra de 176 167 habitantes en 1787 pasa a 1.007.624 habitantes en 1841. Solamente entre 1790 y 1808: 30 000 individuos emigran a Cuba.

Evidentemente además de los inmigrantes procedentes de Santo Domingo y la Luisiana, numerosos fueron los procedentes de las colonias españolas de Sudamérica, exiliados en Cuba después de las independencias sudamericanas (1808-1829). Pero el sector de la población que aumenta más rápidamente es el de los esclavos procedentes de África. Fueron años de una gran prosperidad económica para la isla y la trata negrera estaba entonces en su apogeo.

Debemos también recordar el hecho de que durante la « Gran Perturbación » un buen número de acadienses emigran a Santo Domingo y Luisiana a partir de 1763. Se puede pues suponer, que un buen número de los colonos franceses que partieron para Cuba a partir de 1791, año de la gran rebelión de Santo Domingo, y a partir de 1804 procedentes de la Luisiana, eran acadienses. Hombres y mujeres que eran hasta cierto punto « expertos » en exilios forzados.

El siglo XIX antillano

Durante el siglo XIX, las Antillas experimentan la emancipación de los esclavos protagonizada en 1793, en Santo Domingo. Las condiciones de vida de los esclavos de origen africano y de las poblaciones inmigrantes de origen europeo, amerindio (de los territorios continentales) o asiáticas ante las dificultades de una explotación de monocultivo azucarera, cafetalera o del tabaco, intensificado por las necesidades en alza del mercado europeo y mundial, van a mezclarse a las paradojas de un nuevo proceso colonial.

La promulgación de los decretos de abolición de la esclavitud no pone un término a un sistema socioeconómico que había sido considerado abolido demasiado deprisa. Mucho de ese pasado colonial se conserva. El Caribe es la zona del mundo hoy de donde se emigra más y es por supuesto en el siglo XIX, en el contexto de la destrucción del sistema esclavista que conviene buscar las raíces de este excepcional fracaso social.


[1]Cuba, entre la pobreza y la opulencia. Ismael Sarmiento


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :