Publié par : lettresdemontreal | 19 janvier 2009

La génération X au pouvoir

Portrait mosaique de Barack Obama fait par Charis Tsevis

« Il n’est pas de sauveurs suprêmes :
Ni Dieu, ni césar, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun ! »


Mardi prochain Obama, né en 1961, sera le 44e Président des États-Unis. Avec lui arrive au pouvoir du pays le plus puissant de la planète, la génération à laquelle j’appartiens, la « X ». Obama représente les espoirs et l’urgence d’un changement planétaire, que des millions d’êtres humains souhaitent depuis beaucoup trop de temps déjà.

Quelqu’un dira que déjà en Russie, sans doute un grand et important pays dans le concert des nations, son actuel président : Dimitri Medvedev, né en 1965, était déjà arrivé au pouvoir au mois de mai 2008 et c’est vrai. Mais Medvedev, bien que né dans le cadre chronologique de la génération « X », est plutôt un homme du XXème siècle, son arrivée au pouvoir étant entourée de circonstances qui sont propres à l’histoire russe, mais qui rappellent également d’autres nombreuses « successions » politiques du dernier siècle. Medvedev est un technocrate qui a profité du « coup d’épaule » politique d’un homme fort. Cela ne veut pas dire qu’il le restera nécessairement toute sa vie, de lui dépend son propre sort comme président. Son parrain, lui y est arrivé au pouvoir aussi par la même « voie ». Le point est que pour Medvedev son empreinte historique sera toujours marquée par cette origine.

Quelques sociologues et aussi la revue Time, nous ont appelé une génération passive, paresseuse, toutefois et bien qu’il soit certain que « nous n’avons pas changé le monde » au moment générationnel qui « traditionnellement » on considère le mieux approprié pour cela : les années de la « tendre jeunesse », ma génération a été très active dans la vie économique, culturelle, scientifique, technique et commerciale planétaire. Nous de la « X » avons le contrôle des infrastructures de fonctionnement des sociétés contemporaines. Nous, la « X » avons dû ouvrir notre chemin dans un monde bien contrôlé par les états, ces organismes supra-humains qui acquièrent un pouvoir exorbitant depuis la fin de la IIème guerre mondiale. La « X » nous avons dû nous adapter, « être disciplinés », muter, accepter, lutter, différer, protester, nous résigner ou abandonner tout et nous chercher un destin dans un monde où la concurrence est féroce, non seulement par le nombre, mais surtout par l’aggravation exponentielle de toutes les contradictions.

La « X » nous avons eu une enfance heureuse un peu partout, exception faite des pays latino-américains, quelques asiatiques et d’autres africains, où commençaient les sanglantes dictatures militaires. Nous avons été des enfants et des adolescents qui avons joui d’une certaine paix, d’un certain bien-être et surtout d’éducation assez bonne. Tout ceci a commencé ensuite à se détériorer, en particulier après que le mur de Berlin tombât et que pendant les années 90 les sociétés du bien-être, capitalistes ou « socialistes », donnèrent lieu aux sociétés néolibérales, celles-ci qui voient d’ailleurs aujourd’hui arriver leur heure finale.

La « X », nous avons travaillé tout ce temps à faire avancer du point de vue technique et technologique, mais aussi d’un point de vue « idiosyncratique » un monde qui dépend chaque jour de plus en plus des solutions intelligentes et non de la force brute ou de la consommation illimitée des ressources naturelles. Nous avons « fabriqué » un monde, où les vieux politiciens ou les « nouveaux » vieux politiciens, qui font leur jeu, n’auront pas trop à apporter, sauf « se reconvertir ».

Un Aznar en Espagne a été déplacé du pouvoir, pour avoir voulu manipuler un pays qui a communiqué par SMS et qui est sorti dans les rues pour protester. Les « X » nous avons été évidemment là pour faire changer les choses et ce fût un « X » qui est arrivée au pouvoir : José Luis Rodriguez Zapatero, né en 1960, qui d’ailleurs fait ce qu’il peut dans un pays avec un héritage bien complexe. L’Espagne a la chance d’appartenir à l’Europe unie et c’est celle-ci qui « neutralise », dans une non négligeable mesure, ses pulsions rétrogrades. L’Espagne hérite dans le vieux continent une situation semblable à celle dont a aussi hérité le Chili dans Notre Amérique : un poids lourd d’antagonismes et de divisions sociales irréconciliables, un progrès économique bien nuancé de différences sociales qui s’aggravent au lieu de s’atténuer. Mais l’Espagne contrairement au Chili a l’Union européenne, le Chili devra encore naviguer dans les eaux troubles d’une union latino-américaine qui a beaucoup de « pères » et peu de parrains.

Un Castro à Cuba, dont la crédibilité et le prestige continuent d’être en chute libre pour vouloir rester « encapsulé » (et avec lui tout un peuple de 11 millions d’habitants) dans la bulle historique de la guerre froide. Des vieux dissidents cependant, presque toujours victimes des exactions du gouvernement pendant les années 60 et 70 résistent. Les « X », qui avons nous aussi eu notre récolte de « coups sur la tête » et pas mal de « ruades d’âne », quand on a voulu croire que la Perestroika était également pour tous, nous aussi on résiste. Même les « Y » qui ont vécu toutes les déceptions possibles, ainsi que beaucoup d’autres dignes gens résistent. Ils échangent des courriels, ils font fonctionner « radio bemba » (radio-commérage), ils publient des blogs, ou ils publient dans des sites alternatifs qui permettent une libre publication ; ils débattent, ils proposent des alternatives, on interroge le passé et le présent, ils essayent de rêver avec un futur de changement, de rénovation et de prospérité pour le projet de nation qui n’a pas été, qui s’est étanché et qui ne arrive pas à sortir du point mort.

Même un Chávez, qui a représenté pour beaucoup de gens en Amérique latine, mais en particulier pour la génération « X » (à laquelle il n’appartient pas) un certain espoir de rénovation et de dignification de la vie politique et sociale à son Vénézuéla natal et par « osmose » dans le sous-continent, lui aussi tombe dans les mêmes tentations propres aux « présidents » qui l’ont précédé, celle de vouloir s’éterniser dans la chaise du pouvoir, celle de se croire « indispensable », pour faire avancer un processus sociopolitique différent de ceux qui l’ont précédés. Il a déjà eu une « rencontre difficile » avec l’opinion et le vote populaire, qui lui a été presque toujours été favorable, mais « il n’y a pas de personne qui apprends grâce au conseil d’autrui », ni « homme qui ne se heurte pas deux fois à la même pierre ».

Obama est le symbole de ma génération, de cette génération « X » qui est resté si longtemps dans l’ombre à attendre son moment. De cette génération qui peut commencer à faire la différence, sans se croire indispensable ni irremplaçable, parce qu’elle est-là, la « Y » qui voudra aussi son espace et son protagonisme dans quelques cinq ou dix ans et ensuite les suivantes.

Ce qu’Obama peut offrir au monde est auto-reconnaissance et modération, mais aussi priorité des nécessités humaines et planétaires et effort de solutions solidaires. Plus de prophètes ! Non plus des « illuminés », non plus des salvateurs, comme dit la lettre de cette chanson qu’à Cuba nous avons chanté tant de fois sans nous rendre compte de la véritable signification de ce texte, celui de « l’Internationale ».

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La generación « X » en el poder

“Ni en dioses, reyes ni tribunos,
está el supremo salvador.

Nosotros mismos realicemos

el esfuerzo redentor”.

El próximo martes Obama, nacido en 1961, será el presidente número 44 de los Estados Unidos. Con él llega al poder del país más poderoso del planeta, la generación a la que pertenezco, la « X » Obama representa las esperanzas y la urgencia de un cambio planetario, que millones de seres anhelan desde hace mucho tiempo ya.

Alguien dirá que ya en Rusia, un gran e importante país en el concierto de naciones, su actual presidente: Dimitri Medvédev, nacido en 1965, ya había llegado al poder en mayo del año pasado y es cierto, pero Medvédev aunque forma parte de la generacion “X”, es más bien un hombre del siglo XX, su arribo al poder se da en circunstancias que son propias a la historia rusa, pero que igualmente recuerdan muy bien un sinumero de “sucesiones” políticas del pasado siglo. Medvédev es un tecnocrata que se ha beneficiado del “dedazo” político de un hombre fuerte. Ello no quiere decir que lo sea necesariamente toda su vida, de él depende. Su padrino también llegó por la misma via al poder. El punto es que para Medvédev su impronta histórica estará siempre marcada por ese origen.

Algunos sociólogos e inclusive la revista Time, nos han llamado generación pasiva, perezosa, sin embargo y aunque es cierto que no hemos “cambiado el mundo” en el momento generacional que “tradicionalmente” se considera el apropiado para ello: los aňos de “tierna juventud”, mi generación ha estado muy activa en la vida económica, cultural, científica, técnica y comercial planetaria. Los “X” tenemos el control de las infraestructuras de funcionamiento de las sociedades contemporaneas. Los “X” hemos tenido que abrirnos camino en un mundo bien controlado por los estados, esas entidades suprahumanas que vienen adquiriendo un poder exhorbitante desde finales de la II guerra mundial. Los “X” hemos tenido que adaptarnos, ser “disciplinados”, mutar, aceptar, forcejear, disentir, protestar, resignarnos o abandonarlo todo y buscarnos un destino en un mundo donde la competencia es feroz, no sólo por el numero, sino y sobretodo por la agudización de todas las contradicciones.

Los “X” tuvimos una infancia feliz por doquier, excepto en los paises latinoamericanos, algunos asiaticos y otros africanos, donde comenzaban las sangrientas dictaduras militares. Fuimos niños y adolescentes que disfrutamos de una cierta paz, de un cierto bienestar y sobretodo de una bastante buena educación. Luego todo esto ha venido deteriorandose, en particular desde que en los años 90 se cayera el muro de Berlin y las sociedades de bienestar capitalistas o “socialistas” dieran lugar a las sociedades neoliberales, esas que ven hoy llegar su hora final.

Los “X” hemos estado trabajando todo este tiempo en hacer avanzar tecnica y tecnológicamente, pero también “ideosincraticamente” un mundo que depende cada dia más de soluciones inteligentes y no de la fuerza bruta o el consumo ilimitado de los recursos naturales. Hemos estado “fabricando” un mundo, en que los viejos políticos o “nuevos” viejos políticos, que les hacen el juego, no van a tener mucho que aportar, salvo “reconvertirse”.

Un Aznar en España fue desplazado del poder, por querer manipular un país que se comunicó por SMS y salió a protestar y por supuesto los “X” estuvimos allí para hacer cambiar las cosas y fue un “X” quien llegó al poder: José Luis Rodríguez Zapatero, nacido en 1960, quien por cierto hace lo que puede en un pais con una herencia bien compleja. España tien la suerte de pertenecer a la Europa unida y es esta la que “neutraliza” en gran medida sus pulsiones retrógradas. España hereda en el viejo continente una situación similar a la que Chile en Nuestra America ha también heredado: una carga de antagonismos y divisiones sociales irreconciliables, un progreso económico bien matizado de diferencias sociales que se agravan en lugar de atenuarse, pero España a diferencia de Chile tiene a la Unión europea, Chile deberá navegar aún nen las aguas turbias de una unión latinoamericana que tiene muchos “padres” y pocos padrinos.

Un Castro en Cuba, cuya credibilidad y prestigio van en caída libre por querer quedarse “encapsulado” (y con él arrastra a todo un pueblo de 11 millones de habitantes) en la burbuja historica de la guerra fria. Viejos disidentes no obstante, casi siempre víctimas de atropellos en los 60 y los 70; los “X”, que también tuvimos nuestra cosecha de “cocotazos” y no pocas “coces asnales”, cuando creimos que la Perestroika era para todos por igual y hasta los “Y” que han vivido todas las decepciones posibles, así como mucha otra gente digna resiste, se mandan emails, hacen funcionar a “radio bemba”, publican blogs, o lo hacen en sitios alternativos que permiten publicación libre; debaten, proponen alternativas, se cuestionan el pasado y el presente, intentan soñar con un futuro de cambio, de renovación y prosperidad para el proyecto de nación que no fue, que se ha estancado y que no acaba de salir del punto muerto.

Hasta un Chávez, que representó para mucha gente en America latina, pero en particular para la generación “X” (a la que no pertenece) una cierta esperanza de renovación y de dignificación de la vida política y social en su Venezuela natal y por “osmosis” en el subcontinente, cae en las tentaciones propias a esos “presidentes” que le precedieron, la de querer eternizarse en la silla del poder, la de creerse “indispensable”, para hacer avanzar un proceso socio-político diferente de los anteriores. Ya tuvo un “encontronazo” con la opinión popular, que le ha sido casi siempre tan favorable, pero “no hay quien aprenda por consejo ajeno”, ni “hombre que no choque dos veces con la misma piedra”.

Obama es el símbolo de mi generación, de esa generación “X” que tanto tiempo estuvo en la sombra esperando su momento. De esa generación que puede comenzar a hacer la diferencia, sin creerse indispensable ni irremplazable, porque ahí esta la “Y” que también querrá su espacio y su protagonismo dentro de unos pocos cinco o diez años y luego las subsiguientes.

Lo que Obama puede ofrecer al mundo es autoreconocimiento y moderación, es prioridad de las necesidades humanas y planetarias y esfuerzo de soluciones mancomunadas. No más profetas!, no más “iluminados”, no más salvadores, como dice la letra de esa canción que en Cuba cantamos tantas veces sin darnos cuenta del verdadero significado de su texto: “La Internacional”.


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