Personnalités

Vincent Echavé: un citoyen du monde
Vincent Echavé

 

La personnalité de la communauté cubaine au Québec que vous nous présentons aujourd’hui a un long carnet de routes visités et revisités.

Vincent Echavé est né à Cuba, et vit au Québec depuis très longtemps. Il est médecin, mais aussi un homme engagé, il est membre de Médecins sans frontières et a parcouru le monde pour aider son prochain, comme le demande le serment d’Hippocrate. Il reçut en 2007 le « Grand Prix 2007 décerné par le Collège des médecins du Québec »

Je lui ai demandé de me répondre aux questions suivantes :

Quelle est votre vision des cultures que vous avez connues (je sais que vous aviez visité de nombreux pays comme membre de médecins sans frontières) en tant que cubain et médecin?

Quelle est votre vision de la culture cubaine dans le concert des nations américaines?

Comment voyez-vous votre apport à la médecine canadienne, en particulier par rapport au récent hommage « Grand Prix 2007 décerné par le Collège des médecins du Québec » ?

Un film-documentaire sur votre vie sera présenté sur le réseau TV5 cet automne ; commentez-nous la réalisation de ce matériel et s’il a déjà été ou sera prochainement diffusé. Voici ses réponses :

Cher Raul,

Il me fait plaisir de répondre à vos questions par les commentaires suivants.

Je ne suis pas un expert de la culture cubaine, loin de là, mais je crois à un certain homo cubensis, mélange de soleil, mer bleue, rhum, tabac, musique et sensualité. Je crois à la cubanidad comme expression de notre culture.

Le fait d’avoir quitté mon pays très jeune a fait de moi un citoyen du monde, un vagabond errant, qui est bien partout et nul part. Un être solitaire baigné par la foule. C’est une richesse, sans doute, mais au fond de moi même il y a la tristesse d’avoir vécu loin de ma terre natale et surtout de ma ville mythique : La Habana.

Donc j’ai un regard de l’extérieur, dont la subjectivité est sans doute toujours présente. Mes voyages à travers le monde ont confirmé en moi le sentiment que toutes les cultures, se valent, car sont le reflet d’un peuple. Partout l’être humain a les mêmes angoisses métaphysiques, partout se pose-t-il les mêmes questions sur la vie et la mort, et essaye de répondre en s’appuyant sur des valeurs qui découlent de son origine, expérience personnelle, croyance religieuse, éducation…

Partout j’ai côtoyé la joie et la tristesse, l’amertume et l’espoir. Je suis frappé par la capacité de l’être humain à rebondir devant la détresse, à se dresser devant le néant. Grâce à cela je crois dans l’humain, je me suis éloigne des mots de « Huis Clos » de Sartre, L’enfer c’est les autres. Je crois que malgré tout chez l’autre il y a une partie de nous mêmes. Au milieu de la foule se dresse l’homme, tel la sculpture de Giacometti, l’homme qui marche, avance vers son destin, inexorablement.

Je me suis construit détaché de toute pensée magique, de toute forme de dogme, de tout fanatisme idéologique, de toute croyance monothéiste exclusive.

Je me trouve plus à l’aise dans le polythéisme hindou et surtout dans la pensée bouddhiste qui est devenue au fil des ans ma façon de voir la vie. Le respect de toute forme de vie, la tolérance, la compassion, la non violence, la voie du milieu, et une vision impermanente de l’univers, sont le leitmotiv de ma pensée, ma voie, ma démarche. Je crois que le concept de civilisation passe avant tout par la résolution pacifique des conflits, par le dialogue, le compromis, loin de toute confrontation violente. On est encore malheureusement loin de cet idéal pour l’humanité.

J’ai consacré une grande partie de ma vie à la médecine, à l’étude de l’art et des civilisations, aux voyages afin de parfaire ma connaissance du monde. L’art comme la plus pure expression d’un peuple, d’une civilisation, de l’être humain. (Lascaux, Altamira)

La singularité cubaine se trouve dans son art, sa musique, son histoire et son peuple. Je suis frappé par la vitalité de la musique cubaine dans le monde. Tout comme le tango, le fado, la musique cubaine sort du plus profond de l’être cubain. Une réussite incomparable de notre peuple acclamé dans le monde entier, le tabac cubain, les cigares Habanos. Partout dans le monde, dans les meilleures boutiques des villes et des aéroports, on trouve les cigares cubains dans les mêmes rayons que le champagne, le caviar, le foie gras, les grands vins et cognacs. Il est parmi les meilleurs produits du monde, unique en Amérique, nord et sud confondu, il est aussi le meilleur ambassadeur de notre pays, résultat d’un savoir faire unique. Une carte de visite enfin, très prestigieuse.

L’histoire nous montre que rien n’est permanent, seulement l’impermanence est permanente, c’est à dire tout est en mutation, en changement, la culture témoin d’un peuple demeure comme un témoin exemplaire de la vitalité d’une civilisation. De la Russie éternelle nous ne pensons pas à Octobre, mais bien plus au Bolchoï, à Pouchkine, Tchaïkovski, et tant d’autres qui ont façonné l’âme et la culture russe.

Mon travail au Québec comme chirurgien, éducateur, universitaire, et médecin humanitaire à été récompensé par le Collège des Médecins du Québec en 2007. Toute ma gratitude à ceux qui m’ont honoré. En 1999 MSF à reçu le Prix Nobel de la Paix. Depuis les medias se sont intéressé à ma vie, à ma carrière et à mon implication humanitaire. Films, entrevues et reportages m’ont permis de m’exprimer, de faire connaître une parcelle de ma pensée sur un certains nombre des sujets. Impossible ainsi de résumer une vie. Pablo Neruda nous à laissé, Confieso que he vivido (J’avoue que j’ai vécu). C’est une bonne réference!

Mes commentaires doivent être, je l’espère, le début d’une réflexion commune sur le monde et l’avenir de notre pays.
Vincent Echavé

R.C. Merci Vincent, et on est bien d’accord, cette réflexion n’est que le début de nombreuses autres à venir!

Vincent Echavé: un ciudadano del mundo

La personalidad de la comunidad cubana en Quebec que les presentamos hoy tiene una amplia bitacora de sitios visitados y revisitados en el mundo.

Vincent Echavé nació en Cuba, y vive desde hace mucho tiempo en Quebec. Es médico, y también un hombre comprometido con la ayuda al prójimo, es miembro de Médicos sin fronteras y recorrió el mundo, como lo pide el juramento hipocrático. Recibió en 2007 el « Gran Premio 2007 otorgado por el Órgano colegial de los médicos de Québec”

Hace unos dias le pedí me respondiera para Lettres de Montréal las siguientes preguntas:

¿Cuál es su visión como cubano y médico, de las culturas que ha conocido? (Sé que ha visitado numerosos países como miembro de Médicos sin fronteras)

¿Cuál es su visión de la cultura cubana en el concierto de las naciones americanas?

¿Cómo ve su contribución a la medicina canadiense, en particular con relación al reciente homenaje « Gran Premio 2007 decretado por el Órgano colegial de los médicos de Quebec »?

Proximamente se presentará un documental sobre su vida en el canal TV5; coméntenos la realización de este material.

He aquí sus respuestas:

Estimado Raul ,

Me place responder a sus preguntas con los siguientes comentarios.

No soy un experto de la cultura cubana, ni mucho menos, pero creo en un determinado homo cubensis, mezcla de sol, mar azul, ron, tabaco, música y sensualidad. Creo en la cubanidad como expresión de nuestra cultura.

El hecho de dejar muy joven mi país hizo de mí un ciudadano del mundo, un vagabundo errante, que se siente bien en todas partes y en ninguna. Un ser solitario bañado por la muchedumbre. Seguramente es hasta una riqueza espiritual, pero en el fondo de mí llevo la tristeza de vivir lejos de mi terruño y sobre todo de mi mítica ciudad: La Habana.

Tengo pues un punto de vista externo, cuya subjetividad es seguramente omnipresente. Mis viajes a través del mundo me confirmaron en el sentimiento de que todas las culturas tienen un valor implícito, ya que son el reflejo de un pueblo. Por todas partes el ser humano tiene las mismas angustias metafísicas, por todas partes se plantea las mismas cuestiones sobre la vida y la muerte, e intenta responderlas basándose en valores que se derivan de su origen, de su experiencia personal, creencia religiosa, educación...

Por todas partes me codeé con la alegría y la tristeza, la amargura y la esperanza. Siempre me impresiónó la capacidad del ser humano de reaccionar ante el desamparo, de ponerse en pie ante el vacio. Gracias a eso creo en él, me alejo por ello de las palabras de Sartre en  » A Puerta Cerrada » : el infierno son los otros. Creo que a pesar de todo en el Otro hay siempre una parte de nosotros mismos. En medio de la muchedumbre se genera al hombre, como la escultura de Giacometti, el hombre que avanza, avanza hacia su destino, inexorablemente.

Me “construí” carente de todo pensamiento mágico, de toda forma de dogma, de todo fanatismo ideológico, de toda creencia monotéista exclusiva.

Me encuentro más comodo en el politeismo hindú y sobre todo en el pensamiento budista que pasó a ser, con el pasar de los años, mi manera de ver la vida. El respeto de toda forma de vida, la tolerancia, la compasión, la no violencia, la vía del medio, y una visión temporal del universo, son el leitmotiv de mi pensamiento, de mi filosofía. Creo que el concepto de civilización pasa sobre todo por la resolución pacífica de los conflictos, por el diálogo, el compromiso, lejos de toda confrontación violenta. Se está aún desgraciadamente lejos de este ideal para la humanidad.

He dedicado una gran parte de mi vida a la medicina, al estudio del arte y las civilizaciones, a los viajes con el fin de perfeccionar mi conocimiento del mundo. El arte como la más pura expresión de un pueblo, de una civilización, del ser humano. (Lascaux, Altamira)

La singularidad cubana se encuentra en su arte, su música, su historia y su pueblo. Me apasiona la vitalidad de la música cubana en el mundo. Al igual que el tango, el fado, la música cubana sale de lo más profundo del ser cubano. Un éxito incomparable de nuestro pueblo aclamado en todo el mundo, es el tabaco cubano, los puros Habanos. Por todas partes en el mundo, en las mejores tiendas de las ciudades y aeropuertos, se encuentran los puros cubanos al nivel de la champaña, el caviar, el foie-gras, los grandes vinos y coñacs. Está entre los mejores productos únicos en el mundo, en América, norte y sur confundidos, es también el mejor embajador de nuestro país, resultado de unos conocimientos técnicos excepcionales. Una tarjeta de visita finalmente muy prestigiosa.

La historia nos muestra que nada es permanente, solamente la temporalidad es permanente, es decir, todo está siempre en cambio, la cultura que es testimonio de un pueblo, permanece como un testigo ejemplar de la vitalidad de una civilización. Cuando citamos la Rusia eterna, por ejemplo, no pensamos tanto en Octubre, como en el Bolshoi, en Pushkin, en Chaikovski, y tantos otros que forjaron el alma y la cultura rusas.

Mi trabajo en Quebec como cirujano, profesor, universitario y médico humanitario ha sido recompensado por el Órgano colegial de los Médicos de Québec en 2007. Aprovecho para expresar toda mi gratitud a los que me honraron. En 1999 Medicos sin fronteras recibió el Premio Nobel de la Paz. Desde los medios de difusión se interesaron por mi vida, por mi carrera y por mi implicación humanitaria. Documentales, entrevistas y reportajes me han permitido expresarme, dar a conocer una parte de mi pensamiento sobre algunos temas. Imposible aquí de resumir una vida. Pablo Neruda nos ha dejado, Confieso que he vivido (reconozco que viví), esa es una buena referencia.

Mis comentarios deben ser, eso espero al menos, el principio de una reflexión común sobre el mundo y el futuro de nuestro país.

Vincent Echavé

R.C. ¡Gracias Vicente, estamos de acuerdo, esta reflexión no es más que el principio de muchas otras por venir!

 

Conférence de Dulce Maria Cruz Herrera à l’UQAM

Dulce Maria Cruz Herrera

Hier avait lieu la conférence de Mme Dulce María Cruz Herrera, candidate au Doctorat en droit public de l’Université de Paris X-Nanterre et Chercheuse associée au Centre de recherches sur l’immigration, l’ethnicité et la citoyenneté de l’UQAM. Mme Cruz Herrera est aussi lauréate à l’occasion de l’édition 2008 du Mois de l’histoire des Noirs. Célébré tant au Canada qu’aux États-Unis, cet événement a pour but de souligner la contribution des Communautés noires du Québec et du Canada à la construction de la société.

Un public, principalement universitaire, intéressé à ces sujets d’actualités de la plus grande île des Caraïbes a assisté à la conférence intitulée « Les Afro-Cubains à Cuba en 2008 ».

Dulce Maria nous a fait un vaste compte-rendu des conditions sociales dans lesquelles s’est trouvé la population d’origine africaine à Cuba, et comment la discrimination a été une constante dans leurs vies, Une constante qui a été certainement sensiblement atténuée dans le Cuba postérieur à 1959, mais qui reste présente dans les milles détails de la vie quotidienne des insulaires. Un exemple a été la forte pression politico-sociale dont ont soufferts les afro-descendants durant les années 60 et 70 à cause de leurs croyances religieuses. Celles-ci n’étaient pas bien vues par les autorités à l’époque. Un processus social comme celui de la révolution cubaine n’a pas réussi non plus à faire changer la composition majoritairement noire de la population carcérale, réalité discrètement reconnue par les autorités du pays antillais.

La conférencière a comparé la situation des afro-descendants Cubains avec une population similaire dans d’autres îles des Caraïbes, en particulier Haïti et la République Dominicaine, et elle a affirmé qu’il n’y a aucun doute que les Cubains ont accomplis des réalisations que rêvent encore d’atteindre leurs pairs des autres îles, en particulier dans des domaines tels que l’éducation, la santé, l’espérance de vie, le taux de mortalité infantile, etc. Elle a également indiqué que même dans les pays riches comme le Canada, il y a des problèmes d’intégration de la population afro-descendante, problèmes qui doivent être résolus comme en a témoignée la Commission Bouchard – Taylor dans les multiples débats publics récents à travers la province de Québec.

Toutefois, la crise cubaine des années 90, causée par la chute du bloc soviétique de l’Est et par le renforcement du blocus économique nord-américain (crise d’ailleurs toujours présente à Cuba, avec peut-être quelques nuances d’amélioration macro-économique mais qui ne se reflètent pas dans la qualité de vie de la population), a érodé considérablement les avances des noirs Cubains. Aujourd’hui par exemple, il est difficile pour une famille cubaine de subsister si on ne dispose pas d’aides de parents depuis l’étranger, d’habitude en provenance de la communauté cubaine aux États-Unis ou d’autres pays[1]. Cependant, proportionnellement la population d’ascendance européenne par rapport à celle d’ascendance africaine, est celle qui a une plus grande représentation de parents à l’étranger, ce qui a pour conséquence que les aides familiales à la population afro-descendante de Cuba est minime ou presque nulle. Ce facteur entraîne une plus grande différenciation du pouvoir d’achat entre les afro-cubains et le reste des cubains, ce qui entraine une maigre utilisation des possibilités de développement personnel et social des cubains afro-descendants. Ceux-ci doivent se concentrés davantage à leur survie quotidienne que leurs compatriotes plus fortunés.

Dulce Maria nous a aussi rappelé que dans l’île on a créé des institutions pour la sauvegarde du patrimoine des afro-descendants, tel que la Fondation Fernando Ortíz, à La Havane, ou la Casa del Caribe à Santiago de Cuba. Une initiative beaucoup plus récente d’un groupe d’intellectuels, initiée par le philosophe Fernando Martínez Heredia, lui aussi afro-descendant, afin de commémorer le centenaire de la fondation du Parti des Indépendants de Couleur. La fondation de ce parti a écrit une page importante de l’Histoire de des Afro-Cubains. Ce moment historique, vécu il y a déjà cent ans, fût un cri d’exigence de reconnaissance par la Communauté afro-descendante encore insuffisamment analysée par l’historiographie nationale. Cette communauté avait d’ailleurs activement participée aux guerres d’indépendances. Ce geste d’autodétermination fut noyé dans le sang par le pouvoir de l’époque.

Le sujet traité, la conférencière continuera à le développer. Elle nous a promis de nous communiquer son rapport une fois enrichi et qui sait, il se peut que ce soit le sujet de son second livre. Son premier ouvrage, intitulé: « Les États-Unis/Cuba, les interventions d’un empire et l’autodétermination d’un peuple », (Presses de l’Université de Québec, 2007) jouit déjà d’un fort succès. Il a été très bien accueilli par les chercheurs dans ce domaine, et considéré par eux comme la meilleure thèse de maîtrise en langue française dans les études internationales.

Bonne chance Dulce Maria! Nous sommes sûrs que ton travail remplira de fierté la petite communauté cubaine de Montréal et du Canada, ainsi que tous ceux qui suivent avec intérêt ton travail à Cuba et dans le reste du monde.


[1] On calcule à plus de 1 milliard de dollars annuels la contribution familiale depuis l’extérieur aux Cubains, une des plus importantes sources de devises dans ce pays de la Caraïbe.

Raúl Ernesto Colón Rodríguez

Conferencia de Dulce Maria Cruz Herrera en la UQAM

Ayer tuvo lugar la conferencia de Dulce María Cruz Herrera, candidata a un doctorado en derecho público de la Universidad de Paris X Nanterre e investigadora asociada al Centro de investigaciones sobre la inmigracion, la etnicidad y ciudadania de la UQAM. Ella ha sido ademas laureada en ocasión de la edición 2008 del Mes de la historia de los Negros en Canada, acontecimiento que tiene por objeto, cada año, destacar la contribución de las comunidades negras de Quebec y Canadá a la construcción de la sociedad. Este evento es celebrado tanto en Canadá como en los Estados Unidos.

Su intervención versó sobre “Los afrocubanos en la Cuba del 2008” y asistió un público, generalmente universitario, interesado en estos temas de actualidad de la mayor isla el Caribe.

Dulce Maria hizo un amplio recuento de las condiciones sociales en que se ha desenvuelto la población de origen africano en Cuba y de cómo la discriminación ha sido una constante que ciertamente se ha atenuado sensiblemente en la Cuba posterior a 1959, pero que sigue presente en uno y mil detalles de la vida cotidiana de los isleños, un ejemplo fue la fuerte presión político-social que sufrieron los afrodescendientes en los años 60 y 70 por sus creencias religiosas, las cuales no eran bien vistas por las autoridades. Un proceso social como el que ha sido la revolución cubana no ha logrado tampoco hacer cambiar la composición mayoritariamente negra de la población carceral, algo que han reconocido discretamente las autoridades del pais antillano.

La conferencista comparó la situación de los afrodescendientes cubanos con similar población en otras islas del Caribe, en particular Haiti y República Dominicana, y reafirmó que no caben dudas que los cubanos han alcanzado logros con los que aún aquellos sueñan, en particular en aspectos como la educación y la salud, la esperanza de vida, la tasa de mortalidad infantil, etc., señaló igualmente que inclusive en paises ricos como Canada, hay problemas en la integración de la población afrodescendiente que deben ser solucionados y de ello fue testimonio lo expuesto por la Comisión Bouchard-Taylor en los múltiples debates públicos recientes a lo largo de toda la provincia de Québec. Sin embargo la crisis cubana de los años 90, originada por la caída del bloque soviético del Este y el reforzamiento del bloqueo económico norteamericano, crisis que se mantiene hasta el presente con algunos matices de mejoría macroeconómica pero que no se reflejan en la calidad de vida de la población, ha erosionado considerablemente aquellos avances y hoy por hoy, por ejemplo, es dificil para una familia cubana subsistir si no se dispone de ayudas de familiares desde el extranjero, generalmente de la comunidad cubana en Estados Unidos u otros países[1]. Sucede, no obstante, que porcentualmente es la población de origen étnico europeo, la que mayor cantidad de familiares tiene en el extranjero, razón por la cual las ayudas familiares a la población afrodescendiente es pequeña o nula, y ello conlleva a una mayor diferenciación en el poder adquisitivo, por ende a un menor aprovechamiento de las posibilidades de desarrollo personal y social de los afrodescendientes cubanos, mucho más concentrados en la supervivencia diaria que sus compatriotas más afortunados.

Dulce Maria también recordó que en la isla se han creado instituciones para la salvaguarda del patrimonio de los afrodescendientes, como ha sido la Fundación Fernando Ortíz, en La Habana, o la Casa del Caribe en Santiago de Cuba. Mucho más reciente es la inciativa de un grupo de intelectuales, liderados por el filósofo Fernando Martínez Heredia, también él afrodescendiente, de conmemorar el centenario de la fundación del Partido de los Independientes de Color. Esta fue una página de la historia de los afrocubanos, aún insuficientemente analizada por la historiografía nacional y que significó hace ya cien años, un grito de exigencia de reconocimiento por parte de la comunidad afrodescendiente, la cual había sido una activa participante en las guerras de independencia, grito que fuera ahogado en sangre por el poder de la época.

El tema tratado, la conferencista lo seguirá desarrollando, ella nos ha prometido enviarnos su ponencia una vez enriquecida y quien sabe, quizás sea este el sujeto de su segundo libro. El primero, titulado: “Los Estados Unidos y Cuba, las intervenciones de un imperio y la autodeterminación de un pueblo”, (Presses de l’Université de Québéc, 2007) ya disfruta de un fuerte impacto, y ha sido muy bien reseñado por los estudiosos, como la mejor tesis de maestría en lengua francesa en estudios internacionales.

¡Buena suerte Dulce Maria!, estamos seguro que tu trabajo llenara de orgullo a la pequena comunidad cubana de Montréal y de Canada, asi como a todos aquellos que siguen con interés tu trabajo en Cuba y el resto del mundo.


[1]Se calcula en más de 1000 millones de dólares anuales la contribución familiar desde el exterior a los cubanos, una de las más importantes fuentes de divisas de ese pais caribeño.

Raúl Ernesto Colón Rodríguez

 

Aimé Césaire et les civilisations au XXIème siécle

Aimé Césaire en 2001

Quand nous passons en revue la culture francophone des Antilles, nous pensons immédiatement à Aimé Césaire, celui qui a été et reste sans doute, l’un de ses exposants les plus significatifs du XX ème siècle et de ce début du XXIème. Formé au Lycée Louis le Grand en France, au coté de Léopold Sédar Senghor, le  » poète-président  » du Sénégal, les deux, très tôt se demandèrent : qui sommes-nous ? Et surtout : qui sommes-nous dans ce monde de blancs ? Des questions auxquelles ils devront répondre durant toute leur vie… des réponses qui intéressent non seulement les afro-antillais, mais tous les Antillais : noirs, blancs, métis…

Césaire a réfléchi et continue à le faire [1], sur le modèle français de civilisation, « Les Français ont cru à l’universel et, pour eux, il n’y a qu’une seule civilisation : la leur », ironisait l’Antillais, mais « Les Allemands, les Anglais ont compris bien avant les Français que la civilisation, ça n’existe pas. Ce qui existe ce sont les civilisations ». Pour ce creuset de civilisations que sont les Caraïbes ce-ci est une constatation essentielle et Césaire nous propose depuis son afro-antillanisme francophone un rapprochement lucide au sujet.

Quelle est notre civilisation ? Qui nous sommes : métis, blancs et noirs de ces îles des Caraïbes ? Ce sont les questions que me suggère Césaire dans son introspection, disons martiniquaise…

En Guadaloupe et en Martinique, dans les écoles, le créole sera réparti avec le français et ce fait provoque une réflexion de civilisation, mais aussi une autre à caractère pratique en Césaire. Les franco-antillais vont institutionnaliser leur langue nationale, qui est une langue métisse, un produit du français et des langues africaines, agrémentées d’une « sauce » antillaise. Cependant, ils continueront à étudier le français « classique ». La capacité caribéenne à prendre conscience de soi, de se savoir « autres » et, à la fois, de continuer à s’enrichir de la langue et de la culture « dominante », cela ne serait-il pas une caractéristique différenciatrice de notre civilisation aux Antilles ? La connaissance est le dédain des « métropolitains » envers les phénomènes culturels périphériques, non dans l’absolu, mais en général et la connaissance est aussi que cela ne les a jamais rendue meilleurs. Cela ne serait-il pas la raison, pour que continuellement, ils « importent » des cerveaux depuis nos pays ?

Césaire revendique le droit inaliénable de l’homme, et l’homme qu’il est, en le revendiquant et le faisant, il nous montre une caractéristique commune à tous les caribéens : nous nous approprions du bon de l’étranger car nous sommes des hommes universels, peut-être d’une dimension qui dépasse celle du Devincien , celle qui encadrait dans l’Europe du Cinquecento , un continent qui s’éveillait au rationalisme. Nous sommes un mélange et là est la clé, mais non seulement un mélange de races et de cultures, (ce ne serait pas suffisant), mais d’époques, de toute l’histoire humaine transplantée sur un continent, qui à son tour est un laboratoire, où, dans une seule éprouvette, on agite tout et où l’on obtient comme résultat, pour la première fois durant tant de siècles d’effort alchimiste : la pierre philosophale de l’Humanité.

Nous sommes un mélange de Spartacus avec Tupac Amaru, avec Sundiata Keita [2] et peut-être jusqu’à Gengis Kan pour le côté rebelle et de De Vinci pour l’intellectuel, avec les auteurs anonymes du Popol Vuh, avec aussi les anonymes des puissants rites yorubas et congos et jusqu’à Confucius et Lao-Tse…

Césaire nous aide aussi à penser quand il analyse le problème de la « victimisation » à laquelle nous les « périphériques » nous nous sommes soumis, il nous lance ces idées : « Nous devons d’abord nous prendre en mains ; nous devons travailler, nous devons nous organiser, nous avons des devoirs envers notre pays, envers nous-mêmes » et par la suite : « l’éducation que nous avons reçue et la conception du monde qui en découle sont responsables de notre irresponsabilité ». Il convient de se demander ; cela est-il seulement un problème afro-franco-antillais ? Nous restent-ils encore ou non des traces de l’éducation métropolitaine ? Dans le cas cubain, sont-elles hispanisantes ou nord-américanophiles ?… Je crois que oui, le défi de « faire un effort de concentration » et de nous reconnaître en un nouveau projet de civilisation en marche, nous manque. Nous savons que nous construisons une nouvelle société, nous savons que nous sommes différents, mais il faut aller plus loin et nous conceptualiser comme ce que nous sommes déjà en puissance : la Nouvelle Civilisation Caribéenne, qui au coté de la Sud-Américaine (elle aussi en travail d’enfantement) doit bientôt se cristalliser dans ce que rêvait Martí : Notre Amérique, une Amérique latine et aymará, guaraní, quechua, mapuche, maya, afro, et aussi anglo et asiatique. Un creuset de toutes les cultures, une civilisation unique dans sa diversité.

[1] Voir : « Nègre, je resterai », par Aimé Césaire, dans Le nouvel observateur, Nº 2141.
[2] Grand Empereur Mandinga de l’Empire du Mali (XIIIème siècle)

Raul Ernesto Colon Rodriguez
Source : Lettres de Cuba, n° 3, 2006.

Aimé Césaire y las Civilizaciones en el siglo XXI

Cuando pasamos revista a la cultura francófona de las Antillas, inmediatamente pensamos en Aimé Césaire, quien ha sido y es sin dudas, uno de sus exponentes más relevantes en el siglo XX y en lo que va del XXI. Formado en el Liceo Louis-le-Grand en Francia, junto a Léopold Sédar Senghor, el “poeta-presidente” de Senegal, ambos, ya en tempranas fechas se preguntaron: ¿quienes somos? y sobretodo ¿qué somos en este mundo de blancos?, preguntas a las que habrán de responder durante todas sus vidas…respuestas que interesan no sólo a los afroantillanos, sino a los antillanos todos: negros, blancos, mestizos…

Césaire ha reflexionado y continua haciéndolo[1] sobre el modelo francés de civilización, “creyeron los franceses en lo Universal y para ellos no existía nada más que una civilización – la francesa”, ironiza el antillano, pero “los alemanes y los ingleses comprendieron mucho antes que los franceses, que la civilización no existe, que lo existente son las civilizaciones”. Para este crisol de civilizaciones que es el Caribe esta es una constatación esencial y Césaire nos propone desde su afroantillanismo francófono un acercamiento lúcido al tema.

¿Cual es nuestra civilización?, ¿quienes somos nosotros: mestizos, blancos y negros de estas islas caribeñas?, son las preguntas que me sugiere Césaire en su instrospección, digamos martiniqueña…

En Guadalupe y Martinica el creole será impartido junto al francés en las escuelas y ese hecho provoca una reflexión civilizacional, pero también otra práctica en Césaire. Los francoantillanos van a institucionalizar su lengua vernácula, que es una lengua mestiza, producto del francés y las lenguas africanas, aderezadas con “salsa” antillana. No obstante, seguirán estudiando el francés “clásico”. La capacidad caribeña de tomar conciencia de sí, de saberse “otros” y a la vez continuar enriqueciéndose de la lengua y cultura “dominante”, ¿no sería esta una característica civilizacional diferenciadora nuestra en las Antillas? Conocido es el desprecio de los “metropolitanos” hacia los fenómenos culturales periféricos, no absolutizo, pero sí generalizo y conocido es también que ello nunca los hizo mejores. ¿No será por eso que continuamente tienen que “importar” cerebros desde nuestros países?

Césaire reivindica el derecho inalienable del hombre en tanto el hombre que es y haciéndolo nos muestra un rasgo común a todos los caribeños: nos apropiamos de lo bueno ajeno porque somos hombres universales, quizás de una dimensión que sobrepasa la del davinciano, aquel enmarcado en la Europa del cinquecento, un continente que despertaba al racionalismo. Nosotros somos una mezcla y esa es la clave, pero no sólo de razas y culturas, (no sería suficiente), sino de épocas, de toda la historia humana trasplantada a un continente, que a su vez es laboratorio, uno donde en un solo frasco se revuelve todo y se obtiene como resultado, por primera vez en tantos siglos de esfuerzo alquimista: la piedra filosofal de la Humanidad.

Somos una mezcla de Espartaco con Tupac Amaru, con Sundiata Keita[2] y quizás hasta Gengis Kan por el lado rebelde y por el intelectual de Da Vinci, con los anónimos autores del Popol Vuh, con los también anónimos de los poderosos ritos yorubas y congos y hasta con Confucio y Lao-Tsé…

Césaire también nos ayuda a pensar cuando analiza el problema de la “victimización” a la que los “periféricos” nos hemos sometido, él nos lanza estas ideas: “Debemos hacer un esfuerzo de concentración, trabajar, organizarnos, tenemos deberes para con nuestros países, para con nosotros mismos” y más adelante: “la educación que hemos recibido y la concepción del mundo consecuente de ella son responsables de nuestra irresponsabilidad”. Cabe preguntarse ¿es sólo un problema afrofrancoantillano?, ¿nos quedan aún o no huellas de la educación metropolitana?, en el caso cubano, ya sea ¿hispanizante o norteamericanofila?…yo creo que sí, el reto de “hacer un esfuerzo de concentración” y reconocernos un proyecto de civilización nuevo en marcha, nos falta. Sabemos que estamos construyendo una nueva sociedad, sabemos que somos diferentes, pero hay que ir más allá y conceptualizarnos como lo que ya somos en ciernes: la Nueva Civilización Caribeña, que junto a la Suramericana (también en trabajos de parto) debe cristalizar pronto en lo que soñara Martí: Nuestra América, una América latina, aymará, guaraní, quechua, mapuche, maya, afro, y también anglo y asiática. Un crisol de todas, una civilización única en su diversidad.

[1] Ver : « Nègre, je resterai », par Aimé Césaire, dans Le nouvel observateur, No. 2141.
[2] Gran Emperador Mandinga del Imperio de Mali (siglo XIII)

Raul Ernesto Colon Rodriguez
Fuente :
Cubarte, 2 mars 2006

Frantz Voltaire, Directeur du CIDIHCA à Montréal

Frantz Voltaire, né en Haïti, a fait ses études universitaires à Santiago du Chili et à Montréal. Historien et politologue, M. Voltaire a enseigné à l’Université du Québec à Montréal. Il a été membre du Conseil des Arts de la communauté urbaine de Montréal. Il a été directeur du programme de communication des Nations Unies en Haïti. Directeur fondateur du CIDIHCA (le Centre International de Documentation et d’Information Haïtienne, Caribéenne et Afro-canadienne), il a aussi été consultant pour l’OEA (Organisation des états américains) et l’ACDI (Agence canadienne de développement international). Il a été chef de cabinet du Premier ministre Robert Malval de 1993 à 1994. Il a été membre de jurys de cinéma à Genève, Marseille, La Havane, Martinique, Seychelles. Il a produit et réalisé cinq documentaires y compris Port-au-Prince, ma ville en 1999.

Filmographie récente :

– Les Chemins de la mémoire, 2002, 52′ – Prix ONF (Office national du film)
– Le Pélerinage de Thomassin, 2003, 52′
– Au nom du Père… Duvalier, 2004

Frantz Voltaire à Montréal 2008

Il travaille à réaliser un documentaire sur les musiciens haïtiens des années 1950, « Musique maestro »

En juillet 2004, dans le cadre de la  »Fête du Feu » du XXIVème Festival des Caraïbes, l’ancien chef de rédaction (de Lettres de Cuba) Raúl Ernesto Colón Rodríguez s’est entretenu avec Rigoberto López et Frantz Voltaire. Ce premier nous présente son ami Frantz Voltaire, intellectuel haïtien, réalisateur, Président du centre de recherche et de documentations haïtienne, caribéenne et afro- canadienne, au Canada.

Raúl Colón : Rigoberto, qu’elles sont vos impressions sur Frantz Voltaire, ce grand ami haïtien de Cuba ?

Rigoberto López : Pour commencer, comme vous le dites, c’est un grand ami de Cuba et de la culture cubaine. Frantz Voltaire est une sorte d’homme de la renaissance caribéen, un homme qui dans son envie de promouvoir pour Haïti et les Caraïbes un espace de reconnaissance dans le monde est capable d’effectuer les taches les plus différentes dans ce qui est de la promotion culturelle. C’est un intellectuel réellement brillant, un homme qui connaît les difficultés de l’histoire haïtienne, qui comme nous la savons est une histoire très tourmenté, pleine de péripéties dramatiques et de nombreuses fois drastiques. Frantz voyage entre Port- au- Prince et Montréal où il y a le siège de son centre de recherches pour l’étude de l’histoire d’Haïti et des Caraïbes, à Port- au- Prince, la capitale de son chère Haïti, où il déploie une activité réellement impressionnante, un homme qui est historien, économiste, sociologue et éditeur. Certains lui demandent ; Frantz, d’où sortez vous autant d’énergie pour mener à bien une telle quantité d’objectifs et de vous consacrer, au travers du travail, à tant d’amis dans le monde. Pas seulement à Cuba où il est un ami de longue date, un ami de la Casa de las Américas, du Ministère de la Culture, et dans toutes ces institutions le personnel pense que c’est un ami très cher et très apprécié par les intellectuels cubains.

R.C. : Frantz Voltaire vient de faire une donation importante de livres dans cette édition du Festival des Caraïbes, qui n’est pas la première auquel il participe, qu’en pensez- vous ?

R.L. : C’est un geste qui représente, pour moi, la bonne âme haïtienne de Frantz Voltaire. Un homme généreux qui partage ce qu’il a. Frantz m’a dit il y a quelque minutes que ce festival étant dédié à ce fait transcendantale qu’est la Révolution Haïtienne dans le cas de son bicentenaire, il a voulu amener une quantité considérable de livres, imprimés par son éditoriale CIDIHCA, pour en faire don à la bibliothèque de Santiago de Cuba, suite à cet acte cubain de célébrer ici le Festival des Caraïbes.Il tient aussi à aider la promotion de la culture cubaine, et pour cela il vient de me donner une édition du livre sur le boléro et il a en projet la traduction et l’édition des œuvres d’autres écrivain cubains.

Frantz fut le producteur de mon documentaire  »Puerto Principe mío », c’est un homme qui se fait aimer par son travail, par son énergie pour appuyer les bonnes choses qu’il y a dans la culture.

Sources : lettresdecuba.cult.cu
sudplanete.net
stbarthff.org
monsieurducobu.ne

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